Noël pendant la seconde guerre mondiale

Introduction 

Née en 1938, je n’ai pas connu le père Noël ni sa hotte chargée faute de jouets pendant la guerre, mais j’ai plein de bons souvenirs d’enfants qui jouait autrement et j’ai même été un ange à Noël 1943 à Guérande !  Les grandes personnes prenaient soin de nous, et avaient même cousu de splendides costumes d’anges dans de vieux rideaux, devenus inutiles puisqu’il fallait des rideaux opaques aux fenêtres durant la guerre, et ceux de chez ma tante à Guérande étaient même doubles rideaux opaques. A droite sur la photo, j’ai une étoile sur le front et on nous avait appris de merveilleux chants de Noël. La crêche était celle de la Collégiale de Guérande, et c’était très impressionnant d’aller la voir car on était éclairés alors à la bougie (faute d’électricité) et la Collégiale est plus que sombre. Pour atteindre cette merveilleuse crêche, nous avions un petit bout à droite du choeur, et j’admirais au passage un immense lutrin, enfin il était immense à mes petits yeux !

1939 Mickey

Mickey, en caoutchouc souple qui faisait sans doute du bruit.

Il existe toujours des poupées Mickey en 2025 mais elles sont plus sophistiquées que la mienne ! Et vous qui êtes aussi âgé(e)s que moi, avez vous eu aussi Mickey ?

 

1941 sac à main fille

A 2 ans j’ai déjà un sac à main. Il en existe toujours pour petites filles, mais roses et décorés. Je n’ai jamais aimé avoir un sac à main, et j’ai toujours préféré la bandoulière ! Par contre, je n’ai pas de photo de moi avec ce qui a le plus compté dans mon enfance. C’était une petite valise d’enfant, en carton bouilli (comme on disait alors). J’ai beaucoup de souvenirs de cette valise, car souvent surtout à chaque naissance des suivants, maman m’envoyait à Guérande par le car Drouin en me confiant au conducteur, derrière lui, la valisette sur moi  bien serrée et que pour rien au monde je n’aurai lachée. Le voyage était long, car on s’arrêtait partout, et aussi on franchissait des barrages allemands, puis ma tante m’attendait devant la porte Saint-Michel de Guérande. Mais, cette petite valisette servit ensuite pendant la guerre a bien autre chose, et mes tantes m’ont toujours raconté comment on m’avait ulisilsée et je n’ai jamais rien dit, pour porter à manger à mon oncle, prisonnier évadé et caché.
Avec l’âge, j’observe que ma mémoire comme celle des noms d’artistes ou autres célébrités m’échappe parfois, mais par contre des moments de ma tendre enfance me reviennent comme si j’étais présente, je les revis même. C’est curieux comme en vieillissant notre mémoire ancienne refait surface, et si vous  êtes aussi comme moi âgé(e)s je suppose que vous avez aussi de tels phénomènes de la mémoire ancienne.

dehors

Les enfants vivaient alors beaucoup dehors, chaussés de galoches à la semelle de bois et les fers. Les jeux y étaient nombreux et infinis, même se cacher dans les futs vides etc… remplir son seau sur le tas de sable, car les jardins avaient alors un tas de sable pour enfants. Jouer à la marchande avec des feuiles des arbustes etc… durant des heures sans se lasser, et la monnaie était à Guérande les coquillages ramassés sur la plage à la Turballe, en grande quantité, et de forme variée, de sorte qu’ils constituaient des valeurs différentes etc… Aussi, la ronde, la danse, et les infinis jeux tracés sur le sol, dont le plus fréquent consistait à aligner 3 coquillages dans un carré tracé à même le sol assis par terre. A Guérande où nous fûmes réfugiés fin 1943 à novembre 1944 car empochés, le jardin étant sur le rempart aurait été un peu dangereux pour des enfants non surveillés, aussi il nous était barré et nous avions seulement la cour où de temps à autre par un employé du magasin tout proche pouvait jetter un coup d’oeil pour voir si nous allions bien. Oui, les enfants vivaient alors beaucoup dehors, et je constate que les modes de vie ont tant changé qu’ils ne sont plus qu’en voiture ou devant un écran et Dieu sait ce qu’ils deviendront plus tard !
Outre l’arrosoir, la pelle, le rateau et le seau, il y avait aussi une merveilleuse brouette, pleine de promesses de jeux. Et à Guérande, les jours de pluie, il y avait une merveilleuse cachette pour enfants, car les fenêtres au second étage étaient au bout d’un mur de 90 cm d’épaisseur  et les fameux rideaux opaques, obligatoires la nuit alors, étaient après le mur, donc les enfants avaient là une petite maison idéale pour enfants, entre la fenêtre et les grands rideaux fermés, et surtout on pouvait voir les passants, et parfois il est vrai, une troupe bottée chantant des « Heidi heido heida » et comme tous les enfants aiment imiter les chants qu’ils entendent, je savais le chanter ! Et les adultes pour nous préserver ne nous disait pas qui étaient ces soldats ! Merci encore aux adultes de cette époque !

l’école chez Melle Seveno

Beaucoup d’écoles n’existaient plus et le grand travail de la préfecture était de trouver des moyens de poursuivre l’enseignement pour le bien des enfants, et Melle Seveno avait obtenu le droit, faute d’autre école, d’enseigner dans la maison de sa famille, où j’adorais avec mes 5 ans me rendre à pied, non loin à l’intérieur des remparts, et surtout rentrer à la maison  par les remparts, car l’un était près de l’eau l’autre en hauteur, et tout cela était passionnant. Et tenez vous bien je rentrai seule, sagement…

pas de poupée

Mais j’ai bien mieux qu’une poupée, car je suis l’aînée, et maman débordée par toutes les naissances, sous-traitait autant la garde dans le jardin que des biberons. Me voici avec un  petit frère né en 1941. Je n’ai eu une poupée « Bleuette » qu’après la guerre, et cela n’était pas aussi vivant que les vrais bébés !

la tine de petits beurre LU

Eh oui, vous avez bien lu la tine. Car pendant les biscuits n’étaient pas en petits paquets mais dans cette énorme boite métalique carrée et en vrac dedans cette boîte qu’on appelait une tine. Et ce Noël 1943 ma tante, qui dirigeait le magasin en gros FAGAULT à Guérande, avait pu trouver une tine de petits beurre LU. Ils étaient non seulement bons, mais indéfiniement amusants, car on passait notre temps à compter les dents, à tenter de ne manger qu’une ou deux dents etc…. bref, un inoubliable repas de fête !

le bruit

J’ai écrit bien plus longuement mes souvenirs de guerre, et je pense maintenant que je devrais les publier sur mon blog. Vous apprendriez sans doute tout plein de détails … et ma mémoire est intacte sur toute cette période. Ainsi, tout ce qui concerne le bruit des bombes et de la vaisselle qui n’aimait pas être secouée dans les placards lors des bombardements …. même à Guérande quand les bombes tombaient sur Saint Nazaire, la vaisselle faisait un bruit d’enfer… qui me faisait peur…

La buche de Noël dans mon ascendance

Je descends des Trifoueil, et le patronyme est directement relié à Noël car c’était autrefois la bûche du seigneur qui durait 3 jours dans sa grande cheminée. Puis cliquez sur le tag triffoueil et vous avez tous les actes concernant ce patronyme.
Vous avez tout cette bûche sur plusieurs pages de mon site entre autres Grez-Neuville et Noëllet où j’avais rencontré cette bûche dans les chartriers.
Mes pages sur Noëllet qui tire son nom de Noël
mes pages sur Grez-Neuville où la bûcche était au Feudonnet
Mais je descends aussi des Buscher qui portaient la bûche dans leurs armoiries
Grez-Neuville : armoiries d’Anselme Buscher de Chauvigné, maire d’Angers, seigneur du Feudonnet
Je suis donc très liée à Noël avec mes ancêtres et mes travaux.

 

4 réponses sur “Noël pendant la seconde guerre mondiale”

  1. Merci Odile de vos souvenirs d’enfance en tant que réfugiée comme les petits enfants de Nantes évacués. Par chance, vous aviez de la famille avant et après vous…
    Née en octobre 1938, mais Angevine, il a fallu attendre le premier bombardement de la Pentecôte le 28 mai 1944, (où nous étions allés à 11 h. du soir dans l’abri situé dans des jardins ouvriers donnés par Monsieur Couette utilisés plus tard, selon sa volonté, pour construire l’église où je me suis mariée et mon fils aîné baptisé – Saint-Martin-des-) pour que nous fuyons Angers à cinq pour arriver dans une famille de St-Jean-de-la Croix inconnue de mes parents mais seulement de mon frère aîné alors âgé de 24 ans. Son meilleur ami, Marcel J. fréquentait la fille de la famille qu’il épousa et nous sommes restés en relation, même moi, jusqu’au décès de cette jeune fille. Les jeunes de l’époque se faisaient des farces y compris avec des orties dans le lits. Le fils de la famille était prisonnier et rentra très tardivement. Il resta célibataire. Pendant ce temps mon frère aîné et son ami bossaient car ils ont passé le « bachot » 15 jours après le bombardement.
    Mes parents avaient déniché une petite maison à louer dans ce village. Vous avez découvert la mer et ses coquillages, moi la Loire et le chanvre qui rouissait. Avec des voisins réfugiés aussi, j’ai pu découvrir le « Mikado » avec leur fille. Egalement connu les chrapnels… une autre fuite ensuite car Angers libéré l’autre côté de la Loire ne l’était point. Mais après, je l’ai raconté sur le blog familial 6bisruedemessine : ma 1ère nuit dans la paille d’un agriculteur qui, pour nourrir tout le monde, avait tué un veau, le passage du Louet etc… et une autre famille car tout le monde était généreux grâce à la chasse, aux légumes partagés et… payés toutefois. Mon père avait fabriqué un poste à galène qui permettait d’écouter les nouvelles et comme vous… nous avions ordre de nous taire. Les enfants à l’époque savaient combien les heures étaient grave. Encore merci Odile.
    Pour les jouets, je me souviens d’une petite boîte en métal rouge : pour mes 3 ans je crois et plus tard quelques mauvaises casseroles métalliques. Les boîtes à sucre Béghin Say en carton une fois pliées servaient de porte-monnaie pour jouer seule à la marchande.

  2. Dans mon enfance,(née en 1937). Noël était une fête religieuse et familiale,ni bonhomme Noël ,ni sapin décoré…
    Nous mettions nos chaussures, bien cirées, dans la grande cheminée et attendions avec impatience le petit matin pour découvrir ce que l’enfant Jésus y avait déposé .
    Pour la plupart des enfants,des choses bien simples,souvent des jouets de bois pour les garçons ,poupées de chiffon ,fabriquées maison ,pour les filles,pas même une orange encore inconnue dans nos petits villages.
    Mais nous étions ravis !
    Je dois dire que j’étais favorisée pour ce qui est des poupées ,l’employeur de mes parents(alsacien, ou Noël et St Nicolas sont très fêtés) nous offrait chaque Noël un jouet,j’ai donc eu au cours des années , plusieurs poupées, dont une « poupée de guerre », en plâtre,bien lourde, aux membres articulés et au curieux visage peint .
    PS: Je ne connaissais pas « la tine « boîte destinée aux produits alimentaires fragiles …
    Merci pour vos souvenirs et heureux Noël à vous et à vos lecteurs.

  3. Bonjour Odile,
    Je me permet de vous appeler Odile bien que je sois plus jeune que vous, je n’ai que 74 ans, né en 1951 à Andigné (49).
    Je consulte très régulièrement votre blog et aujourd’hui, j’ai lu avec beaucoup d’attention votre article sur « Noël pendant la seconde guerre mondiale ».
    Et je reprends vos propos : « Avec l’âge, j’observe que ma mémoire comme celle des noms d’artistes ou autres célébrités m’échappe parfois, mais par contre des moments de ma tendre enfance me reviennent comme si j’étais présente, je les revis même. C’est curieux comme en vieillissant notre mémoire ancienne refait surface, et si vous êtes aussi comme moi âgé(e)s je suppose que vous avez aussi de tels phénomènes de la mémoire ancienne ».
    Eh bien, c’est mon cas, car tout a commencé par la découverte de cartes échangées par mes parents lorsqu’ils étaient fiancés pendant la guerre et par la suite les écrits de ma Maman lors de sa longue maladie qui l’a fait partir trop tôt.
    C’est à ce moment-là que j’ai décidé d’écrire un « Mémoire » sur mon enfance et ma jeunesse.
    Je raconte mes souvenirs sur le rythme du « slam » accompagné de nombreuses notes de bas de page pour donner plus d’information.
    Je n’ai communiqué ce document qu’à mes enfants qui savent que j’ai entrepris ce travail de rédaction.
    Et ce matin, le père Noël m’a fait une énorme surprise.
    En effet, après un réveillon en famille hier soir avec mes enfants et petits-enfants, j’ai eu l’énorme surprise ce matin de découvrir au pied du sapin « Un Livre » reprenant l’intégralité de mes écrits illustrés des quelques photos que j’y avais intégré.
    C’est donc avec beaucoup d’émotion que j’ai reçu ce livre « édité » par mes enfants qui comporte près de 300 pages avec une jolie couverture digne d’un vrai roman.
    Un de mes petit-fils a déjà commencé à le lire et attend avec impatience de lire la suite.
    L’Histoire continue …

    1. Merveilleux !
      J’ai écrit tout plein de choses sur ma vie pendant la seconde guerre mondiale, et je pense que ce serait publiable sur mon blog.
      Odile

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