Comment reconnaître une famille noble en Anjou aux 15ème 16ème et 17ème siècles

Attention, ce qui suit concerne unique l’Anjou. Car vous allez voir que certaines provinces différaient.

  • Ne pas croire les généalogies établies, autrefois ou de nos jours.
  • Toujours tout vérifier, et pour vous en convaincre allez lire mes pages de conseil sur mon site : GENEAFOLIE. Vous pourrez y découvrir les multiples sources d’erreur dans les généalogies, et vous serez édifié !

  • Utilisez les qualificatifs dans les actes notariés
  • Les notaires dans leurs minutes précisent assez souvent les titres et métiers des personnes, malheureusement selon leurs dires.
    Certes les notaires n’étaient pas sans connaîssance des grandes familles d’Anjou et de leur titre véritable, et donc dans la majorité des cas les qualitifatifs sont exacts.
    Un noble est toujours qualifié d’écuyer ou chevalier, et n’a pas de métier autre que la haute magistrature (avocat, juge et au dessus, mais pas notaire huissier sergent, ces deux derniers étant considérés comme basse magistrature et dérogeante). J’ai observé que cette règle est rarement prise en défaut sauf quelques rares bourgeois qui se sont prétendus écuyer mais je l’ai rarement observé en Anjou

    Mais attention, le qualificatif “noble homme” en Anjou est le plus souvent un bourgeois.
    Enfin, certaines régions utilisaient le qualiticatif “noble homme” pour les nobles vrais, donc c’est à s’y perdre si on raisonne globalement pour la France et non comme on doit le faire par province.

  • les métiers dans les actes notariés et autres
  • Un noble n’a pas le droit de travailler ailleurs qu’au service d’un autre ou du roi, dans la haute magistrature, le verre, les métaux.
    Donc si vous voyez un métier y compris marchand fermier, c’est un roturier.
    Bien sûr, les cadets de famille nobles, souvent réduits à la pauvreté, ont parfois dérogé et rejoint les rangs des roturiers pour survivre grâce à un travail rémunéré. Ceci complique l’analyse des familles nobles.

  • le partage noble, inégalitaire
  • C’est encore une preuve exceptionnelle, et nous avons la chance de disposer des minutes de beaucoup de notaires d’Angers (seulement Angers et encore pas tous hétas) pour le 16ème siècle. Cette inégalité qui est aussi patente dans des transactions entre héritiers, est maintes fois présente sur mon blog. Mais je n’ai pas fait toutes ces successions, il me faudrait plusieurs vies.
    Le partage noble, signe suprême de la noblesse, est ce qui m’a fait exclure autrefrois lors de mes travaux sur cette famille, la famille Allaneau de la noblesse. En effet, elle apparaît dans les montres d’Anjou, mais partage roturièrement ensuite, et j’en ai conclu que cette famille avait délibérément choisi de bien gagner sa vie comme châtelain de Pouancé, et donc devenir roturier, plutôt que vivre dans une certaine pauvreté. Le partage roturier de Nicolas en 1583 qui est sur mon site, est une preuve de roture.

  • les rôles de taille
  • Les nobles en étaient exemptés, et figurent dans les rôles de taille à la fin, en tant que tel, ainsi que le clergé, aussi exempté.
    Certes,on dispose de peu de rôles de taille en Anjou, mais ceux qui existent sont déjà clairs sur ce point. J’en ai relevé pour ma part 14 exhaustivement, cela n’est pas rien. . Et, vous vous honoreriez en ressortant de mes 14 rôles de taille une page qui récapitule la noblesse qui y apparaît. Vous pouvez les lister ici dans un commentaire.

  • les montres
  • Un noble était certe exempté de la taille, par contre il payait l’impôt du sang : il était réquisionnable à merci. Les montres d’Anjou sont en manuscrits à la Bibliothèque Municipale de la ville d’Angers, et j’en ai retranscrites plusieurs que je n’ai pas publiées à ce jour. Je le ferai.
    Par contre, Joseph Denais les a utilisées pour son ouvrage l’Armorial de l’Anjou, qui est en usuel aux Archives Départementales du Maine et Loire. Mais on ne sait si s’est contenté de cette source et comment il l’a exploitée, en effet, j’ai surpris dans cet ouvrage au patronyme HIRET le mélange de 2 familles qui n’ont strictement aucun lien filiatif entre elles, et réunies par Denais sous un seul patronyme. La première, celle des Hiret de la Hée, noble s’était éteinte avant 1668, l’autre subsistante avait sans doute tenté de récupérer les titres.
    Quoiqu’il en soit, cet ouvrage est une source assez fiable.

  • La réformation, 1666
  • Le Catalogue des Gentilshommes d’Anjou, 1666 est sur mon site et vous pouvez vous déplacez page par page en cliquant en bas de l’image sur “suivante”
    A cette date, il faut souligner que plusieurs familles nobles étaient éteintes, donc vous ne pouvez pas y trouver la preuve de noblesse, et voyez plutôt les sources ci-dessus.
    Hélas, la méthode utilisée n’a pas exclu les erreurs de filiaition volontaires ou non, les faux ainsi le plus célèbre dans la région, ceux de Goué étudiés par l’abbé Angot, et donc les imposteurs.
    Et encore, lorsque certaines branches ont obtenu une noblesse récente, comme par la marie d’Angers, seule une branche de la famille est concernée, et non la totalité de la famille.
    Autrement dit, mieux vous vous fier aux sources ci-dessus expliquées.

    Odile Halbert - Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog.

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    11 commentaires pour “Comment reconnaître une famille noble en Anjou aux 15ème 16ème et 17ème siècles

    1. Jérôme dit :

      Merci pour toutes ces explications ô combien sages.

        Note d’Odile :

      C’était une demande de Stéphane il y a 3 jours, et la réponse était trop longue pour la mettre simplement dans un commentaire.
      Odile

    2. Stéphane dit :

      Bonjour

      Merci pour ces précisions, je faisais référence à la Réformation de 1666, donc il y avait des faux

      Pour le rôle de la Taille: Tugal Hullin Sr de la Guiltière habitant Juvardeil s’est vu demander par les habitants de la commune, de prouver sa noblesse qu’ils mettaient en doute. Ils voulaient lui faire payer des impôts en 1656, il a donc dut démontrer qu’il était noble ( trace de cette action juridique aux AD du 53 le 04/03/1656 B2319)
      Ses enfants René et Mathurin Hulin sont bien dans la liste des gentilhommes en 1666

      Stéphane

        Note d’Odile

      Vous avez 8 actes concernant les HULLIN sur mon blog, et vous pouvez les lire et constater les qualificatifs, car ceci est une preuve aussi.
      Contrat de mariage de Julien Hullin et Claude de Bonnaire, Craon 1619
      et vous cliquez sur HULLIN au bas de cet acte pour lire les autres actes HULLIN
      HULLIN est bien dit “écuyer”

    3. OH dit :

      Stéphane
      Allez vite voir mon blog de ce jour, car vous avez en page 24, 164 et 165 la famille HULLIN au ban (montre) de 1639
      Pourquoi vous intéressez vous à cette famille ?
      Odile

    4. Stéphane dit :

      Je ne remet pas en cause sa noblesse, ce sont les habitants de Juvardeil qui le font, Pourquoi pensaient ils que Tugal Hulin n’était pas noble ? mode de vie , sa femme Renée Gandon native de Juvardeil ne l’était sans doute pas?……
      En tout cas ce devait être un affront pour un noble de prouver sa noblesse a des manants , des petites gens…. Pire être mis en doute par ces même personnes

      Stéphane

        Note d’Odile :

      OK
      Dans ce cas il s’agit manifestement d’un cadet ou issu de cadet, et totalement fauché, et il est normal qu’il ait épousé une roturière, et il est aussi possible qu’il ait un peu travaillé cy et là faisant des envieux.
      Odile

    5. Luc dit :

      Bonjour,
      J’ai parfois lu que des roturiers pouvaient être convoqué aux bans et arrière bans en qualité de propriétaire de fief, en particulier au XV iéme siècle après les déboires de la guerre de cent ans et la volonté des rois de France de réduire le reçoit aux mercenaires étrangers. Un homme convoqué aux bans devait venir avec son propre équipement, voir ses propres hommes, la monarchie n’était peut être pas ininteressée à pouvoir profiter plus directement de la fortune grandissante de roturiers quand celle de la noblesse n’était pas au mieux…
      J’ai parfois lu aussi que certains nobles non propriétaires de fief recouraient facilement à des certificats de bourgeoisie pour échapper à l’impôt du sang…
      Tout cela ne facilite pas forcément les recherches sur ce sujet. Pas sur que ces familles aient eu à l’époque le même regard que nous sur l’intérêt à être noble à une époque ou la bourgeoisie avait le vent en poupe, et je ne serais pas étonné que certainnes branches de la petite noblesse aient choisi volontairement et avec enthousiasme le statut de bourgeois… comme les Allasneau par exemple….

      Cordialement,
      Luc

        Note d’Odile :

      Cela serait sympa de trouver où vous avez lu que des roturiers pouvaient être appelés au ban ! d’avance merci.
      Odile

    6. Luc dit :

      Bonsoir,

      voici une de ces lectures que vous pouvez faire sur internet au : books.google.fr/books?id=ir8OAAAAQAAJ

      Il s’agit du “Répertoire universel et raisonné du jurisprudence” par M.Guyot, Ecuyer, ancien magistrat, Tome Quatrième - 1776.

      A lire en particulier les pages 584 à 611.

      Cordialement,
      Luc

        Note d’Odile :


      Merci, je vais voir tout de suite.
      Odile

    7. OH dit :

      Rebonjour Luc
      je n’y suis pas parvenue
      trop de volumes soit sur Google et Gallica,
      et si j’ai bien trouvé le tome 4 rien de tout ce la en page 584-1611
      Odile

    8. Jérôme dit :

      Le lien de Luc est bon. Il faut cliquer sur l’image de la couverture qui renvoie sur l’ouvrage et consulter aux pages dites l’article “ban”.
      Il doit y avoir plusieurs versions de l’ouvrage avec des paginations et/ou tomaisons diverses

        Note d’Odile :

      Merci
      je n’avais pas tenté le lien mais la recherche
      je compte lire le tout demain tant c’est long
      Odile

    9. elisabethm dit :

      Merci pour cet échange instructif.Je vois dans cet ouvrage qu’on y cite Louis XI au sujet des anoblissements . Lorsque Louis XI a proposé d’anoblir le maire et la municipalité qu’il souhaitait créer, au Mans, les manceaux ont refusé par crainte de tensions familiales ( favoriser l’ainé par rapport aux puinés ) L’inconvénient de l’état de noblesse était le partage noble.
      J’ai lu un tel refus plus tardif mais je recherche désespérément où , un homme refuse son titre de noble par affection familiale , aimant pareillement ses enfants.

    10. CHOPIN Frédéric dit :

      Chère Madame Halbert,

      Pour illustrer vos articles « Comment reconnaître une famille noble en Anjou aux 15ème, 16ème et 17ème siècles » et « Arrière-ban d’Anjou : convocation de 1639 », je vous mets un exemple concret d’indices et de preuves de noblesse pour une famille de modestes écuyers du Haut-Anjou au XVIIème siècle, les « de Mondière(s) » figurant dans mon ascendance.

      Grand merci d’avoir mis, sur votre site, la montre d’Anjou de 1639, elle me permet de retrouver la trace de mon ancêtre Jehan de Mondières, écuyer, sieur de Chastillon. Je recherche depuis quelques mois, une preuve irréfutable quant à la noblesse de la famille très obscure des « de Mondières », présente dès la première moitié du XVIe siècle à La Cour de la Borderie en la paroisse de Livré dans le Craonnais. J’utilise le terme « obscure » pour la qualifier car elle n’est mentionnée dans aucun des grands armoriaux, à part l’armorial d’Anjou de Denais, et son patronyme est difficile à cerner car il est écrit parfois sous la forme « Desmondier » tandis que les signatures sont toujours « de Mondière » ou « de Mondières ».

      Ces « de Mondières » n’ont probablement rien à voir avec la famille mi-bourgeoise, mi-noble des « Mondière » du Maine (Laval-Avesnières-L’Huisserie-Le Mans-Sablé) et de l’Anjou (Angers-St-Pierre-Château-Gontier, Champigné-St-Denis-d’Anjou-Chambellay). La noblesse de ces derniers semble avoir été acquise par charge avec un certain Jehan (de) Mondière, portemanteau du roi dès 1608 jusqu’en 1621 et un certain Loys (de) Mondière, sieur des Angevinières, maître des requêtes d’Anne d’Autriche en 1659 (source : « Etat de la maison du roi Louis XIII, de celles de sa mère, Marie de Médicis, de ses soeurs, Chrestienne, Elisabeth et Henriette de France…. comprenant les années 1601 à 1665 » publié par Eugène Griselle (édité en 1912), pages 38, 107 et 116).
      Vous les avez déjà rencontrés dans les actes notariés d’Angers ainsi que j’ai pu le lire sur votre blog.

      Certains auteurs font un rapprochement, sans preuve, entre les « de Mondières » de Livré et ceux de Villiers-Charlemagne (avec Noble Homme Pierre de Mondières, sieur des Fuseaux, écuyer, contrôleur au grenier à sel de Craon époux en 1634 de Perrine Chevallier) qui se fonderont notamment dans les « Fouin » de La Chapelle-Craonnaise que vous connaissez également pour les avoir mentionnés sur votre blog.

      Je connaissais ce que disaient brièvement Angot et Denais sur la famille « de Mondières » de Livré et j’ai pu en reconstituer une généalogie partielle via notamment les registres paroissiaux de Livré, Ballots, Senonnes, et St-Pierre d’Angers. En l’état actuel de mes recherches, je n’ai trouvé aucune archive notariale les concernant.

      A titre d’exemple pour les lecteurs de votre blog, voici divers éléments sérieux que j’ai pu découvrir pour consolider la thèse de l’appartenance de la famille « de Mondières » de Livré à la petite noblesse d’épée :
      1) D’abord, avec la qualité d’« écuyer » mentionnée dans les registres paroissiaux concernant trois degrés successifs des hommes de cette famille, nous ne pouvions guère faire fausse route, mais il fallait rester prudent lorsque l’on sait les prétentions et vanités de la part de certaines familles.
      2) La mention, dans le « Catalogue des gentilshommes d’Anjou lors de la recherche de la noblesse de 1666, par M. Voisin de La Noirays, intendant de Tours » à la page 37, sur François de Mondières : « François de Mondières, écuyer, Sr de Chastillon, demeurant paroisse de Livré, élect. de Château-Gontier, eut acte de la représentation de ses titres le 21…1669 ».
      3) L’alliance « noble » à Angers en 1667 de ce François de Mondières avec une d’Andigné, originaire de Saint-Saturnin-du-Limet.
      4) La présence, sur le rôle de la taille de la paroisse de Ballots de 1694, dans la catégorie des nobles, de « Damoiselle Marguerite de Mondière, veuve Julien Grandin » (source Gallica : « La Maison du Buat… au Maine et en Anjou » par l’abbé R. Charles, édition 1886, p. 241).
      5) Le Sieur de La Borderie, Jehan de Mondières est mentionné dans une lettre en date à Vitré du 20 Janvier 1629 adressée par Jean Rogier dit Monsieur d’Iray, intendant d’Henri de La Trémoille à Marie de La Tour d’Auvergne (Archives nationales 1 AP 358/46). Il y est question d’un emprunt de la somme de 7.000 livres contracté par Henri de La Trémoille auprès du Sieur de La Borderie. (Source : « Correspondance de Monsieur d’Iray, intendant des La Trémoille – Années 1629-1635 présentée et annotée par Jean-Luc Tulot – Saint-Brieuc, 30 Août 2007).
      6) J’ai découvert aux Archives Départementales de la Mayenne, en série B sous la côte B. 3682 « 1680-1787 – Eaux et forêts, délits – Procédures dans les poursuites intentées à François de Mondière, écuyer, sieur de Châtillon (1680, 4 avril) », trois pièces d’archives datant de 1680, concernant une contestation du droit de chasse de François de Mondières, écuyer, sieur de Chatillon, à l’initiative de « Haute et Puissante Dame Magdelaine de Laval, dame du palais de la Reine et des atours de Madame la Dauphine, veuve de Haut et Puissant Seigneur Messire Henry Louis d’Alongny, chevalier, marquis de Rochefort, baron de Craon, première baronnie d’Anjou et maréchal de France » demeurant en son hôtel à Paris, rue de Grenelle paroisse St-Eustache. Les gardes des bois et forêts de la baronnie de Craon, affirment qu’au matin du 4 Avril 1680, ils rencontrèrent sur les terres de la métairie de La Borderye proches la grande forêt de Craon, le Sieur de Mondières équipé d’un fusil sur l’épaule et accompagné d’un chien couchant. Lui demandant s’il avait l’autorisation de chasser sur les terres de la baronne de Craon, ils l’accusent d’avoir répondu en jurant et blasphémant le Saint Nom de Dieu et de les avoir traiter de voleurs… Le Sr de Mondières aurait dit : « … je ne vous connois point pour gardes, je suis gentilhomme, j’ay fief et garannes, de par conséquence pouvoir de porter le fuzil » et « ay pouvoir de chasse ». Au moment où l’un des gardes saisit le fusil, un grand nombre de personnes intervinrent, armées de fourches et autres, ayant été alertées par les cris, dont la propre soeur dudit de Mondières, lesquels reprirent le fusil et arrachèrent avec force et violence partie des cheveux des deux gardes qui durent s’enfuir. Ils accusèrent sa soeur d’avoir également déchiré la cravate de l’un et la chemise de l’autre… bref une histoire cocasse…
      Dans la supplique adressée aux juges par François de Mondières, ce dernier déclare être sorti avec un fusil « comme estant en droict de le porter tant en lad(ite) qualité d(’)escuier que comme ayant fief à garannes ». Il dit avoir mentionné aux gardes le fait qu’il « estoit noble et que sa qualité luy permettoit de le porter ».

      Il semble bien que nos petits hobereaux angevins fauchés et contraints par vanité à demeurer oisifs pour ne pas déroger, devaient faire face, non seulement à des difficultés financières et matérielles grandissantes, mais également à des tensions engendrées par le mépris et les convoitises, tantôt de certains habitants et manants de leur voisinage (tel fut le cas avec le Sieur Hullin de Juvardeil qui voit son exemption de l’imposition du sel contestée), tantôt de certains grands nobles voisins, (tel fut le cas avec le Sr de Chastillon de Livré, qui voit son droit de chasse contesté par les gardes-chasses de la baronne de Craon vivant à la cour royale) ! Les procédures intentées contre ces gentilshommes en guenilles pour les priver de ce qui leur reste de leurs modestes droits et privilèges, révèlent bien, à mon avis, le sort réservé aux petits seigneurs de noblesse immémoriale en bout de course pour ne pas dire « en fin de race ».

      Je constate grâce à cette précieuse montre de 1639, aimablement mise en ligne par vos soins, que mon ancêtre Jehan de Mondières comparaît effectivement avec l’arrière-ban angevin en sa qualité de noble. Il y déclare : « f° 152v – Du sabmedy vingt sixième mars 1639. Jehan de Mondières, escuyer Sr de Chastillon, demeurant en la paroisse de Livré en Craonnoys lequel a déclaré que pendant qu’il a peu porter les armes pour le service de sa Majesté il a esté continuellement en ses armées ce qui luy a causé telle indisposition en sa personne qu’il a esté contraint de se retirer…. attendu mesme qu’il est aagé de soixante ans environ, outre qu’il est chargé de femme et de plusieurs enfants et n’a pour ses biens et revenus qu’il tient cinq cens quarente livres dont luy a esté décerné acte et ordonné qu’il fournira la déclaration de ses biens dans huitaine ».

      Noble Homme Jehan de Mondières, écuyer, sieur de La Borderie (en Livré) et de Chastillon, fils de Noble Homme Pierre de Mondières (inhumé le 25 Novembre 1615 dans l’église de Livré – Registre S.1599-1618 vue 117/126), écuyer, sieur de Chastillon, et de Damoiselle Adrianne Houisier (inhumée le 14 Mars 1648 dans l’église de Livré, âgée de 86 ans environ – Registre S. 1644-1674 vue 32/238), doit effectivement subvenir aux besoins de 3 enfants de moins de 6 ans en 1639. Quant à son âge avancé de plus ou moins 60 ans, je pense qu’il a été majoré d’une bonne dizaine d’années, volontairement ou non, nous ne pourrons le dire.
      Il avait épousé à Livré le 1er Octobre 1616 (Registre BMS 1599-1618 vue 107/126) Damoiselle Françoise Giré (ou de Giré).
      Il est inhumé le 3 Octobre 1663 dans l’église de Livré, alors âgé de 70 ans d’après le prêtre rédacteur de l’acte de sépulture.

      Arbitrairement, si nous prenons un âge de + ou - 25 ans lors de son mariage (s’il s’agit d’une 1ère union) en 1616, il serait né vers 1591, ce qui confirmerait à quelques années près l’âge de 70 ans indiqué à son décès en 1663 (né vers 1593).
      A noter que le curé a donné un âge avancé de 86 ans environ à sa mère lors de son décès en 1648, ce qui la faisait naître vers 1562.
      Par conséquent, nous pouvons raisonnablement tabler sur une marge d’erreur d’une petite dizaine d’années lors de la montre de 1639, il était alors plus près des 50 ans que des 60 ans.

      De l’union – de Mondières-Giré - naquirent au moins 10 enfants, savoir :
      1 - Jacquine de Mondières b. 14 Février 1623 Livré (Registre B. 1617-1632 vue 62/183) – Inhumée le 11 Août 1688 Ballots. Elle épousa à Ballots le 31 Janvier 1651 Pierre Le Roux (Registre BMS 1638-1664 vue 182/301).
      2 - Perrine de Mondières b. 24 Juin 1626 Livré (Registre M. 1617-1677 vue 110/183). Elle épousa à Livré le 10 Février 1652 Jean Veillon (Registre M. 1617-1677 vue 97/169).
      3 - Françoise de Mondières b. 30 Juillet 1628 Livré (Registre B. 1617-1632 vue 131/183).
      4 - Claude de Mondières b. 6 Août 1631 Livré (Registre B. 1617-1632 vue 168/183) + 8 Mai 1701 Livré inhumée le 9 Mai 1701 (Registre BMS 1700-1708 vue 15/128). Elle épousa avant 1661 Jean Poirier.
      5 - Jeanne de Mondières b. 10 Février 1633 Livré (Registre B. 1632-1650 vue 8/241). Elle épousa à Livré le 17 Février 1659 René Robichon (Registre M. 1617-1677 vue 114/169).
      6 - Marguerite de Mondières b. 18 Avril 1635 Livré (Registre B. 1632-1650 vue 8/241) + 30 Janvier 1710 Ballots inhumée le 31 Janvier 1710 dans le cimetière de Ballots (RP 1704-1714 vue 107/196). Elle épousa à Livré le 17 Février 1659 Julien Grandin (Registre M. 1617-1677 vue 114/169). - Sieur de la Roche, notaire à Craon.
      7 - Nicole de Mondières b. 28 Décembre 1636 Livré (Registre B. 1632-1650 vue 62/241). Inhumée le 21 Avril 1681 dans le cimetière de Livré (RP BMS 1616-1696 vue 23/212). Sans alliance.
      8 - Noble Homme François de Mondières, écuyer, Sieur de La Borderie et de Chastillon, b. 25 Mai 1638 Livré (Registre B. 1632-1650 vue 85/241). Il épousa en 1ères noces à Angers paroisse Saint-Pierre le 8 Mars 1667 (RP BMS 1488-1668 vue 926/1014) Geneviève d’Andigné, puis en 2d mariage le 27 Mai 1684 à Senonnes (Registre BMS 1668-1719 vue 107/353) Françoise Moisson.
      9 - Pierre de Mondières b. 7 Septembre 1640 Livré (Registre B. 1632-1650 vue 111/241).
      10 - Gabriel de Mondières b. 26 Janvier 1645 Livré (Registre B. 1632-1650 vue 172/241). Inhumé le 19 Février 1645 dans le cimetière de Livré (Registre S. 1644-1674 vue 8/238).

      Cordialement.

      Frédéric CHOPIN

    11. OH dit :

      Bonjour Frédéric
      Je ne connais pas la famille de Mondières, et ne peux vous aider, mais il y avait des actes sur mon blog, et les avez vous analysés ? car dans la généalogie que vous donnez, il semble que vous n’ayer lu que les registres paroissiaux.
      J’ai seulement rapidement vu une erreur de raisonnement, concernant les mariages mixtes noble x bourgeois ou bourgeoise x noble, car EN AUCUN CAS UN MARIAGE avec un noble n’est une preuve de noblesse. Les nobles avaient certes des interdictions, des devoirs, mais pas sur ce plan, et lorsqu’ils étaient fauchés, ca qui était souvent le cas, compte-tenu de l’appauvrissement naturel des revenus des fiefs et terres du fait de la dévaluation rapide et constante de la monnaie, ils n’hésitaient pas à prendre une bourgeoise pour sa dot.
      Il serait préférable pour tout votre raisonnement que vous puissiez trouver des successions, car elles sont une preuve irréfutable lorsque le partage est inégalitaire.
      Bonne journée
      Odile

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