Quitance de la ferme de la Bodinière qui a subi des dommages de guerre, Juvardeil 1593

Cet acte est intéressant à plus d’un titre.
D’abord il est encore une illustration des pertes subies par les exploitants agricoles pendans les guerres de religion. Ici le fermier a obtenu une dimunition d’un tiers du prix de la ferme. J’ai d’ailleurs classé cet acte dans cette catégorie des guerres de religion.
Ensuite, il atteste que certains métayers savaient signer, ici Michel Buscher de Juvardeil.

Voir mon étude BUSCHER

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 31 janvier 1593 après midy, en la cour du roy notre sire à Angers endroit par devant nous (Lepelletier notaire) personnellement establis honnestes personnes Serene Loyau marchand de présent demourant et réfugiés à l’occasion des guerres aiant de présent cours en ceste ville d’Angers paroisse de la Trinité, commissaire avec Michel Guerrier du lieu et appartenances de la Bodinière paroisse de Juvardeil soubzmetant soy ses hoirs et choses etc confessent de son bon gré sans contrainte avoir ce jour d’huy et présence et veue de nous eu et receu de honneste personne Macé Gandry marchand demeurant audit Juvardeil fermier judiciaire dudit lieu et appartenances de la Bodinière la somme de 61 escu un tiers en 240 quarts d’escu et 4 réalles de 20 sols pièce, par les mains et des deniers de Michel Buscher mestaier demeurant audit Juvardeil à ce présent comme il a dit, laquelle somme de 61 escuz un tiers est pour les deux parts de la somme de 92 escuz sol pour la ferme dudit lieu et appartenances de la Bodinière de l’année et terme fini à la Toussaints dernière passée, et le tiers de ladite somme de 92 escuz montant 30 escuz deux tiers a esté tenu et mis en sourceanse

    la surcéance est le fait de sursoir

audit Gandon pour les pertes et hostilités par luy prétendues faites et admises en ladite ferme en ladite année dernière dont il a informé et suivant le jugement sur ce donné au siège présidial d’Angers le 28 janvier dernier, de laquelle somme de 61 escuz un tiers pour lesdites deux tierces parties de ladite ferme de ladite année dernière et en quoy ledit jugement de rabès et sourceanse ledit Gandon a esté condamné vers ledit establi audit nom, iceluy estably s’en est tenu et tient par ces présentes à contant et bien paier et en a quité et quite et prometant acquiter ledit Gandon vers et contre tous nous notaire susdit avecques ledit Buscher stipulant et acceptant pour ledit Gandon absent, à laquelle quitance tenir etc oblige ledit Loiau ses hoirs etc renonçant etc par foy jugement condemnation etc fait et passé à nostre tabler en présence d’honnestes personnes Me Charles Brillet advocat audit Angers et Pierre Richoust clerc demeurant audit Angers paroisse de la Trinité tesmoins à ce requis
et ledit Loyau dit ne scavoir signer
* René Joubert sieur de la Vacherie

    René Joubert m’est plus que bien connu car j’en descends et je l’ai très longuement et richement étudié. J’ai cherché en vain, et à plusieurs reprises, où était ce renvoi de sa personne dans le texte, mais on peut supposer qu’il est là à titre de témoin seulement étant avocat, ce qui est bien utile lors de ce type de règlement

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blo

3 réponses sur “Quitance de la ferme de la Bodinière qui a subi des dommages de guerre, Juvardeil 1593

  1. E.2563.(Carton.)-9 pièces,parchemin;23 pièces,papier.
    1644-1719.-GANDON.
    -Inventaire des titres et papiers de Louis Gandon,démissionnaire de tous ses biens en faveur de ses enfants,et de Pierre Gandon;-acquêt,par René Gandon de l’office de lieutenant des eaux et forêts en la maîtrise d’Angers;-prisée des immeubles dépendant de la communauté de Louis Gandon et de Perrine Bodin;-contrat de mariage de René Gandon,sieur de Boistesson,avec Renée Chastelain;-partage entre Jacques Gandon,sieur de Boistesson,consul des marchands d’Angers,et René Gandon,lieutenant des eaux et forêts,de la succession de René Gandon et de Marguerite Blanchard;-partage entre Jacques Volaige de Vaugirault,mari de Marguerite Gandon,et Mat.Gandon de Maquillé,des seigneuries de La Ferronnière et de Maquillé,etc.
    (Série E.Titres de famille.AD de Maine et Loire.C.Port.)

  2. Bonjour

    Il serait intéressant de savoir ce que l’on entend par guerre. Peut être, trouble public, empêchant, les gens travaillant la terre, par peur, d’aller travailler, et donc pas de récolte

    Si j’ai bien compris soi Michel Bucher avait des dettes envers Macé Gandon (le fermier de cette Terre) soi il en était le métayer, car celui ci prend/participe sur ces propres deniers pour payer les 2 tiers de la somme

    Pour cette période, j’ai plusieurs actes qui témoignent de ces temps troubles
    Un exemple Esther Guérif vve de François de La Vézouzière et sa belle soeur Françoise de La Vezouzière vve de François Gaultier qui disaient très clairement qu’elles ne pouvaient pas rendre hommage personnellement car trop dangereux de s’aventurer dans la province (sans doute toutes les 2 Protestantes)

    Il est vrai que Michel Bucher signe fort bien pour un métayer

    Bonne Journée
    Stéphane

      Note d’Odile :

    Bonjour Stéphane
    Depuis au moins Du Guesclin jusqu’à Napoléon, les troupes de passage pillaient l’habitant (poules céréales boeufs voire chevaux). C’était la pratique. Je possède plusieurs ouvrages qui l’attestent.
    Donc, lorsque l’on rencontre des closiers et métayers qui disent avoir subi des dommages, c’est qu’ils ont eu des pillages.
    C’était ainsi autrefois !
    Odile

  3. sous la signature de René Joubert, on lit bien « pour présent » ce qui signifie qu’il fait acte de présence et c’est, je pense comme vous, bien à titre de conseil juridique ou même avocat. Je l’ai retrouvé à de nombreuses reprises pour François Letort dont nous parlions justement hier (mais aussi pour d’autres membre du présidial, y compris un greffier ce qui peut laisser penser que c’est l’avis avisé en matière juridique plutôt que l’avocat à proprement parler qui agit ici).

      Note d’Odile :

    Bonjour Jérôme
    Merci, c’est aussi mon ancêtre, et il était actif en écrits ou manuscrits sur le droit, donc très apte à porter conseil. Et, autrefois, les avocats avaient aussi une action de conseil pour régler les conflits.
    Odile

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