Chandeleur, Mardi-Gras, crêpes

Bonnes crêpes !

Je me demande toujours comment elles étaient autrefois sans le sucre.
Histoire et recettes sont à voir sur le site Meilleurduchef

Quand j’étais enfant, aînée de 6, j’avais le privilège une heure avant le repas d’être mise devant la gazinière, où deux immenses galettières de fonte (on ne connaissait pas alors les revêtements antiadhésifs) trônaient. Ma mission consistait à passer un morceau de lard, piqué au bout d’une fourchette, bien régulièrement pour que rien n’attache, avant de verser une louchée de pâte à crêpe. Puis aussitôt tourner ces immenses galettières, dont le manche de fonte était enveloppé d’un vulgaire chiffon, pour ne pas se brûler, puis surveiller, retourner… Les crêpes, faisaient au bout d’une heure une immense pile, recouverte d’un chiffon pour garder la chaleur. Ainsi, lorsque les plus jeunes arrivaient à table, tout était prêt, et le repas convivial.

Bonne journée, bonnes crêpes !

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.

Apothicaire, épicier et droguiste

Un inventaire à Angers en 1600, des délibérations conformément à leurs statuts, la liste des apothicaires en 1559 etc…

Je travaille depuis plusieurs jours sur ma page apothicaire, que je compte terminer ces jours-ci, tant les documents ont été abondants de 1559 à 1610 à Angers.
Et encore, ceux que je vous propose ne sont qu’une petite partie de l’iceberg ! Mais suffisants pour vous faire une belle image du métier à cette date !
Vous avez déjà l’inventaire complet en ligne, mais hélas l’inventaire est en latin et en paléographie (avec abréviations, et pas des plus faciles). C’est un exercice plus que difficile, même pour les surper-paléographes.
Je suis parvenue avec mes souvenirs d’ancienne chimiste à identifier certains termes, dont vous avez le lexique, mais je cherche pharmacien ayant tant libre, latinisant et susceptible de m’éclairier sur les termes qui ne sont pas encore identifiés.

Je termine également ce jour un énorme document .PDF qui donnera la liste des pharmaciens en 1559, les modes de fonctionnement de leurs statuts (élections, rejet de nouveaux venus), et un différent spectaculaire au décès de l’un d’eux, Denis Allain, dont le gendre Mareau, qui était aussi son collaborateur, n’est que droguiste et non maître apothicaire, et vous verrez qu’il n’a plus le droit d’exercer dans la boutique…

Et voici la question du jour :
Sachant qu’en 1559 la ville d’Angers compte environ 30 000 habitants (environ, car personne ne donne de bon chiffre), quel est alors le nombre d’apothicaires ?
Pour vous guider dans vos réflexions, j’avoue avoir été surprise du nombre relativement élevé d’apothicaires !
Et, actuellement, la France compte 115 pharmaciens pour 100 000 habitants !

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3 février, fête de Saint Blaise à la Gravoyère, autrefois

Selon le dicton populaire : « Le lendemain de la Saint Blaise, souvent l’hiver s’apaise. ». C’est dire avec quelle joie elle était accueillie…

Elle est encore perpétrée de nos jours, dans les Cévennes, où elle est associée au hautbois, tandis qu’ailleurs la « Bénédiction des Gorges » est un rituel qui est encore en usage dans quelques églises. Le prêtre donne cette bénédiction en touchant la gorge du fidèle avec deux chandelles de cire et en prononçant la formule suivante : « Par l’intercession de Saint Blaise, évêque et martyr, puisse Dieu vous délivrer de tous maux à la gorge et de tout autre mal, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »
Saint Blaise, est très populaire et fêté dans les pays germaniques, y compris de nos jours, sous le nom de Sankt Blasius, surtout au Tirol. Il ne joua jamais d’aucun instrument de musique, en particulier à vent, y compris le cor.
C’est un très ancienne confusion entre son nom et le mot allemand Blasen qui signifie souffle et le verbe blasen souffler, qui est à l’origine de son choix comme saint patron:

    de la météo, en liaison avec le souffle du vent d’hiver qu’il chassait,
    des meuniers, toujours en rapport avec le souffle du vent
    et des musiciens à vent, d’où le nombre actuellement incroyable de groupes musicaux portant son nom, dans le type fanfare, mais aussi musique de chambre à vent

En 2007, j’ai longuement étudié, à la demande des Amis du château de la Gravoyère, toutes les sources d’archives concernant la seigneurie de la Gravoyère et le prieuré Saint Blaise 1309-1828. Cela n’avait pas été étudiés à ce jour, et on se transmettait oralement quelques inexactitudes… que j’aurais mieux fait de laisser tranquilles, car les locaux n’aiment jamais qu’on dise autrechose que ce qu’ils veulent bien dire… surtout lorsqu’ils ont un prétendu historien local.

A Noyant-la-Gravoyère (près de Segré, Maine et Loire), existaient au Moyen-âge, 2 seigneuries, Noyant et la Gravoyère. Près des bois de cette dernière, un prieuré Saint-Blaise avait été fondé. Au fil des siècles, le prieur ne fut plus résident, mais vivant au loin, et jouissant des énormes revenus du prieuré, plus que largement doté autrefois par des donateurs trop généreux alors.
Le manoir qui était la batisse du prieur, alias le prieuré, fut résidence secondaire de ces prieurs lointains, venant pêcher et chasser, car tels étaient aussi leurs droits tels de véritables seigneurs. Puis le manoir fut transformé en ferme comme beaucoup de manoirs.

Resta longtemps une chapelle, où un service religieux, minimal, était rempli par un prêtre commis par le prieur, entre autre, une messe le jour de la fête de Saint Blaise.

Le 3 février fut probablement dans des temps reculés, un jour de pèlerinage au prieuré Saint Blaise, mais uniquement sur un plan local, concernant quelques paroisses voisines. Rien à voir comme les grands pélerinages tel Saint Méen. Puis, l’absence de prieur et l’éloignement géograpique du prieuré furent des éléments propices à la fête un peu plus payenne.

Nous avons vu qu’actuellement encore cette fête est associée aux instruments de musique à vent, en Allemagne plus particulièrement, et dans les Cévennes en particulier au hautbois. A Saint Blaise de la Gravoyère, la fête était manifestement accompagnée de la veuze. On sait par le registre paroissial de Saint-Aubin-du-Pavoil que le « sonneux de vèze demeurait au Pressouer Bidault en Saint-Aubin-du-Pavoil », et avait nom en 1585, Jehan Bidault, puis, Julien Raimbaud, son gendre, demeurant au même village. La fête de la saint Blaise à Noyant-la Gravoyère fut accompagnée d’un instrument à vent, la vèze.

Voyons maintenant d’autres aspects de la fête, plus joyeux encore que la musique :
Le vin était abondant, puisque, Michel de Scépeaux, argumentant en 1707 pour obtenir le transfert de la chapelle de Saint Blaise près de son château de la Roche à Noyant, précise :
« Il s’y fait tous les ans une assemblée de plus de deux mille personnes le jour de la feste et le lendemain où il se passe beaucoup de désordres tant au préjudice de l’honneur de Dieu que de la perte de temporel dudit bénéfice… »
Certes, le but de M. de Scépeaux était d’obtenir le transfert, et il a probablement assombrie la situation pour mieux l’emporter. Les propos de M. de Scépeaux contiennent cependant une part de vérité, comme l’attestent le droit du prieur, de prélever la moitié de la coutume.

L’un des droits du prieur de Saint Blaise, et non des moindres, était le prélèvement de la moitié de la coutume sur les marchandises étalées à la Saint Blaise . Pour prélever cet impôt, le prieur avait droit de se faire assister du procureur de la seigneurie de la Gravoyère et de ses hommes. Le procureur et le prieur faisaient ensuite les comptes et la moitié revenait au procureur au titre de la seigneurie, l’autre au prieur.
Ceci signifie que beaucoup de marchandises comestibles étaient étalées, puisqu’il y avait de quoi occuper plusieurs personnes à percevoir les droits.
Il existait en Anjou des pèlerinages qui étaient l’occasion de foire et fête. Ainsi, durant 3 jours, les 7, 8 et 9 septembre, veille, jour et lendemain de Notre Dame Angevine, le vin coule à flots au Marillais en 1581. En effet, Claude Delahaye, fermier du huitième pour l’Anjou, baille une partie du ce droit sur les boissons au détail, pour 12 écus, tandis qu’il a déjà traité avec 3 autres cabaretiers. Soit 4 cabaretiers à 12 écus chacun, ce qui fait 144 livres. Cette somme est considérable, surtout à cette date, et atteste de quantités très importantes de vin et cidre vendus en ces 3 jours.

En conclusion, à l’exemple du Marillais, la saint Blaise à Noyant-la-Gravoyère était devenu au fil des siècles plus une fête populaire qu’un pélerinage.

Quant à moi, je n’ai jamais publié ces énormes travaux sur cette seigneurie de la Gravoyère, dont j’ai adressé copie à l’Association, et j’ai eu tort.
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Le cadastre en ligne

bientôt, question de semaines… courant février

Bientôt, car si le site est accessible, peu de plans sont effectifs : seulement 100 000 des 600 000 prévus. Le reste devrait suivre dans les semaines qui viennent.
Nous utilisons le Cadastre Napoléonien, qui est traité par département, donc en ligne lorsque les Archives Départementales le sont. A ce sujet je viens de voir que l’Ille et Vilaine avait mis le sien en ligne.

Nous avions la Carte de Cassini, ancêtre des cadastres mais tellement bourrée d’erreurs

Le cadastre actuel est national et sur un site dédié, géré par la Direction générale des impôts
C’est en effet là qu’est centralisé la perception de notre bon vieux droit de remuage, alias droit de mutation, autrefois perçu par le seigneur, aujourd’hui par l’état.
L’état, qui fait aujourd’hui son beurre, grâce à la hausse des prix des logements (+ 86 % entre 2000 et 2005). Comme ce bon vieux droit de mutation est perçu en pourcentage du prix de vente, les recettes des collectivités locales sont passées, dans la même période, de 3,74 milliards d’euros à 6,96 milliards. En 2007, selon une étude récente publiée par l’UFC-Que Choisir, ces droits ont atteint 11,4 milliards d’euros.

La page d’accueil du site du cadastre donne la carte de France, avec les départements déjà versés et ceux qui le seront prochainement. Le mien n’étant pas encore versé, je n’ai pu tester le produit pour vous, mais je l’ai d’ores et déjà mis en lien sur ma page des liens WEB que je recommande. Cette page va plus vite que vos liens dans votre logiciel de navigation internet, et elle permet de faire tourner mon site qui en a besoin pour survivre.

Demain, un énorme morceau, avec la Saint Blaise, et le prieuré que j’ai étudié l’an dernier sur 7 siècles, pour Noyant-la-Gravoyère.

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Violences verbales d’antan : le vocabulaire

Autrefois, proférer des injures était une atteinte à l’honneur et sanctionné.
Le vocabulaire a évolué, plutôt en empirant, tandis que les sanctions disparaissaient… Nos moeurs n’y ont sans doute rien gagné !
La violence verbale était punie, au titre de violence portant atteinte à la dignité et à l’honneur de la personne.
Que de mots galvaudés ! Qui sait de nos jours ce que le terme honneur signifie encore ? Je suis même persuadée qu’il fait rire certains… Y avons-nous gagné ?

Mais au fait quels étaient donc autrefois les noms d’oiseaux prohibés !
Allez les découvrir, et voyez qu’ils font pale figure à côté de ce que tout gendarme de banlieue devra subir quotidiennement de nos jours, et ce que des professeurs sont susceptibles d’affronter.

Alors cela y est, vous y êtes :

fideputez : tient, pas trop vieilli celui là
bougre de chien,
bougre de sot,
bougre de gueu,
sot de fils
bougre,
gueu,
fripon
damnée,
quaronne (charogne)
plusieurs injures atroces comme tête vilaine à bête,
savate,
bougre de noire,
cramaillère,
andouille,
jalouse et autres
bougre de sot et fils de putain (tient le revoilà)
bougre de Jan touche

Tout ces termes sont considérés comme des pouilles et injures. Pouilles, le plus souvent exprimé au pluriel, signifie injure grossière (Dictionnaire de l’Académie Française, 1762).

J’avoue ne pas toutes comprendre ces pouilles, mais par contre je les ai personnellement rencontrées lors de mes recherches, et elles sont garanties authentiques. Les infos sont souvent hallucinantes pour moi, plongée dans le passé, souvent bien plus polissé, alors que beaucoup pensent avoir conquis un monde meilleur qu’autrefois ??? Nous évoquions ces jours-ci les contrats d’apprentissage, qui contenaient tous que l’apprentis devait obéir. Si j’ai bien compris, de nos jours le verbe obéir n’est manifestement appris que face au travail et désormais on découvre assez tard ce que ce verbe signifie.

Si un jour vous voulez découvrir ce que le respect filial signifie, voyez les lettres de Jean Guillot (17 ans et enrôlé dans les armées napoléonniennes) à ses parents. Certaines familles m’ont dit les avoir lu ensemble, parents et adolescents… Ces lettres vous donneront le vertige !

Tient, tient ! Ma machine me dit que nous entamons le 3ème mois ensemble. Bonne journée à vous et merci de votre soutien.

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Musique autrefois, dans nos campagnes

sans CD, MP3 et autres baladeurs…

dont désormais beaucoup ne se séparent plus dans la rue, les transports en commun…

Plus classique, aujourd’hui à Nantes, c’est la Folle journée 2008. Du mercredi 30 janvier au dimanche 3 février 2008 : Franz Schubert et ses amis, les compositeurs de son époque…

Le terme musique nous vient du latin musica ; grec, dérivé de, Muse. Le terme grec est dabord un adjectif au féminin, c’est donc l’art des Muses, comme la rhythmique est la science des rhythmes, comme la métrique est la science des mètres. Cela explique le sens général que ce mot avait dans le principe. Dans le sens ancien et primitif, la musique n’était pas une science particulière, c’était tout ce qui appartenait aux Muses ou en dépendait ; c’était donc toute science et tout art qui apportait à l’esprit l’idée d’une chose agréable et bien ordonnée. Chez les Égyptiens, suivant Platon, la musique consistait dans le règlement des moeurs et l’établissement des bonnes coutumes. Selon Pythagore, les astres dans leurs mouvements forment une musique céleste. Il nous reste de saint Augustin un traité de la Musique où il n’est question que des principes et des conditions des vers. (Littré, Dictionnaire)


Nos ancêtres, en majorité habitants des campagnes et paysans, avaient les chants populaires, les chants d’église, parfois accompagnés d’orgue, et les joueurs de veuze, musette, et cornemuse.

Avez-vous trouvé parmi vos ancêtres des musiciens ? si oui, faîtes signe.

Pour ma part, je n’en ai pas, mais j’ai eu le bonheur de trouver le baptême d’un des miens en musique, ou plutôt dont le parrain est musicien et je suppose qu’il a sorti son instrument, certes pas dans l’église, où il n’était pas le bienvenu, mais sous le toît familial.
Vous avez bien lu, le parrain est sonneulx de veze. Et, de vous à moi, lorsque je suis tombée dessus, j’ai mis quelques minutes avant de réaliser pleinement que le sonneux était un sonneur d’une variante de la cornemuse, et il m’a fallu les dictionnaires pour apprendre à connaître la vèze ou veuze, qui, rassurez-vous, existe encore.

C’était en 1585 à Saint-Aubin-du-Pavoil (49), région où les joueurs de vèze se manifestent toujours lors des fêtes locales. Et tappez veze ou veuze dans votre moteur internet et vous serez surpris de la quantité de sites qui perpétuent cet instrument traditionnel, probablement le seul qui ait joué à nos ancêtres autre chose que de la musique religieuse… En tous cas, j’en ai la preuve pour le Haut-Anjou.

Pour Mardi-Gras, vos idées seront bienvenues… Merci.
Ce billet est le 60ème, dois-je continuer ?

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