Suzanne Lepron veuve Bodard déclare devant notaire ce que chacun de ses enfants lui a payé, La Chapelle sur Oudon 1708

 

Je poursuis mon travail sur les Bodard car j’ai beaucoup d’actes consernant Suzanne Lespron  l’une de mes « grands mères » très chéries, très inquiète, de son fils infirme après sa mort.

Ici, elle règle avec chacun de ses enfants ce qu’il lui doit, et même pour la nourriture d’un cheval il y a 7 ans. Nous avons découvert pendant le confinement que la voiture inutilisée coutait seulement les assurances, mais pas l’essence, alors qu’un cheval inutilisé coute toujours de la nourriture.

Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E32 – Voici ma retranscription rapide mais efficace  :

« Le 5 octobre 1708, par devant nous Claude Bouvet notaire royal en Anjou résidant à Segré, fut présente en personne établie et deument soubmise Suzanne Lepron veuve de h. h. Jean Bodard, vivant maréchal en œuvres blanches, demeurante au village de Vrezée à La Chapelle-sur-Oudon, détenue au lit malade mais par la grâce de Dieu saine d’esprit mémoire et entendement, ainsi qu’il nous a apparu et aux témoins cy après nommés, laquelle a reconnu avoir eu et reçu tant ce jour d’huy qu’avant ce jour de h. h. Jacques Justeau maréchal en œuvres blanches demeurant audit Village de Vrezée et de Jean Bodard demeurant à la Petite Jallais paroisse de Ste Gemmes près Segré, gendre et fils de ladite Lepron, savoir dudit Justeau 47 L 10 s et dudit Bodard celle de 48 L, qu’ils devaient à ladite Lepron leur mère pour fournissement tant de meubles bestiaux que ustencile de boutique de forgeur qu’elle leur avait baillé avant qu’elle ne s’y estoit obligée par leurs contrats de mariages, suivant l’obligation que lesdits establis en auroient consenti à ladite Lespron suivant l’acte en forme de compte reçu devant Huard notaire Segré le 15 mars 1702, desquelles sommes de 47 L 10 s d’une part et 48 L d’autre, ladite établie se contente et en quitte lesdits Juteau et Bodard chacun pour leur regard … lesquelles obligations demeurent ainsi nulles et de nul effet, comme solvé et bien payé ; et consent qu’il ne soit fait ni noté sur la minute d’iceluy acte passé par ledit Huard ledit jour 15 mars 1702 … fait et passé audit village de Verzée dite paroisse de La Chapelle sur Oudon, maison où ladite établie est détenue malade, présents h. personnes Pierre Pillette Me serrurier, Avois Lenoir maréchal ferrant demeurant audit village du pont de Verzée, ladite Lespron et lesdits Juteau et Bodard ont déclaré ne savoir signer. La présente quittance ne vaudra à l’égard dudit Justeau que pour la reconnaissance qu’elle a fait d’avoir esté payée dudut Justeau dans son testament qu’elle a fait devant défunt Me René Guyon   vivant notaire royal audit Segré le 27 novembre 1703. Ladite veuve Bodard a reconnu avoir aussi esté payé et satisfaite des pensions et nourriture d’un cheval appartenant à François Bodard marchand son fils demeurant audit Segré paroisse St Sauveur absent pour le temps que ledit cheval aurait esté nourri chez elle il y a environ 7 ans »

Suzanne Lepron veuve Bodard, mon ancêtre, va mourir, et s’inquiète de son fils infirme et de l’entente entre ses enfants, La Chapelle sur Oudon 1708

Je poursuis mon travail sur les Bodard car j’en ai dans mes ascendants. Suzanne Lespron est l’une de mes « grands mères » très chéries, car vous allez voir qu’elle s’occupe, très inquiète, de son fils infirme après sa mort, et met tout en oeuvre pour qu’il ne soit pas oublié, et j’ai trouvé il y a 20 ans tant d’actes de Suzanne Lespron, que je reviens dessus.

Donc, beaucoup d’actes la concerne en particulier entre 1708 et 1711. Ici, je vous mets un inventaire fait par elle des meubles qu’elle possède, mais le plus étonnant, et même très étonnant, c’est qu’elle est dit « vivant chez son gendre Juteau et non chez elle », or, vous allez voir qu’elle a autant de meubles que s’il était dans une maison à elle, avec tout un tas d’instruments de cuisine, d’artisanat, etc… et tout son stoc de fil, etc… et même des fûts. Or, dans les innombrables inventaires que j’ai dépouillés, les veuves ou veufs, en fin de vie, vivant chez l’un de leurs enfants, ne possédaient plus que leur lit car ils avaient déjà tout donné de leur vivant à leurs enfants. Donc l’acte qui suit mérite qu’on s’y intéresse, car il sort beaucoup de l’ordinaire.

Cet acte est important pour moi, car c’est la première génération qui sait signer, enfin seuls les hommes, mais c’est déjà un progrès, et on doit sans doute ce progrès précisément à Suzanne Lespron leur mère.

Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E32 – Voici ma retranscription rapide mais efficace  :
« Le 11 septembre 1708 avant midy, par devant nous Claude Bouvet notaire royal résidant à Segré, fut présente en sa personne, establie et duement soumise h. personne Suzanne Lepron veuve de deffunt Jean Bodard vivant maréchal en œuvres blanches demeurant au village de Vrezée à La Chapelle-sur-Oudon, détenue au lit malade mais par la grâce de Dieu saine d’esprit et de mémoire et d’entendement, laquelle craignant qu’après sa mort ses enfants vinssent du différent entre eux à cause des meubles qui sont en la maison de Jacques Justeau maréchal en œuvres blanches son gendre où elle est détenue malade, pour y obvier elle déclare avoir les meubles qui suivent :
Un lit garni où elle est à présent gisante dont le demi-tour est de tiretaine garni de frange et frangette de soie, une couverture blanche plus que demie usée, une couette, un traverslit, et un oreiller le tout ensouillé de couetty, paillasse et charlit
Une paire de presses de bois de pommier fermante à deux fenêtres, et de clef, (presses ou paire de presses : de la Bretagne à la Normandie, espèce d’armoire basse à 2 vantaux, généralement dépourvue de tablettes, mais qui comprend 2 tiroirs à la partie supérieure. On y met des vêtements)
Un bois de couchette couette et paillasse
Un traverslit de peu de valeur,
Une table ronde de bois de noyer,
Un charlit de bois de noyer (noier), une couette ensouillée de couetty et un traverslit ensouillé de toille,
Une poisle à frire, un grand poislon, et une passette d’airain, un rond aussi d’airain, une marmitte de fer avec son couvercle d’airain, deux petits chaudrons percés, et un autre petit chaudron, le tout de cuivre,
2 petits chenets, une crémaillère (cramaillère), une broche à rostir, le tout de fer,
Un vieil cabinet,
Une vieille huche,
2 lampes et deux chandeliers de potin, l’une desquelles lampes est raccommodée de fer,
19 livres d’étain, tant creux (f2) que plat,
8 draps de toille de brin et reparon, dont 2 usés, 14 chemises à l’usage de ladite établie, desquelles il y a 9 presque neuves, et les autres plus demi-usées,
3 nappes de brin, une demi-douzaine d’essuis mains,
3 souilles d’oreillers, et 4 serviettes,
16,5 livres de laine filée laquelle laine ladite établie déclare employer à faire faire de l’étoffe estamine,
Un autre bois de couchette garnie d’une couette, 1 traverslit, un méchant lodier et paillasse qu’elle désire relaisser à Pierre Bodard son fils, qui y est gisant infirme,
6 chaises de bois foncées de jonc desquelles il y une de bois de chêne,
2 futs de pippe de peu de valeur,
1 fut de busse et quart de pippe, 1 rouet à filer, 1 saloire (salouer) un vand à vanner, 1 crochet de fer, à bécher, le tout qu’elle veut être partager entre sesdits enfants après son décès, ce que ledit Jousteau et Suzanne Bodard sa femme ont reconnu devant nous avoir vu en ladite maison, voulant au surplus ladite Lespron que son testament passé devant †Me René Guyon notaire royal audit Segré le 27.11.1703 soit exécuté selon sa forme … Laquelle exhorte sesdits enfants de discuter leurs droits dépendant (f°3) des biens qu’elle leur relaisse le plus pacifiquement que faire se pourra. Fait et passé au village de Vrezée maison dudit Jousteau en présence de François Bodard marchand et de Jean Bodard maréchal en œuvres blanches enfants et gendre de ladite établie, et encore de François Bodard Me cordonnier et Louis Bigot tailleur d’habits à Segré témoins. Lesdits Lespron et Jean Bodard et Jureau et femme ont déclaré ne savoir signer. – Et à l’égard du louage de la chambre qu’elle occupe chez ledit Justeau et femme, ils ont convenu entre eux et ladite Lespron s’oblige leur payer de louage par chacun an 4 L, et entretiendra ladite chambre bien carrelée »

Mathurine Bodard n’est pas décédée à 106 ans, car l’âge n’était pas connu autrefois : Andigné 1670

Il ne vous a pas échappé que j’avais remis mon travail sur les Bodard car j’en ai dans mes ascendants, et comme certains d’entre vous le savent, quand je me remets au travail déjà fait au peigne fin, c’est plus que sérieux et minutieux.

Mais il vous a probablement échappé que j’avais publié il y a longtemps une étude sur l’interdiction autrefois par l’église de connaître son anniversaire, et j’avais intitulé : L’anniversaire de la naissance d’un individu est une fête récente : autrefois il était donc difficile de connaître son âge et celui de ses proches.

L’expemple le plus connu de cet âge inconnu car les dates anniversaires étaient inconnues, est celui de Jallot mort à 107 ans, qui avait certainement en fait 20 ans de moins environ.

Il ne vous a pas échapé que dans les actes de décès avant la Révolution, le plus souvent le prêtre écrivait « environ » car il savait très bien que l’âge était très approximatif, et à vue d’oeil en regardant la personne.

Voici le cas de Mathurine Bodard, qui a des enfants dès 1602 mais aussi son dernier en 1621. Pour moi, sachant que les anniversaires étaient autrefois inconnus, même de Louis XIV, l’âge est tout sauf exact, et Mathurine Bodard a dû se marier jeune donc être née vers 1584, donc elle a certainement 20 ans de moins à son décès que ce qui est écrit :

« Mathurine Bodard vivante veufve de deffunt René Letourneux demeurante à la Picoulière, âgée d’environ 106 ans, décéda hier au matin 23 de may 1670, inhumée par nous curé soussigné dans nôtre église où elle a fondé une messe d’anniversaire à jamais au service St Mathurin Xème dudit mois et pour ce elle a affecté un petit jardin aux Mostiers joignant d’ung costé au puy Guion d’autre bout et costé ledit Mostel des Gastines, dont les héritiers jouiront en baillant ledit jour et célébration de ladite messe audit jour et à faulte qu’ils ne payront lesdites sommes curé et prêtres en jouiront en faisant ledit service, dont l’acte a esté passé par Me Mathurin Jaslot notaire au bourg de La Chapelle-sur-Oudon »

Mathurine Bodard est inhumée « âgée de 106 ans », et cet âge semble peu crédible car elle aurait eu son fils dernier enfant à l’âge de 57 ans !  Je maintiens qu’elle avait certainement 20 ans de moins environ. Et je vous engage à relire attentivement tout ce que j’ai expliqué autrefois concernant l’interdiction faite par l’église autrefois de connaître son anniversaire, c’est à dire sa date de naissance, car seule la naissance du Christ était célébrée, aucun humain.

 

 

 

Inventaire des meubles et effets de la communauté de biens de François Bodard et défunte Louise Forest, Le Bourg-d’Iré 1730

J’aime beaucoup faire ces inventaires, car je vis totalement dans leur univers, en empathie avec eux. J’ai fait beaucoup tant sur mon site que sur mon blog, pour mon site cliquez sur ce lien et j’y ai mis un dictionnaire des termes utilisés, et pour mon blog, chercher les INVENTAIRES dans les CATEGORIES ci-dessus.

J’ai des Bodard dans mes ascendants, mais pas ces Bodard du Bourg-d’Iré, mais vous pouvez tous les voir sur mon étude des familles de ce nom. Il y a plusieurs familles telles que celles ci-dessous, car le métier « couvreur d’ardoise » devait se transmettre en famille et leur est commun.

Le couvreur d’ardoise François Bodard, qui suit, ne sait pas signer, a beaucoup de dettes car 136 livres de dettes c’est beaucoup pour un petit artisan, d’autant que ses biens sont à peine supérieurs. Sa femme vient de mourir mais jeune et je suis très surprise de découvrir beaucoup de meubles et effets « mi usés », donc ils n’ont pas eu tout neuf quand ils se sont mariés, tant s’en faut !

Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E20 – Voici ma retranscription rapide mais efficace  :

Devant Pierre Poillièvre notaire royal au Bourg-d’Iré, « Le 10 juin 1730 au lieu de la Haute Maboulière situé paroisse du Bourg d’Iré, mandé par François Bodard couvreur d’ardoise père et tuteur naturel de Louise et François Bodard ses enfants mineurs et de defunte Louise Forest sa première femme, ont comparu aussi en leur personne Louise Leroueil veuve de Michel Forest, ayeule desdits mineurs Bodard et Michel Forest leur oncle paternel, demeurants au lieu et closerie du Chesne au bourg même paroisse du Bourg d’Iré, lesquels en conséquence de l’ordonnance de monsieur le lieutenant général d’Anjou audit Angers nous ont requis de présentement procéder à l’inventaire des meubles et effets dépendants de la communauté de biens qui se seroit acquise suivant la coutume d’Anjou entre ledit Bodard et ladite défunte Louise Forest et pour cet effet pour priser lesdits meubles et effets ledit Bodard a mandé Toussaint Chizay (f°2) marchand et ladite Louise Leroueil et ledit Forest son fils François Ragneau métayer demeurants susdite paroisse du Bourg d’Iré, lequels Chizay et Ragneau, serment pris en tel cas requis, ont dit être âgés ledit Chizay de 38 ans et ledit Ragneau de 55 ans, et ont le tout promis et juré de bien et fidèlement se comporter au fait de ladite appréciation et de mettre à juste prix suivant leur loyauté et conscience les meubles et effets qui leur seront mis en évidence, auquel inventaire nous avons vacqué en conséquence de ladite ordonnance, comme s’ensuit :
Une crémaillère et son crochet et une pelle à feu 30 sols
Une table carrée fermant à clef et 2 bancs de chêne 3 livres
Une huge de chêne 8 livres
Un coffre de noyer fermant à clef 10 livres
(f°3) Un vieil coffre de chêne sans serrure 25 sols
Un marchepied de chêne 5 livres
Un coffre de chêne de peu de valeur 30 sols
Un autre coffre de chêne aussi de peu de valeur 2 livres
Un petit cabinet de chêne de peu de valeur 30 sols
Un charlit de noyer sans plafond, garni de sa paillaisse, une petite couette, un traverslit ensouillé de toile, une vieille couverture et son tour de lit composé de 3 pans de toile barrée 30 livres
Un charlit de chêne sans plafond, une paillasse, une petite couette, un traverslit, un petit oreiller le tout ensouillé de toile et une vieille couverture de toile 26 livres
Une petite couchette, une couette, un traverslit ensouillé de toile, le tout de peu de valeur, 12 livres
14 livres de vaisselle d’étain tant creuse que plate, à 18 sols la livre soit 12 livres 12 sols
2 petits chaudrons d’airain pesant 6 livres 7 livres 6 sols
(f°4) Une poisle à frire et un poislon d’airain 2 livres
Une moyenne marmite et une petite avec une cuiller le tout de fer et de peu de valeur 50 sols
2 vieilles serpes, un hachereau,un vouge et un coin le tout de fer 3 livres
3 vieilles faux, un fauchet, un peurier ?? et une pierre à faux 7 livres
2 fourches, un ping, un buacq ?? un rateau et 3 tranches fourchées et une plate le tout de fer 6 livres
3 pelles à bêcher de peu de valeur 20 sols
2 vieils manteaux, 2 anelumis ??, une dallouère et un asseau servants au métier de couvreur d’ardoise et 2 sayots, le tout plus que mi usés 50 sols
Une paire de fers à courayer 30 sols
10 draps de grosse toile et de différentes grandeurs plus que mi usés 10 livres
4 nappes de grosse toile plus que mi usés 3 livres
2 bisacqs et un vieil encherier 2 livres
10 chemises de grosse toile à usage d’homme, plus que mi usées 7 livres
Un habit et une veste de meslinge brun 12 livres
(f°5) Un habit de serge un autre habit et une veste de toile le tout plus que mi usés 5 livres
Une culotte de meslinge et une de toile 3 livres
3 cravattes de toile 30 sols
4 paires de bas et une paire de bottines le tout de peu de valeur 3 livres
Un chapeau 30 sols
4 chemises à usage de femme plus que mi usées 2 livres
2 corsets couvers de serge 6 livres
3 paires de brassières de serge 6 livres
2 robes de meslinge l’un brune l’autre nlanche 10 livres
Un tablier de ras 3 livres
2 robes et un tablier le tout de toile 3 livres
Une poche de grosse toile 20 sols
Un fust de boisseau petite mesure de Candé et une mesure 20 sols
Un travoil 20 sols
Un poids à peser 15 sols
43 livres de lin brayé 10 livres
11 livres de réparon à filer 2 livres
23 livres d’étoupe à filer 10 sols
8 livres de poupées 8 livres
8 livres d’étoupe filée 6 livres 16 sols
Un paque de cordes 10 sols
(f°6) 8 quenouilles de lit de 4 pieds de coffre 5 livres
20 pieds d’essil 12 livres
10 nombres de lin à brayer 8 livres
4 pots, 2 pichets, 2 tasses à anse le tout de terre 2 livres
5 bouteilles de terre, y compris le peu d’huile de noir dans l’une d’elles 2 livres
7 livres de graisse de porc 45 sols
Une baratte et 2 vieux seilllots de bois 30 sols
4 petits pannins avec des balances 8 sols
5 chaises de jonc et un vieil soufflet 30 sols
4 paires de sabot 20 sols
Un charnier avec ce qu’il y a de viande de porc 6 livres
Une busse de cildre estimées fust et cildre 8 livres
3 fusts de pipe, un de busse et 2 de quart de peu de valeur 8 livres
Une panne de bois 50 sols
Une braye à brayer du lin 20 sols
Debtes passives : Déclare ledit Bodard devoir à René Challeur collecteur de la taille pour l’année 1727 5 livres – Plus à François Ragneau collecteur des tailles pour l’année 1728 12 livres 10 sols – (f°7) Plus à René Bodard collecteur du sel de l’année 1728 14 livres 40 sols – Plus à François Malsau pour la capitation de 1727 2 livres 8 sols un denier – Plus à Pierre Bourgeais collecteur du sel de 1728 2 livres 14 sols 3 deniers – Plus à Noël Gaultier pour la capitation de 1728 4 livres 2 sols 10 deniers – Plus à Pierre Ragneau collecteur du sel de 1723 22 sols – Plus pour sa taxe du sel de l’année 1720 30 livres – Plus à la veuve Mason sa rentresse 19 livres 12 sols de compte arresté pour redevances du lieu de la Maboulière – Plus à René Baudunau meusnier 19 livres 1 sol pour farine – Plus à Claude Bedain 35 sols pour lenne ? vendue et livrée – Plus à Jean Auger domestique pour restant de services 2 livres – Plus à Pierre Maillet demeurant à Combrée pour un faux 40 sols – Plus à Jacques Chupé le jeune charpentier 16 sols pour 2 jours de son travail – Plus à Jean Leplat poupelier 30 sols pour ouvrage de son métier – Plus à Pierre Demast journalier 30 sols pour journées – Plus à Toussaint Chehan pour un matte de cercle – Plus à François Delanoe métayer 50 sols pour être allé conduire la dernière mesure à Candé – Plus à Jacques Buron tailleur d’habits 20 sols pour 4 journées de son travail – Plus à René Lizé journalier 15 sols pour journées – Plus à René Chattier 10 sols pour avoir tué 2 porcs – Plus au nommé Cormier 16 sols pour 2 journées à faucher – (f°8) Plus à Jean Mauvau pour fèvres 10 livres – Somme toutes les debtes passives 136 livres 3 sols 2 deniers

Et a ledit Bodard déclaré qu’il ne luy est deub aucune chose dont il ait connaissance, n’avoir aucun argent, titres ni papiers sous son rôle, qu’il demeure tenu d’acquiter au bureau de Candén dont a été parlé et de nourrir entretenir coucher et reblanchir sesdits enfants jusqu’à ce qu’ils soient en âge de gagner leur vie, en considération de quoi et du consentement de ladite Leroueil et dudit Forest, il profitera lui seul de la récolte prochaine à la charge par luy d’en payer les charges tant vers ladite veuve Masure que vers ses collecteurs et autres qu’il appartiendra. Qui sont tous les meubles et effets dépendants de la communauté de biens qui s’estoit acquise entre ledit Bodard et ladite Forest suivant notre coutume et au moyen du présent inventaire demeure dissolue et arrestée du consentement de toutes lesdites parties, le prix desquels meubles et effets déduction faite des debtes passives s’est trouvé monter et revenir à la somme de 178 livres 3 sols 10 deniers sauf erreur de calcul. Lesquels meubles sont restés à la garde et possession dudit Bodard qui demeure tenu de les représenter quantes et ainsi qu’il appartiendra sans estre tenu d’aucuns intérests attendu la nourriture et entretien de sesdits enfants, dont et de tout ce que dessus nous avons jugé lesdites parties de leur consentement. Fait et arresté le présent inventaire audit lieu de la Maboulière en présence de François Bodinier marchand et de Louis Grandière serrurier demeurants dite paroisse du Bourg d’Iré témoins à ce requis. Lesquelles parties ont dit ne savoir signer. »

Renée Bitaud vend une boutique au nom de son mari François Cochelin, Angers 1619

J’ai trouvé et retranscrit sur ce blog plus de 6 000 actes notariés anciens, majoritairement d’Anjou. Les actes passés par des femmes n’y concernaient que des célibataires et des veuves, car dans le cas des femmes mariées, c’est l’époux qui passe les actes même quand il s’agit des biens de madame. Cependant, j’avoue avoir rencontré quelques rarissimes cas de femmes mariées passant des actes, mais pour des couples de grande bourgeoisie, dans lesquels monsieur avait un poste qui l’éloignait souvent, ce qui était le cas pour quelques conseillers au parlement de Bretagne, dans lesquels monsieur partait seul à Rennes quelque temps, alors qu’il laissait à Angers madame avec pouvoir de gérer les affaires.

Donc, ce jour, je vous mets Renée Bitaud qui passe un acte alors que son mari est encore vivant, et ne semble pas avoir écrit un pouvoir donné à son épouse, et curieusement le beau-frère est présent mais uniquement en temps que caution de madame semble-t-il, car aucun document ne spécifie ses droits exacts dans cette affaire. Vous remarquerez toutefois que Renée Bitaud sait bien signer et appartient donc au milieu des rares femmes cultivées de l’époque, et manifestement son mari (ou auparavant ses parents) lui ont appris à gérer les affaires. Et, pour le « fun », voyez qu’elle signe « Renée BITAUD », donc elle aussi avec AUD à la fin.

René Paulmier, le beau-frère présent, est l’époux de Catherine Cochelin, et c’est un avocat qui figure dans l’ouvrage que j’ai dépouillé et mis sur mon site.

Enfin, cet acte me surprend sur un autre point, car il s’agit de la vente d’une boutique, ce qui n’est pas extraordinaire en soi, mais le prix de la vente est anormalement élevé et il me trouble beaucoup. En effet, j’ai rencontré dans mes années de dépouillement des actes, de nombreuses ventes de biens immobiliers à Angers début 17ème et avant, et le prix était infiniement moindre, en particulier les hôtels particuliers, y compris ceux de la bourgeoisie, étaient beaucoup moins onéreux. Compte-tenu de ce que je viens de vous exposer, je mets les vues pour que vous puissiez lire, vous aussi, la somme de 4 500 livres, qui est énorme. Elle se lit sur la 3ème vue.

Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E121 – Voici ma retranscription rapide mais efficace  :

Le 23 décembre 1619 après midi, par devant nous Julien Deille notaire royal Angers fut présente establie et deument soubzmise damoiselle (papier mangé) Bitault espouse de noble homme François Cochelin sieur de la Coustaudière ayant de luy charge comme elle dit, et Me René Paulmier advocat au siège présidial d’Angers demeurant paroisse St Maurille faisant en ceste partie pour ledit Cochelin son beau frère, et pour lequel il authorise ladite Bitault, promettant en privé nom que ladite Bitault fera ratiffier ces présentes audit Cochelin et obliger avec sadite femme solidairement à l’entretien et garantage des présentes dans 8 jours prochains à peine de toutes pertes et despens dommages et intérests ces présentes néanmoins etc mesme ladite Bitault en son nom et dudit Cochelin son mari et en chacun desdits noms seule et pour le tout sans division de personnes ne de biens confesse avoir esdits noms et l’autorité dudit sieur Paulmier audit nom, vendu, quité cèdé et transporté, et par ces présentes vend quite cède et transporte dès maintenant et à présent à toujoursmais perpétuellement par héritage et promet esdits noms garantir de tous troubles décharge d’hypothèque (f°2) à Jehan Lefebvre Me chapelier et Yvonne Bouthevin son espouse demeurant en ceste ville paroisse de St Maurice présents stipulant et acceptant et lequels ont achapté et achaptent pour eulx leurs hoirs scavoir est ung coign de boutique cour et appartenances situés sur la rue Baudinière ? dite paroisse de St Maurice, ayant sur icelle rue 2 portes et entrées, auquel logis est de présent demeurant (blanc) Gourgeault Me cordonnier, joignant d’un costé aulx logis de Me Jacques Camus sieur du Tertre d’autre fosté les logis des héritiers de feu noble homme Jehan Chotard vivant sieur du Pin abouttant d’un bout le pavé de ladite rue d’autre bout les maisons de (blanc) ainsi que ledit logis se poursuit et comporte avec ses appartenanceds et dépendances en ce compris la somme de 10 escuz ou autre somme de rente que doibvent les héritiers Chotard et comme le tout est et appartient en propre audit Cochelin et luy sont demeurés en partage sans aulcune chose en réserver, au fief et seigneurie du chastel du seigneur d’Angers et autres fiefs si auchuns sont aulx cens rentes charges et debvoirs qui en sont deub que les parties (f°3) adverties de l’ordonnance royale ont dit et vériffié ne pouvoir déclarer que les acquéreurs pairont et acquiteront pour l’advenir non excédant touttefois chacuns ans la somme de 70 deniers dont est deub … du passé, transportant etc et est faite ladite vendition cession et transport pour le prix et somme de 4 500 livres de laquelle lesdits acquéreurs ont payé contant à ladite Bitault du consentement dudit sieur Paulmier audit nom la somme de 2 000 livres tz, quelle somme de 2 000 livres ladite Bitault a receue en pièces de 7 soulz et autre monnaye ayant cours selon l’édit …

Louis Bitaud fait les comptes avec Lézin Grosbois, son fermier de sa terre de Jupilles : Combrée (49) 1610

Si Louis Bitaud a besoin d’un gestionnaire pour sa terre de Jupilles c’est qu’il a beaucoup de terres et en est le plus souvent éloigné car il est conseiller au Parlement de Bretagne, à Rennes donc, une partie de l’année.

Je possède plusieurs autres actes concernant Louis Bitaud et aussi Lézin Grosbois, et je peux vous les mettre. Mais j’attire votre attention sur la signature de Louis Bitaud. Je vous la mets ici même :

Regardez bien cette signature car elle est très importante. D’abord, elle atteste un rang élevé, car les floritures sont absentes, et le prénom est écrit en entier. Cette signature ressemble à celle d’un noble, et effectivement je trouve dans l’ouvrage  de Frédéric Saulnier « Le Parlement de Bretagne 1554-1790 » tome 1 p.90, que Louis Bitaud descend d’un échevin d’Angers anobli en 1477 et lettres de confirmation de noblesse du 16 avril 1575. Donc, sur la vue ci-dessus, on a bien la signature à fioritures de Lézin Grosbois, le marchand fermier, et « à la manière des nobles » sans fioritures et avec le prénom entier de Louis Bitaud.

Mais une remarque s’impose. Ce conseiller au Parlement de Bretagne, certainement fort éduqué, comme ses pairs, écrit son patronyme BITAUD avec un D terminal. Comment Frédéric Saulnier a-t-il pu écrire BITAULT ? La réponse est sans doute qu’il n’a jamais vu la signature de Louis Bitaud lui-même.

Notez-bien ce que je viens de vous écrire, car je vais revenir prochainement là-dessus.

Ah, il faut aussi que je vous précise que le notaire a pris quelques latitudes avec la règle pour écrire « noble homme » pour qualifier Louis Bitaud, car normalement quand il s’agit d’un noble on écrit « écuyer » et on qualifie de noble homme les bourgeois en quête d’orgueil.

Je ne descends pas des BITAULT ou BITAUD, mais je descends des GROSBOIS mais pas de lien avec ce Lézin Grosbois.

Voici l’acte qui est au AD49 cote 5E36 :

Le vendredi 6 août 1610 avant midy, par devant Me Jehan Chevrollier notaire royal à Angers furent présents noble homme Louys Bitault sieur de Hauteberge conseiller du roy en sa cour de parlement de Bretaigne estant de présent en ceste  ville d’Angers d’une part et honneste homme Lezin Grosbois marchand fermier du lieu de Jupilles et y demeurant paroisse de Combrée d’aultre part, lesquels ont présentement compté ensemblement tant des fermes dudit lieu escheues au jour et feste de sainct Jehan Baptiste dernière montant 220 livres et des fruits dudit lieu de l’année 1608 montant 25 livres non compris sepmences de blé seigle 2 boisseaux … 2 mesures de poix et 2 mesures de febves qui demeurent pour sepmances, et aussi des réparations que ledit Grosbois a fait tant sur ledit lieu de la Hubelaye ? et de Jupilles revenant à 137 livres 8 deniers suivant les mémoyres que ledit Grosbois a représenté audit sieur de Jupilles et qui luy sont demeurés … (encore 2 pages que je vous épargne)…