du Quai des Fumiers à la Cale au Foin : le quai Magellan, Nantes 1840

Il existe sur le site des Archives Départementales une vue splendide de la cale au foin, hélas elle se cache sous un nom totalement erroné : CHARGEMENT DE PAILLE ET FOIN, AU FOND LE PONT DE PIRMIL 33Fi112

  • rassurez vous, on ne charge pas de foin à Nantes, on décharge, car le foin ne pousse pas à Nantes, et la ville fait venir par chalands le foin. En effet Nantes, avant l’automobile, compte de très nombreux chevaux pour ses déplacements et transports.
  • rassurez vous, le pont est celui de la Madeleine et non celui de Pirmil

La véritable légende est donc :
Déchargement à la cale au foin quai Magellan, au fond le pont de la Madeleine

Cette cale au foin quai Magellan a un bien belle histoire. En effet, elle date de 1840, voici comment :

  • quai Magellan

(Notes de M. J. Forest, par Paul de Berthou, manuscrit aux Archives Municipales de Nantes)

Magellan, célèbre navigateur, mort en 1519
Chaussée Choismet
1595 Inscription. L’an 1595, cette chaussée, pour communiquer à la prairie Choismet, a été construite des deniers de la Ville, par les ordres de Messire du Bot, sieur de l’Aunay, maire de Nantes (Lebreton, 1 er juin 1837, p.3). Lebreton ne dis pas où il a trouvé cette inscription. Sans doute dans « l’Histoire lapidaire de Nantes », par Fournier, 2 vol. mss à la BM
La chaussée Choimet commençait à la jonction Est de la chaussée de la Magdeleine et du pont de la Magdeleine. Elle occupait une petite partie de ce qui est maintenant le quai Magellan. Elle longeait la chapelle de la Magdelaine et conduisait à la prairie de la Magdelaine, dont une partie se nommait, à ce qu’il paraît, prairie Choimet. J.F.
1834 Le conseil d’arrondissement invite la mairie de Nantes à éloigner le Parc aux fumiers, vrai foyer d’infection et d’incommodité pour les habitants d’une partie des Ponts et pour les malades de l’Hôtel-Dieu (Lebreton, 11 juillet 1834n p.11)
Le quai Magellan a été longtemps nommé Quai des Fumiers, parce que c’était là qu’on déposait toutes les balayures des rues, que le service de la répurgation apportait chaque jour. J.F.
Le nom de Magellan lui fut donné pendant la révolution (Etrennes du Commerce, 1793, 137)
1837 Le Parc aux fumiers, placé à l’extrémité de la prairie de la Magdelaine, vient d’être supprimé (Verger, Archives, I, 210)
1840 Nous voyons avec plaisir s’avancer peu à peu la construction du Quai Magellan qui, permettant de faire le tour de la prairie de la Magdeleine, et communiquant à la haute ville par le pont de la Rotonde (pont St Félix), métamorphosera tant ce quartier qui se couvrira peu à peu d’arbres, de magasins et de maisons d’habitation, et formera, en prolongation des deux cours, une promenade charmante (Lebreton, 7 mai 1840, p. 3)

Note d’Odile : Je suis très impressionnée par la date tardive (1840) pour éloigner les immondices et fumiers. D’autant qu’ l’hôpital était devant ! Nous avons fait quelques progrès depuis…

Bail d’un pré pris par l’hôtelier la Licorne, Sainte Croix, Angers 1523

Car avant la voiture il fallait beaucoup de foin pour les chevaux, en particulier les hôteliers tenaient des écuries pour les cavaliers de passage, et même des chevaux à louer comme le feront les relais de poste.
Le bail n’est que d’un an, aussi j’ai pensé que Charles Bourré avait engagé le pré auprès de Du Cleray pour un an.
En tous cas, le bail à ferme d’un pré, se dit « la tonture du pré », ce qui signifie le foin qui proviendra du pré.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 9 mai 1523 en notre cour royale à Angers (Nicolas notaire Angers) personnellement establyz vénérable et discret maistre Jehan du Cleray chanoine de l’église collégiale et royale monsieur saint Martin d’Angers d’une part
et Micheau Desboys marchant cellier et houstellier et Georgette sa femme demourans en la maison et houstellerie de la Licorne vis-à-vis de l’église collégiale de Sainte Croix de ceste ville d’Angers ladite Georgette suffisamment autorisée par devant nous d’autre part
soubzmectant etc confessent avoir aujourd’huy faict les marchés pactions et conventions tels et en la manière qui s’ensuit
c’est à savoir que ledit maistre Jehan du Cleray a baillé et octroié et encores baille et octroie audit Desboys et sadite femme la tonture du pré nommé l’Hommaye assis en la paroisse de Thiercé audit bailleur appartenant tout ainsi que l’a possédé par cy davant noble homme messire Charles Bourré chevalier seigneur du Plessis Bourré par manière et tiltre de ferme et non autrement et pour ceste présente année seulement
pour d’icelle tonture de pré en faire et disposer par lesdits Desboys et sa femme comme de leurs propres choses
et est faite ceste présente baillée pour en rendre et payer par lesdits preneurs leurs hoirs audit bailleur et ayant sa cause pour ladite année la somme de 25 livres paiables au jour et feste de Saint Denis prochain venant
auxquelles choses dessus dites tenir et accomplir de part et d’autre et ladite somme de 25 livres rendre et payer etc dit et accordé entre lesdites parties que si ledit pré estoit retiré sur ledit bailleur au desans et auparavant la tonture dudit pré que ledit bailleur ne sera tenu en aulcun garantage et desdommagement vers lesdits preneurs et aux dommages dudit bailleur amendes etc obligent lesdites parties l’une vers l’autre etc et lesdits Desboys et sa femme eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de parties de biens leurs hoirs etc à prendre vendre etc renonçant par devant nous lesdits Desboys et sa femme au bénéfice de division etc et par especial ladite Georgette au droit velleyen etc elle sur ce de nous suffisamment avertie etc foy jugement et condemnaiton etc
présents ad ce Guillaume Martin praticien en cour laye et Mathurin Grosboys paroissien de Saint Martin d’Angers tesmoins
ce fut fait et donné à Angers en la maison dudit maistre Jehan du Cleray les jour et an susdits

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