Vente d’un petit jardin sous les remparts de Provins, 1585

Introduction

Lorsque je retranscris je découvre souvent l’orthographe de l’époque, même pour les noms de lieu. Ici, je découvre MELEIN, qui est manifestement MELUN sinon le notaire aurait précisé que cette ville était dans une autre province de France, en ajoutant par exemple « pays de Normandie », or il n’ajoute rien, donc c’est bien dans la même province.

un gars de Melun a épousé une fille de Provins

Autrefois quand on quittait sa ville natale on vendait les biens qu’on y possédait, de préférence à des proches parents. Or, de Melun à Provins il y a 50 km c’est à dire plus d’une journée de cheval, qui n’est que de 40 km. Donc on ne considérait qu’il fallait vendre. Et la vente se fait bien en famille, des biens de Madame, née à Provins.

un métier de répartiteur

mais je n’ai pas bien compris ce qui est répartit !!! alors j’ai mis en rouge le terme… pour ceux qui comprendront mieux que moi, d’avance merci…

vente d’un petit jardin sous les remparts de Provins

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.05.24 vue 323 – Comparut personnellement Pierre Marlot Me répartiteur des haultes alures ? de la ville et baillage de Melein y demeurant et Françoise Berthellot sa femme de luy suffisamment authorisée lesquels de leurs bons grés sans force recognurent avoir vendu ceddé et par ces présentes vendent cèddent promis et promettent garandir de tous troubles et empeschements quelconques à Ayoul Berthelot voiturier par terre demeurant à Provins achepteur et acquesteur pour et au nom et proffict de Denis Berthellot son frère ses hoirs et ayans cause à l’advenir c’est à savoir une planche de jardin contenant environ 5 perches la pièce comme elle se comporte assise en ceste ville de Provins rue de la foire aux chevaux tenant d’une part à Ayoul Bacquet d’autre auxdits vendeurs d’un bout sur les remparts de la ville d’autre sur la rue Maunans en censive du prieuré st Ayoul à ung denier tz de cens seigneurial le jour st Eloy sans autres charges comme ils ont dit, à ladite Bethellot appartenant de son conquest par elle et deffunt son mary pour en jouir par ledit achepteur esdits noms doresnavant à tousjours perpétellement, ce vendu le prix et somme de 2 escuz 2 tiers argent franc auxdits vendeurs que pour ce ils en ont eu receu dudit achapteur avec ung teston …

Bail emphyteotique d’un pré, Saint-Brice (77) 1585

Introduction

Le bail emphyteotique existait déjà au 16ème siècle et perdure toujours, sans doute un peu modifié ?

tous les chanoines de Notre Dame du Val de Provins

Ils sont tous là, dénommés et assemblés pour traiter leurs affaires, car ce sont les bailleurs. Parmi eux on a bien sur Nicolas Desoubzmarmont dont je vous ai parlé car il est dans un famille dont descend Jules Verne. Provins comptait plusieurs églises collégiales avec chanoines, et ils étaient donc nombreux, et pour mémoire, les chanoines ne sont pas des religieux pauvres… En Anjou, que j’ai étudié, ils étaient tous de famille bourgeoise…

concours de floritures à la signature

C’est à qui aura la plus belle floriture

un pré autrefois indispensable pour son cheval

Avant la voiture, c’était le cheval, et il fallait le nourrir, donc beaucoup de marchands ont un ou plusieurs prés.

bail emphytéotique d’un pré

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.04.17 vue 303 – Claude Garnier huillyer demeurant à Provins lequel de son bon gré sans force ne contraincte aulcune recongneut avoir pris et retenu prent et retient par ces présentes à tiltre de cens et rente annuelle et amphithéotique de messieurs les vénérables doyen chanoines et chappitre de l’église collégiale Notre Dame du Val de Provins bailleurs audit tiltre par vénérables et discrettes personnes messieurs Pierre Lefebvre doyen, Ayoul Dupas chantre, André Truffé prévost, Augustin Barats Pierre Robinot Pierre Saderon, Hubert Promissart, Charles Olmules, Pierre Philipon, Jehan de St Jehan, Pierre Domenchin, Nicolas Desoubzmarmont, Pierre Depruilly et Jehan Gras tous chanoines de ladite église capitulaire agrégés et assemblés en leur chappitre à jour et heure ordinaire pour traiter desdites affaires de la dite église à ce présents qui luy ont promis garendir c’est à savoir ung demy arpent de pré ou envirion la pièce comme elle se comporte prise et faisant partie de 5 quartiers de pré en une prée dont le reste appartient audit preneur à cause de la prinse à rente à tousjours qu’il en a faite desdits vénérables bailleurs assise en la prairye et finage de st Bris au lieudit la grosse Pierre

Claude Boudier a un métier extraordinaire : « compagnon à marier », Saint Brice (77) 1585

Introduction 

Au cours de mes innombrables recherches j’ai vu beaucoup de métiers, mais celui que j’ai lu ce matin est surprenant. Je pensais qu’un métier c’était un travail, mais là, pas de travail du tout.

compagnon à marier

En découvrant le métier surprenant de compagnon à marier sur la première ligne de l’acte qui suit, je pensais que l’acte allait traiter d’un contrat de mariage. Mais il s’agit seulement de la vente d’une portion de masure dont il vient d’hériter.  Pourtant il est âgé de plus de 25 ans et devrait songer à se marier… Certes, les notaires donnaient souvent d’autres termes pour exprimer leur état ou métier, ainsi je rencontre souvent le terme bourgeois, mais je n’avais jamais rencontré compagnon à marier.

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.04.06 vue 298 – Comparut personnellement Claud Boudier compagnon à maryer aagé de 25 ans et plus demeurant à Lugrand paroisse de St Bris lequel de son bon gré sans force ne contraincte aulcune recongnut avoir vendu ceddé et par ces présentes vend et cèdde promis et promet garendir de tous troubles et empeschements à Bassot Begne laboureur demeurant à Lugrand en ladite paroisse à ce présent achepteur et acquesteur pour luy ses hoirs c’est à savoir une portion de masure et une portion de jardin contenant 3 ou 4 perches ainsi que tout se comporte, assis à Lugrand tenant d’une part audit achepteur et à Gilles Postellet d’un bout et d’autre sur ledit Begne achepteur avec la part qui appartient audit vendeur un poirier de fosse assis à Lugrand, audit vendeur appartenant de son propre et advenus par la succession de ses feux père et mère .. cette vente pour le prix et somme de 3 escuz 10 sols argent contant audit vendeur qui a confessé les avoir eu et receu dudit achepteur à plusieurs fois …

Jean Lecourt touchera 16 écus par an des 200 écus qu’il donne à rente aux Legrand, Provins 1585

Introduction

En 1585, on trouve plus de rentes en argent qu’en nature. Et même en voici une d’un montant assez important.

200 écus à Charles Legrand

Charles Legrand est noble et il a manifestement besoin d’argent. Par contre Jean Lecourt, qui possède les 200 écus et les verse à rente à Charles Legrand, est donc très aisé. Il est souvent présent dans les actes d’achat, comme acheteur, dans le fonds du notaire Delanoe que je dépouille. Or, je descend de ccette famille Lecourt, sans pouvoir à ce jour trouver le lien exact avec ce Jean Lecourt, mais proche parent. Les Lecourt sont dans mon ascendance FAUCHON à Provins.

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

285.03.12 vue 290 – Comparut personnellement Me Charles Legrand ecuyer sieur de la Cure ? lieutenant particulier au baillage et siège présidial de Provins et dame Marie Farel veuve de feu Me Denis Legrand en son vivant advocat pour le roy notre sire audit baillage sa mère lesquels de leurs bons grés sans force recongnurent avoir vendu constitué assis assigné et par ces présentes vendent constituent assient et assignent promis et promettent par ces présentes l’un pour l’autre et ung seul pour le tout sans division ne discussion garantir se fournir faire valloir par chacun an à leur propres cousts et despens à honnorable homme Me Jehan Lecourt procureur audit baillage à ce présent achepteur et acquesteur pour luy ses hoirs c’est à savoir la somme de 16 escuz deux tiers revenant à 50 livres tz de rente annuelle perpétuelle  à icelle servir doresnavant audit preneur leurs gages recepvoir et percepvoir chacun an le treiziesme jour du moys de mars chacun an premier terme de payement commançant le jour de demain en ung an et ainsi en continer en et sur la quantité de 12 ou 13 arpents de terre ou environ en plusieurs pièces assises ou lieudit les Flesches … moyennant et pour le prix et somme de 200 escuz d’or sol argent franc auxdits vendeurs et constituants qu’ils ont eu et receu …

 

Char fleuri des maraîchers de Nantes Sud Loire au défilé de la Mi-Carême (devenu Carnaval), Nantes 1950

Introduction

Née en 1938, dans mon enfance après la guerre, j’ai vu la préparation d’un char fleuri pour la mi-carême que les maraîchers de Nantes Sud Loire, alors nombreux, venaient faire sous le hanger de mon père, Georges Halbert, seul immense bâtiment du quartier. La mi-carême était alors le nom de ce que l’on appelle aujourd’hui carnaval. Les chars étaient encore souvent tractés par des chevaux, mais bientôt les moteurs devaient tout tracter. Ce char était construit sur l’ancien immense charette de la taille d’un camion de mon père, qui avait depuis peu d’années un camion moteur.

confettis et serpentins

Outre les chevaux et le nom de mi-carême, les confettis et les serpentins sont en voie de disparition par interdiction. Mes parents nous emmenaient voir le défilé en ville et nous donnaient un sac de confettis et de serpentins. C’était si amusant de les lancer, surtout en famille. Mon char préféré était celui du boeuf, qui était manifestement le plus célèbre personnage du défilé, bien devant la reine.

chars encore tractés par des chevaux

fin des années 40 et début des années 1950, les moteurs n’ont pas encore pris le monopole de la traction, et dans Nantes Sud Loire, il y a encore quelques chevaux, et même un marchand de chevaux. Mais c’est bientôt la fin de ce mode de traction. Les chevaux étaient beaucoup plus beaux à voir, tractant les chars dans un défilé de carnaval, qu’un moteur !!!

le hangar Halbert à la Croix des Herses

Avant le pétrole, les grains et fourrages de milliers de chevaux : la maison Halbert, Nantes

Le hangar de bois était immense (ici à droite en bas, avec 2 couleurs de toiture). Non seulement il était profond, mais il était très haut, avec aussi un étage où il y avait quelques machines pour la fabrication des paillassons, que les maraîchers utilisaient alors bien avant la transformation en serres de toute la ville de Saint Julien de Concelles par les maraîchers.

j’ai joué dans ce hangar après la seconde guerre mondiale

Oui, toute petite fille, j’ai joué dans les bottes de foin, alors ces bottes rectangulaires, derrière lesquelles on pouvait se cacher. Mais dans la cour, il y avait une merveilleuse cabine avec des instruments de pesage, pour mesurer le poids des camions, avant et après chargement. Cela s’appelait un pont bascule, et bien sûr je n’ai accédé à cette cabine qu’une fois, en présence d’une grande personne, car cela n’était pas permis aux enfants. Des ponts bascules existent toujours.

c’était devenu dangereux pour les enfants

J’étais l’aînée, mais c’était devenu dangereux car il avait une immense cuve dans la cour pour sulfater les paillassons et un jour l’un d’entre nous y est tombé. C’est alors que fut construit ce mur pour nous séparer de la grande cour et nous interdire d’aller jouer partout. On voit ce mur encore sur la photo qui suit, juste devant la porte de la maison.

 

 

Le 8 août 1998 à 15 h 10 mon appartement est totalement cambriolé en entrant par la terrasse au 7ème étage faisant un trou dans la double vitre. De retour à 17 h je découvre l’horreur. Effrayée, je cherche immédiatement l’aide de voisins. En bas, une porte s’ouvre, et la femme me lance pour toute aide : « Partez d’ici, vous n’êtes pas de notre monde ! ». Quelques jours plus tard, une autre voisine, maraîchère du quartier st Jacques de Nantes sud Loire, en retraite, me dit en long et en large sa haine des Halbert, haine qu’elle colportait, ignorant qu’en janvier 1956 je n’avais plus que le nom, rien d’autre.   

Crue de la Loire, Saint-Sébastien-sur-Loire 19 février 2026

Introduction

Au fond on n’aperçoit plus beaucoup le pont de Bellevue à cause du mauvais temps, mais d’ordinaire je le vois et je ne vois que des pelouses de l’île et son second terrain de golf.

plante envahissante à Saint Sébastien sur Loire

Mais la photo ci-dessus montre l’ampleur de cette plante envahissante des arbres, qui n’est pas du lierre et dont je ne connais pas le nom. C’est une feuille un peu triangulaire, assez large et arrondie, et surtout en ce moment il y a des baies violettes en grappes de 3 à 6 baies. En voici une photo :

Cela ressemble un peu au lierre des Colchide, mais pas tout à fait, ou bien lierre noir d’Irlance. Sans doute la famille des lierres est-elle large ?