Christophe Dolbeau vend un cheval haquenée poil gris à Gilles Prézeau, Saint Sauveur de Landemon 1612

et pas n’importe quel cheval car un cheval vaut à l’époque entre 40 et 80 voire au plus 100 livres pour les meilleurs, et ici, il est vendu 240 livres. Il s’agit donc d’un cheval exceptionnel.
Par contre, Gilles Prézeau oublie par la suite de payer…

Nous avons vu ici Christophe Dolbeau les jours précédents, dont sa succession, allant aux demoiselles Du Ponceau. Tappez ci-dessous sur le tag (mot-clef) DOLBEAU

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 29 juin 1612 après midy, en notre cour du comté de Montrevault d’une part

    il ne peut s’agir que de Montrevault, bien que ce ne soit pas un comté, mais je pense une vicomté, du moins selon Célestin Port. Et voyez comment le nom est écrit !

devant nous Jacque Collonnier notaire d’icelle (classé à Angers chez Genoil notaire royal) présent et personnellement establiz Gilles Prezeaux escuyer sieur de la Guilletière en la paroisse de St Sauveur de Landemont demeurant u lieu et maison de Loyzelinière paroisse de Gorges pais de Bretagne estant de présent en ce lieu
soubemettant etc au pouvoyr etc confesse debvoir et estre justement tenu rendre payer et bailler dedans le jour et feste de ce jourd’huy datte de ces présentes à payne etc en ung an prochainement venant
à Christofle Dolbeau escuyer sieur de la Goye et de la Mallière y demeurant paroisse de La Chapelle de St Florent ad ce présent stipulant etc ou etc
la somme de 240 livres quelle somme est à cauze et pour raison de la vandition et livraison d’ung cheval haquenée en poil gris lequel cheval ledit sieur Dolbeau a aujourd’huy vendu et livré audit sieur Prezeau dont il s’en est tenu et tient à bien payé et content et en a quité ledit sieur Dolbeau ses hoirs etc et est au payement de ladite somme de 240 lives tz dedans ledit terme et iceluy passé et ladite somme non (payée) les biens dudit estably à prendre vandre etc
mesme par espetial son corps à tenir priczon etc (ces mots sont barrés, mais la suite les confirme)
comme pour les propres deniers et affaires du roy notre sire oblige etc renonçant etc foy etc à leur requeste
faict et passé au chastel de la Jousselinière
la Jousselinière est une seigneurie située au Pin en Mauges, et appartient à cette date de 1612 à la famille d’Aubigné. Le Pin en Mauges relève lui-même de la terre de Montrevault.
en présence de Georges de la Roche escuyer sieur de Barrot, honorable homme Izaac Chassay sieur du Pinier et Me René Barteau et Me Jacques Dhuy chirurgien demeurant au bourg du Pin en Maulge et lesdits Chassay et Barteau demeurant audit chastel de la Jousselinière temoins

PJ (suite en justice) : Le 23 mai 1614, il est mandé au premier notaire royal mettre en grose la minute de l’obligation de l’autre part sans augmenter ni diminuer à la charge et stille ordinaire donné à Angers par devant nous René Louet conseille du roi lieutenant particulier de monsieur le sénéchal d’Anjou Angers le 23 mai 1614

inscritption sur la tranche de l’acte : obligation sur monsieur de la Guilletière de Loyselinière paroisse de Gorge près Clisson


Ces vues ont la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Cliquez pour agrandir.

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5 réponses sur “Christophe Dolbeau vend un cheval haquenée poil gris à Gilles Prézeau, Saint Sauveur de Landemon 1612

  1. E.3689.(Carton.)-2 pièces,parchemin;3 pièces,papier.
    1612-XVIIIe siècle.-PREZEAU.
    -Vente par Claude Prézeau à Pierre Du Bellay de la seigneurie de Champiré dans la paroisse de Chazé-sur-Argos;-transaction entre Henri de Montmorency,baron de Chantoceaux et Julien Prézeau,sieur de La Guilletière,au sujet des droits seigneuriaux en l’église Saint-Sauveur de Chantoceaux;-notes et extraits généalogiques par le feudiste Audouys.

  2. Bonjour,
    je lis un peu différemment le début de l’acte que vous avez l’amabilité de nous soumettre :
    « Le vingt neufiesme jour de juil mil six cent douze après midy en nostre court de compte de Mont[..] »
    plutôt que cour de comté qui, comme vous le remarquez n’a pas de sens, sachant qu’un notaire contemporain peut difficilement commettre une telle erreur.
    Bien à vous
    FdB

    1. Bonjour
      il semble que vous avez mal lu mon blog, car il est écrit « cour du comté » et non « cour de comté », merci de relire l’original qui dit bien DU et non DE
      Pour le reste voici ma réponse :

      Cet acte date de 1612, et il y a eu depuis :
      une modification fondamentale de l’état de notaire
      2 termes altérés et/ou mal orthographiés à l’époque

      Pour l’état de notaire en 1612, il se trouve que c’’est moi qui avait autrefois, il y a 25 ans de cela, fait plusieurs pages explicatives sur mon site
      http://www.odile-halbert.com/Metier/notaire.htm
      Ces pages étaient si intéressantes qu’elles ont été pillées dans l’année qui suivit pour être publiées sur un autre support qu’Internet.
      J’y montre qu’outre les notaires royaux, il existait des notaires seigneuriaux, aux pouvoirs réduits et limités à la seigneurie dont ils relevaient, et dans les actes qu’ils dressent ils doivent toujours spécifier cette seigneurie qui définit leur territoire et leur fonction.
      Ici le comté de Montrevault en Anjou. Donc il s’agit d’un notaire seigneurial du comté de Montrevault.

      Pour les 2 termes altérés et/ou mal orthographiés en 1612 :
      Je suis une paléogaphe plus que très avertie mais j’ai pris il y a longtemps le parti de rendre le plus lisible et compréhensible possible mon blog, afin de transmettre au plus possible de non paléographe les textes anciens.
      Ainsi lorsque le comté est écrit « compte » je préfère écrire « comté », et inversement, lorsque le compte est écrit « comte » je l’écris souvent « compte » pour plus de compréhension.
      De même pour l’orthographe du mot « cour »

      Mon site n’est surtout pas fait pour les notaires actuels, mais pour les passionnés comme moi des modes de vie de nos ancêtres quelque soit leur culture personnelle, et j’ai parmi mes lecteurs fidèles un très large éventail social et culturel, et j’y tiens.
      Odile

  3. Bonjour Madame,

    Il est étonnant que cet acte soit passé au château de la Jousselinière, paroisse du Pin en Mauges : les parties prenantes résident à Gorges et à la Chapelle Saint Florent (à 8 et 5 lieues environ)…
    La Jousselinière dépendait bien du comté de Montrevault (Il existait d’ailleurs deux châteaux, le Grand et le Petit Montrevault).
    Y est présent Georges De la Roche, sieur de Barrot. C’est un voisin tout proche de la Jousselinière. Mais aucun membre des seigneurs propriétaires , les « d’Aubigné » n’est cité.
    J’ai lu dans des documents (sources non précisées) qu’un certain François De la Roche, en 1551, avait arrenté la maison noble et les terres de Barrot. Il y aurait donc eu achat de cette terre entre 1551 et 1612, à moins qu’arrenter soit une manière d’acheter ??

    Voir carte postale de la Jousselinière : Ce n’est pas le donjon, comme indiqué, mais l’une des deux tours d’angle encore existantes et la chapelle du XVe s.

    https://www.delcampe.net/fr/collections/cartes-postales/france-autres-communes-49/cpa-france-49-le-pin-en-mauges-la-jousseliniere-vieux-donjon-462528127.html

    Cordialement.

    1. Bonjour
      Je ne suis pas une spécialiste du Pin en Mauges, désolée de ne pouvoir apporter d’éclaircissements.
      Mais pour le verbe arrenter, sur http://www.atilf.fr/dmf/ qui est le Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) que j’utilise beaucoup, vous avez : « Donner ou prendre qqc. à rente »
      L’acquêt à rente foncière était assez fréquent autrefois, et nous est totalement inconnu de nos jours car il n’a rien à voir avec le viager, qui lui est limité dans le temps par le décès du vendeur.
      Je me suis toujours demandée ce qu’étaient devenues toutes ces rentes perpétuelles à la Révolution, car il semble bien, mais je n’ai que des hypothèses, qu’elles aient disparu éteintes par la Révolution, ou bien je me trompe ?
      Merveilleux Weekend
      Odile

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