Mémoire des victimes du naufrage du Saint-Philibert 14 juin 1931


Au cimetière Saint-Jacques à Nantes, il y a une immense tombe à la mémoire du naufrage du Saint-Philibert qui fit près de 500 victimes au retour de Noirmoutier le 14 juin 1931. Quand j’étais petite, chaque Toussaint mes parents s’y arrêtaient car elle était sur notre chemin, et nous contaient ce drame.

Cette tombe est toujours entretenue et fleurie par les services municipaux (photo en 2011). En fait cette tombe contient les 54 victimes non réclamées par de la famille. Ces victimes « sans famille » avaient d’abord été inhumées dans divers cimetières Nantais, dont Toutes-Aides, puis la ville de Nantes eu la bonne idée de les regrouper et rassembler toutes les 84 au cimetière Saint-Jacques.

Le 14 juin 1931 naufrage du Saint-Philibert sur le site de la Cote de Jade, très riche de photos et documents
et plus bref sur Wikipedia

les loisirs en 1931 

Les ballades en voiture n’existent pas encore, car la France ne compte que 201 000 voitures en 1931, dont celle d’Edouard Halbert, le premier et seul en 1930 à posséder une voiture à Nantes Sud Loire St Jacques.
Mais le train existe, entre autres pour Pornic… ou l’été on peut prendre un bateau pour Noirmoutier.
Le Gois n’est pas encore pavé :
« Après un premier empierrement réalisé en 1868, le Gois est consolidé, balisé puis empierré dès 1924. Le pavage de la chaussée et la construction des balises-refuges interviennent entre 1935 et 1939 achevant de transformer le gué d’origine en voie d’accès à l’île mais aussi aux parcs ostréicoles de la Baie de Bourgneuf proches de cette voie. Le passage du Gois entre alors définitivement dans la légende attirant, chaque année, une foule impressionnante de curieux et de pêcheurs à pied. » 
On se déplace souvent en bateau et les Messageries de l’Ouest assurent beaucoup de liaisons par eau, plus nombreuses en été, et elles offrent même aux Associations des voyages spéciaux, à partir de Nantes, comme ce sera le cas avec l’association Loisirs au départ de Nantes sur le Saint Philibert.
Vous voyez sur leur annonce ci-contre qu’elles offrent plusieurs excursions qui étaient alors une découverte de loisirs pour la population Nantaise.

Nantes est une ville ouvrière, avec entre autres l’usine des Batignolles « offrant à une partie de son personnel des maisons individuelles avec jardin, l’accès à une école primaire, à un cinéma ou à un dispensaire. Alors que les cadres prennent possession de bâtisses en pierre, les ouvriers héritent de pavillons en bois au confort rudimentaire, et les célibataires, souvent étrangers, occupent des chambres dans des bâtiments collectifs ou des wagons désaffectés. Car l’Europe s’est donnée rendez-vous aux Batignolles, l’usine ayant recruté une partie de son personnel qualifié au-delà des frontières nationales, en Pologne comme en Allemagne, en Italie comme en Tchécoslovaquie ou en Autriche. »

 

 

Un dimanche à Noirmoutier, 1924 

Ma tante Odette Guillouard 15 ans est pensionnaire à Châvagnes à Nantes en 1924 et on lui impose la rédaction  : « racontez une belle journée »….  Je suppose que le temps employé était aussi imposé, car ce passé  que nous ne parlons plus me semble venu de très loin… Pour avoir bien connu ma tante, je puis vous certifier qu’elle ne parlait jamais ainsi, mais que ne lui a-t-on faire faire à l’école. J’appartiens à la génération qui n’a pas utilisé ce passé.
A travers ce récit je comprends pourquoi ma famille avait gardé un si grand souvenir du Saint Philibert, puisque mon grand père l’utilisait avec ses enfants, par chance, par beau temps… En 1924 Odette 15 ans, Robert 13, Thérèse 10 et Monique 4.

Mon premier voyage à Noirmoutier

Longtemps déjà papa nous avait promis un voyage sur mer, celui de Noirmoutier, et nous brûlions d’impatience depuis cette promesse de connaître ce nouveau pays et voici que ce jour si heureux et si ardemment attendu arriva.
Après avoir entendu la messe[1] de sept heures à la Bernerie, nous montâmes, papa, mon frère et moi à la gare  où nous devions prendre le train[2] de huit heures et demie.
Les billets pris, nous allâmes nous asseoir sur un banc car nous étions en avance de quelques minutes. A huit heures et demie le train arriva chargé comme de coutume de nombreux voyageurs. Après avoir freiné le train s’arrêta et le chef de gare cria de sa voix rude : « les voyageurs pour La Bernerie descendent , La Bernerie ». Les portières s’ouvrirent en grand nombre pour laisser passage à des gens descendant à La Bernerie. Nous montâmes donc dans un wagon[3] vide et nous entendîmes bientôt le sifflet, signal du départ. Nous ne fîmes qu’un petit voyage dans le chemin de fer, car nous ne nous sommes arrêtés qu’au Clion et puis ensuite à Pornic où nous devions descendre.
A la descente du train, nous nous sommes dirigés vers la porte de sortie, puis nous avons pris le chemin du bateau.
Nous passâmes par le port où les bateaux allaient et venaient sans cesse. Après avoir pris une sucette chez le patissier nous arrivâmes au bateau.
Neuf heures sonnaient lorsque nous prîmes place que le pont supérieur du bateau où déjà un certain nombre de personnes prenaient place. Nous attendîmes quelques minutes avant le départ du bateau lorsque tout à coup, le capitaine monta dans sa petite cabine. Le bateau siffla plusieurs fois, puis il démara. Nous sortîmes du port à une faible vitesse car nous accostâmes à la Noëveillard afin de prendre quelques personnes.
Vers neuf heures un quart, nous partîmes, en pleine mer pour ne plus s’arrêter qu’à Noirmoutier.
Le temps était radieux, la journée s’annonçait belle. Le ciel, couleur d’azur, ne présentait aucun nuage. La mer, loin d’être fougueuse et déchaînée semblait d’huile et le bateau ne secouait pour ainsi dire pas. Le trajet se fit sans encombre. Nous étions assis non loin des cheminées et de la chaudière, et nous voyions très bien le capitaine. La mer, boueuse à La Bernerie, moitié bleue à Pornic, devint bleu couleur du ciel, de plus en plus que l’on se rapprochait de l’île.
Plus le bateau avançait, plus l’île se découpait. En avançant toujours nous pûmes distinguer le bois de la Chaise, le grand Hôtel Beau Rivage. Le chemin se continuait toujours. Enfin nous voici arrivés. Le bateau fit une grande manœuvre et nous débarquâmes. Là, se trouvait des gens, un certain nombre, qui attendaient des voyageurs. Arrivés sur l’esplanade, une petit garçon, chargé de donner pendant la traversée des feuilles de réclame pour une hôtel, laissa tomber par mégarde sa casquette dans la mer, mais un bateau vint la prendre.
A la sortie de l’esplanade nous fîment notre entrée dans le bois. C’était charmant, ce petit coin était très pittoresque. A la sortie du bois, nous vîmes une grande plage s’étaler sous nos yeux occupée par quelques baigneurs.
Nous louâmes un sapin[4] qui devait nous mener au bourg même de Noirmoutier, mais il devait auparavant nous descendre à l’hôtel St Paul (ci-contre).
Arrivés à Noirmoutier, nous furent descendus auprès de l’église. Nous y entrâmes quelques secondes car c’était la grand’messe. Nous firent une petite promenade dans le bourg et nous visitâmes l’église la messe terminée, elle était très jolie. Elle renferme les restes de St Philibert mais comme la crypte était fermée nous n’avons pu visiter son tombeau. Ensuite nous avons pris le chemin de l’hôtel, car, je l’avoue, nous avions bien faim. Après avoir bien mangé, nous allâmes faire une promenade à pieds dans le bois. Il y faisait frais, il y faisait bon y respirer la suave odeur émanée par les pins ; nous avons examiné de près le phare rouge, nous avons vu un beau bateau à voile accoster.
Après s’être ainsi promenés, nous allâmes louer des ânes. L’on fit monter papa sur « La Parisienne », mon frère sur « Caroline » et moi sur « Martin ». Mon âne ne voulait faire que du trot et je l’avoue encore je n’étais pas très rassurée là-dessus.
Notre promenade à âne finie, nous nous sommes rafraichis puis nous envoyâmes des cartes postales. Quatre heures arriva bientôt, heure où le bateau retourne à Pornic. Nous partîmes très tranquillement prendre le bateau St Philibert. Assis sur le St Philibert, nous attendîmes le départ un bon moment. Notre attention se tourna vers la place près de laquelle sur la mer dormante de nombreuses périssoires[5] évoluaient. Une course de périssoires s’engageait, une dizaine participait au concours, mais les périssoires tournèrent près des rochers et ceux-ci nous interdisaient de suivre la course des yeux.
Après avoir fait entendre son appel, le bateau démarra et nous partîmes sur la mer encore plus tranquille et plus dormante que le matin.
Plus le bateau s’éloignait, plus l’île faiblissait à nos yeux, et, au contraire plus le bateau avançait plus la côte opposée devenait apparente.
Partis de Pornic sur le petit St Nazaire, nous revinrent à Pornic sur le grand St Philibert. Enfin après une heure de bateau nous accostâmes à Pornic à la Noëveillard. Nous allâmes à pieds jusqu’à la gare de Pornic où nous prîmes le train pour La Bernerie. Après un petit parcours de vingt minutes à peine nous entrâmes en gare de La Bernerie. De nouveau l’employé de gare crie : « les voyageurs pour La Bernerie descendent, La Bernerie ». Nous ouvrîmes la portière et nous descendîmes du train, nous sortîmes et nous partîmes heureux et contents du beau voyage de Noirmoutier.
Comme Noirmoutier est en face La Bernerie, j’essaie tous les jours à retracer les différents lieux où je suis passée car on voit très bien Noirmoutier de La Bernerie.
Odette Guillouard, non daté (mais ma famille situe ce voyage en 1924).
[1] Odette Guillouard est élève à Chavagnes, donc dans sa rédaction elle prend soin de noter un zèle religieux
[2] ce train existe toujours (voyez le site des TER Pays de Loire)
[3] non un « compartiment vide », car les wagons voyageurs de l’époque avaient de multiples portes latérales, une par compartiment.
[4] nom populaire du fiacre hippomobile, qui tire son nom du bois du véhicule
[5] canot

Un photographe de rue à bord 

Y avait-il un photographe de rues à bord du Saint Philibert lorsqu’il quittait Nantes à 6 h 30 pour Noirmoutier ? En effet, la France est pionnière de la photo de rues en 1930, et cette photo, transmise par Elisabeth, atteste une pose exceptionnelle car l’homme est seul (généralement en famille), il a une pose inhabituelle à l’époque, enfin la photo montre la bouée portant le nom SAINT PHILIBERT et est manifestement prise du pont inférieur, ce qui serait tout à fait un travail très rare en famille.
J’ajoute que ma famille a des photos de cette époque, mais bien moins nettes et plus posées en famille, donc j’émets cette hypothèse. Donc, je suppose qu’il y avait un photographe professionnel à bord, et que d’autres familles ont des photos de ce type. Si vous en avez vous pouvez les adresser (en supprimant les espaces : odile h @odile-h a lbert.com

Nombre et liste des naufragés 

Autrefois, seuls les adultes étaient comptés à l’embarquement, et ils étaient 457 à  bord, mais ils avaient avec eux des enfants, et même beaucoup, d’où le nombre plus élevé de victimes car les enfants étaient nombreux.
Liste des victimes sur Geneanet

Identification des victimes 

Certaines victimes ne furent identifiées que des mois plus tard. Voici l’exemple de Charlotte Martinetti épouse Tableau dont le père, corse né à Tasso fut gendarme à Douarnenez :


Etat-civil de Nantes 4°C : « Le 26 décembre 1931 nous retranscrivons le décès dont la teneur suit : Extrait du registre des actes de décès de la commune du Croisic (Loire-Inférieure) le 26 juin 1931 à 13 h 30 minutes nous avons constaté le décès d’une personne de sexe féminin qui a été trouvée ce jour en mer au large du phare de la Banche, par le bateau de pêche « Sam Both » n°612 de St Nazaire-Le Croixic, patron Jean Lehuédé, domicilié au Croisic, et dont l’identité n’a pu être établie. Le signalement est le suivant …. Dressé le 26 juin 1931 à 14 h sur la déclaration de Pierre Belliot, 41 ans, garde-champêtre, domicilié au Croisic, qui, lecture faite, a signe avec nous Auguste Masson, maire du Croisic – Mention en marge : Rectifié par jugement du Tribunal Civil de première instance de l’arrondissement de Saint-Nazaire, rendu le 4 décembre 1931, en ce sens que l’acte de décès ci-contre s’applique à Charlotte Martinetti, née le 3 octobre 1891 à Douarnenez (Finistère) de François et de Marie Antoinette Moracchini, épouse de Tableau Félix Joseph, institutrice publique, domiciliée à Nantes 25 avenue du Grand Clos, décédée en mer le 14 juin 1931 lors du naufrage du vapeur Saint-Philibert » Son corps est donc retrouvé le 26 juin au large du Croisic et on trouve son inhumation le 29 octobre 1931 au cimetière Miséricorde à Nantes, mais le jugement civil  n’est que le 4 décembre. J’ignore comment la famille a participé à l’identification… et je suppose que les frais, certainement élevés de transport des corps etc… étaient pris par les pouvoirs publics…

Seconde vie du St Philibert 

Renfloué et transformé en remorqueur sans les 2 ponts pour passagers en promenade, et rebaptisé « les Casquets », il part d’abord à Bayonne transporter des marchandises sur l’Adour. Il n’y restera pas, regagnera la Bretagne, sous divers noms, et ne sera désarmé qu’en 1979, soit 48 ans après son naufrage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le procès


Malgré une certaine lucidité en cour d’appel : « le Saint-Philibert était un bateau de rivière et d’estuaire, qui ne  possédait aucune des qualités nautiques pour effectuer par gros temps une excursion en mer avec un aussi grand nombre de passagers à bord »
la Cour d’Appel ne fera qu’enterriner purement et simplement la parodie de justice du tribunal civil de Saint-Nazaire et aucun responsable ne sera poursuivi…

 

 

 

René Gadel, 43 ans, boulanger 118 rue Saint Jacques : une des victimes de l’accident terrible des 24 h du Mans, 1955

En ce 12 juin 1955, j’allais sur mes 17 ans, la TSF avec ses grosses lampes était le seul moyen d’information, mais elle avait vite raisonner dans tout le quartier Saint Jacques à Nantes. Notre boulanger, René Gadel, ne reviendrait pas du Mans, car un accident terrible venait de s’y passer. Les infos circulaient alors très vite car les grandes surfaces ne sévissaient pas encore, et le réfigérateur nous était alors encore inconnu. Chaque matin nous devions faire les courses ; lait, viande, pain etc… Alors dans le quartier l’écho du drame des 24 h du Mans résonnait.

Certes, je n’ai jamais vu René Gadel, car c’était toujours la boulangère derrière le comptoir. Mais chaque année, lorsque j’entends à la télé parler des 24 h du Mans, j’ai d’abord la mémoire de René Gadel, parti les voir et jamais revenu.

Il fut inhumé le 12 août suivant au cimetière Saint Jacques à Nantes, boulanger 118 rue Saint Jacques, à l’âge de 43 ans. Son acte de décès ne figure pas sur le registre de la ville de Nantes, sans doute car il est décédé au Mans, des suites de l’accident, qui a fait plus de 82 morts et 120 blessés. Selon Wikipedia c’est le plus grave accident du sport automobile.

Si il y a un sport que je regarde jamais c’est bien celui là, mais quand vient la mi juin, cette année c’est ce 20 septembre pour raison de la pandémie, je n’oublie pas ce terrible accident. Cette année, il semble que le public ne risque rien car il n’y en a pas, du moins c’est ce que j’ai cru comprendre, et je me suis même fait la réflexion : le public ne risque rien.

 

La course aux grenouilles, départ 14 h 30 à la Croix des Herses, Nantes lundi 12 mai 1913

J’ai cherché la course aux grenouilles sur internet et seulement trouvé des vrais grenouilles et des contes. En y réfléchissant, je me suis dit que les grenouilles sautaient, et qu’en 1913, ce qu’on a appelé à Nantes Sud Loire « la course aux grenouilles » c’était une course en sac.  Autrefois la course en sac était en vogue pour adultes et elle fit même une apparition, certes non homologuée, aux J.O. en 1904 aux USA. De nos jours, elle est seulement un jeu de plein air pour les enfants. La course aux grenouilles de la Croix des Herses en 1913 était à 14 h 30, juste après le déjeuner et on sautait donc pendant la digestion !!!

Le poids des sacs était de 100 kg

En 1913 le sac de farine, tout comme le sac d’avoine pour les chevaux, fait 100 kg. J’ai 2 témoignages dignes de foi, qui m’ont transmis leur existence. Lorsque j’ai autrefois trouvé du travail à Nantes, c’était place François II à la Biscuiterie Nantaise et on y produisait encore des biscuits bien que de nouvelles usines, plus modernes aient été fondées à Vertou et Compiègne. Place François II existait encore la production à l’ancienne car sans silos et on voyait les innombrables sacs de 50 kg de farine. Je rentrais le soir par le tram, et à l’arrêt, je cotoyais une ouvrière très ancienne à BN, qui me racontait que les sacs de 50 kg en 1970 n’étaient que la moitié de ceux qu’elle avait connu dans sa jeuneusse, ceux de 100 kg.  J’ai au aussi des contacts avec un cousin issu de germain de mon papa, Michel Halbert qui a beaucoup échangé avec moi. Il me racontait  ses débuts dans la farine, et le poids des sacs. Michel Halbert était un homme très droit et digne de foi.
De nos jours, même les sacs de 50 kg sont interdits, et seul celui de 25 kg est autorisé. Notre monde évolue, et plus le travail s’est allégé, plus on fatigue vite, c’est du moins, ce que j’ai cru entendre ces derniers temps… sans toutefois comprendre…

Et des sacs, il y en avait à la Croix des Herses.

En 1913, Edouard Halbert est marchand de fourrages et avoine. L’avoine était alors en sac de jute de 100 kg. Il y avait encore des chevaux, mais la voiture commençait à leur enlever le travail et ils allaient disparaître de la traction des véhicules… Mais en 1913, il y avait des sacs de jute à la Croix des Herses… et c’est ainsi que le programme des fêtes de 1913, aux très nombreuses animations, donnait à 14 h 30 lundi 12 mai une course aux grenouilles à la Croix des Herses. Maintenant, je vais vous décrire les lieux à l’époque.

Les égouts empestent la route de Clisson

Je vous ai raconté que la route de Clisson était considérée comme « rurale » par la ville de Nantes : La ligne des nouveaux ponts : disparition des habitants de la Croix des Herses -Nantes 1930-1966

En 1901 il n’y avait aucun égoût et le quartier était une telle puanteur que le journal Le Phare de la Loire en parle le 10 juillet 1901. Je suppose que le crotin des chevaux  était ramassé pour fertiliser les terres maraîchères. Mais leurs urines devaient bien partir sur la rue, tout comme les déjections humaines.
Selon le journal, les déjections puantes étaient parfois curées par les cantonniers, mais ils se contentaient de les mettre sur le bord, et non de les enlever. Les habitants de la Croix des Herses se plaignent de payer les mêmes impôts que la rue Crébillon, mais n’ont pas les mêmes avantages.

En 1909 un certain BILLOT s’est même installé route de Clisson pour vendre ses fosses sceptiques à défaut de tout à l’égout et il fait sa publicité dans les journaux pour inciter certains à installer une fosse sceptique.
Par ailleurs, c’est en 1913 que MARLY, le miroitier qui fait aussi des salles de bain, s’installe à la Croix des Herses.

Et les animaux vagabondent

Même après la seconde guerre mondiale, les animaux vagabondent et les boeufs ne sont pas en reste. Et l’hôtel de la Maison Rouge leur sert de fourrière, sans doute car il y a une écurie pour les installer provisoirement.
Ainsi, non seulement on trouvait encore des boeufs sur la cote, mais il y en avait à Nantes en 1945 ! Voyez mes précédents articles sur les boeufs :
Les boeufs pour mettre à l’eau le bateau : Le Pouliguen 1910
Quand les boeufs tiraient le canon : Angers 1609

Vaches et chiens ne sont pas en reste.

 

 

Le chemin des Herses en mauvais état

Le chemin de la Gilarderie que j’ai connu dans les années 1945-1956, qui est devenu rue Georges le Mevel, n’est alors qu’un véritable chemin, trop étroit pour les voitures et en mauvais état. La maison où j’ai habité est tout juste construite par Edouard 1er Halbert, pour y finir ses jours, laissant la maison de la route de Clisson à son fils Edouard II. Cette maison débute la rue, existe encore, et  je vous en ai parlé :  La ligne des nouveaux ponts : disparition des habitants de la Croix des Herses -Nantes 1930-1966

Programme des fêtes de la route de Clisson 12 et 13 mai 1913

La fête du muguet n’existait pas encore sous ce nom en 1913. Elle a remplacé des fêtes de mai qui ne portaient pas encore ce nom de « muguet »
La fête du muguet avait lieu le 1er dimanche de mai avant 1948, date à laquelle le 1er mai est devenu fête du travail jour férié.
Une seule fête du muguet à Nantes et environs. Elle fut en 1922 à Pont-Rousseau, mais c’était le comité des fêtes de Nantes
Les cartes postales de 1922 sont toutes à Pont-Rousseau, car une seule fête à Nantes.
Il ne semble pas qu’il y ait existé une fête du muguet chaque année, du moins selon la presse.
D’autres villes ont fêté le muguet, et plusieurs sont sur Internet … Compiègne … Je viens de passer quelque temps sur les journaux de l’époque pour y voir les fêtes à Nantes Sud Loire, et je transmets le résultat à l’Association Nantes Sud qui en fera bon usage, mais je voulais vous parler de la course aux grenouilles car c’était l’une des innombrables distractions à la Croix des Herses de mon coeur !

DIMANCHE 11 MAI. – A 13 h 30 réception de la musique place Pirmil ; à 15 heures, réception par le Comité des fêtes des autorités de Nantes et de Saint-Sébastien au café Clergeau, route de Clisson, Chapeau Vernis (Les personnes qui désireraient y assister sont priées de retirer leur carte an café Clergeau.).
De 14 à 16 h 30, dans la prairie formant l’angle de la route de Clisson et du chemin Mauvoisin, kermesse de bienfaisance avec tombola gratuite au bénéfice du « Secours Immédiat Nantais ». Attractions diverses : exercices de gymnastique par la « Doulonnaise », concert par « La Lyre Fraternelle », « L’Antre des Sorciers » présentée par le professeur Bridge, comptoirs de fleurs, de surprises, de pêche à la ligne, etc.
Le billet d’entrée à la Kermesse donne droit au tirage de la tombola gratuite dont les principaux lots sont : un billet de 100 francs, un billet de 50 francs, un louis de 20 francs (billets en vente dans tous les bureaux de tabacs). Deux billets sont exigibles pour l’entrée à la Kermesse.
A 16 heures, au Chapeau-Vernis : lâcher de pigeons par le « Sport Colombophile ».
Le soir à 20 h 30 retraite aux flambeaux ; à 21 h 30, feu d’artifice.
Toute la Journée : bals dans les différents établissements ; jeux divers.
Au Lion d’Or, grande fête foraine ; exercices de gymnastique, concerts par « l’Avenir Musical ».
LUNDI 12 MAI. — Fête foraine et sportive ; bals. r
De 14 h à 18 h : Fête de gymnastique.
A 14 h : 1re course cycliste par le Vélo-Club Nantais (30 kilomètres). Départ : la Gilarderie.
A 15 h 30 : 2e course cycliste réservée aux Jeune gens du pays (20 kilomètres). Départ du Lion d’Or.
A 17 h : 3e course cycliste de vitesse par le Vélo-Club Nantais. Départ : la Gilarderie. (Arrivée des trois courses au Chapeau Vernis).
A 15 h. : course à pied (libre), départ route de Clisson (Croix des Herses), arrivée La Gilarderie.
A 14 h 30 : course aux grenouilles , départ : Croix des Herses ; à 16 h t courses à la bougie, départ : route de Clisson, chemin Mauvoisin.
Nombreux prix pour toutes les courses. Les inscriptions sont reçues au siège du Comité, café Quaireau, Le Lion d’Or, route de Clisson.
A 17 h. : La Gilarderie, jeu de la poële.
Pour les deux jours de fête le Comité organise entre les habitants du Quartier un grand concours de décoration et d’illuminations. Prix importants décernés par un jury spécial.
Lundi matin 9 h 30 : tirage de la tombola, café Jaunin, La Gilarderie.

Tout sur la Croix des Herses
La ligne des nouveaux ponts : disparition des habitants de la Croix des Herses -Nantes 1930-1966
Histoire de la Croix des Herses, Nantes
1815 : Mathurin Bonnissant, premier investisseur quartier Saint Jacques 
1840 : Les pierres réutilisées du moulin des Gobelets 
1840-2019 : Histoire du passage devenu « terrain abandonné » : rue Georges Lemevel, Nantes
1890 : les pâtes alimentaires ne vont pas manquer
1835-1901  : Les 6 moulins des Gobelets : Nantes Saint Jacques   –    Les moulins des Gobelets en 1835 (suite) : Nantes Saint Jacques   –   Les Gobelets, sans les moulins, devenus ouvriers : 1936     –     Le dernier meunier des Gobelets encore en action en 1901, Nantes Gobelets    –   Le dernier meunier des Gobelets encore en action en 1882, Nantes chemin de la Ripossière     –   Les meuniers des Gobelets encore en action en 1861, Nantes chemin de la Ripossière   –   Les meuniers des Gobelets encore en action en 1851, Nantes chemin de la Ripossière
et j’ai encore beaucoup d’autres articles sur NANTES SUD LOIRE que vous trouvez toujours en allant à NANTES SUD LOIRE sur mon blog
La miroiterie Marly route de Clisson, Nantes dès 1913

La ligne des nouveaux ponts : disparition des habitants de la Croix des Herses -Nantes 1930-1966

De 1945 à 1956 j’ai vécu à la Croix des Herses à Nantes, n°2 chemin de la Gilarderie, aujourd’hui rue Georges Le Mevel, face au n°9 route de Clisson. La chambre était très mansardée. Un jour une grande tache apparut sur le platre au dessus de ma tête, et j’entendis mon père dire que les travaux étaient impossibles : nous étions frappés d’alignement, car la ville de Nantes avait un projet de « nouvelle ligne des ponts ». En 1970, j’ai pu revenir à Nantes après tant d’années passées au loin, mais je ne reconnaissais plus la ville de Nantes :  la place Pirmil, le côté gauche de la rue St Jacques et toutes les maisons de la Croix des Herses, avaient été détruites pour laisser place à de grands axes de circulation. Et, comble d’ironie, la maison de mon enfance était et est encore là, faisant face à ligne des ponts !

La Loire à Nantes

Ayant un peu vécu et travaillé à Cologne, j’admirais les ponts sur le Rhin, déjà nombreux dans les années 1955. Si j’étais si admirative c’est que Nantes ne possédait alors qu’un pont, celui de Pirmil. Le Rhin était encombrée de péniches et la Loire déserte !  Maintenant j’ai compris que la Loire est 2 fois plus large que le Rhin et qu’elle a plus de bras, et pire, à Nantes elle subit la marée et même beaucoup. En outre, elle est moitié sable moitié eau et le sable, surtout avec la marée, adore se déplacer. La Loire reste le fleuve le plus sauvage d’Europe, mais la ville de Nantes a mis plusieurs décennies avant de réaliser une seconde ligne de ponts alors que dès 1815 des Nantais créaient de nouvelles activités route de Clisson, et même plusieurs usines dans les années 1911. En 1924, lors de l’écroulement du pont de Pirmil,  ces industriels qui se trouvaient désavantagés par l’étranglement que constituait le pont de Pirmil surchargé de trafic, pire, écroulé et remplacé par une passerelle de bois pendant 2 ans, poussèrent la ville de Nantes à entreprendre une seconde ligne de ponts, qu’elle finit par entreprendre après la reconstruction du pont de Pirmil dès les années 1930 . Mais la seconde guerre mondiale coupa net ses efforts.

les expropriations déjà en 1937

Mes parents savaient même avant de se marier en 1937 que la maison où ils vivaient serait expropriée, car elle était assise à la Croix-des-Herses. La presse ancienne, qu’on peut lire en ligne, regorge de références sur ce projet, toujours nommé « Croix-des-Herses » car ce lieu-dit était l’aboutissement de la nouvelle ligne de ponts. Mes parents et tous leurs voisins de la Croix-des-Herses, avaient cette épée de Damoclès au dessus de leur tête. Voici la preuve que les expropriations ont commencé bien avant la seconde guerre mondiale.

Voici l’avenue Carnot en 2023, au coeur de la ville de Nantes, là ou un mini pont rejoint la place de la duchesse Anne et le chateau. Elle commence la nouvelle ligne de ponts qui mêne à la Croix des Herses.

Le journal de 1937 parle de cette deuxième ligne de ponts, car les expropriations ont commencé. Mes parents, tout juste mariés n’habitent pas encore la maison de la Croix des Herses, où vit leur grand mère Allard née Moreau, dans la maison Halbert, que nous allons habiter à notre retour fin 1944 de la poche de Guérande où nous étions réfugiés. Ainsi, en lisant en 2023 le journal de 1937, j’apprends que mes parents ont toujours vécu dans une maison frappée d’alignement, et c’était dans la presse, seulement la ville de Nantes a mis plusieurs décennies avant de faire son plan définitif, d’où l’incertitude dont celle de mes parents.

la future ligne parle du boulevard Bonne-Garde et de la Croix-des-Herses

Bien avant (et non après comme le raconte à tord Wikipedia) la seconde guerre mondiale, le nombre d’habitants, et surtout plusieurs activités industrielles, se développe à Nantes Sud. Le pont de Pirmil est submergée. La ville de Nantes élabore un plan de « nouvelle ligne de ponts » jusqu’à la Grèneraie puis rejoignant la route de Clisson à la Croix des Herses. Le projet, mis en sommeil pendant la guerre, reprend ensuite, et un arrêté ministériel approuve même le projet le 26 août 1948. La presse en fait grand bruit bien entendu, etles futures victimes savent encore qu’un projet existe mais sans savoir si elles seront mangées et à quelle sauce, car le tracé n’est pas définitivement établi. Le projet sommeille quelques années durant lesquelles, grâce à la presse, de nombreux propriétaires de la route de Clisson vivent comme futurs frappés d’alignement, mais sans savoir pour certains s’ils en seront victimes ou non. Les maisons et surtout les terres sont invendables. Durant toutes ces décennies de suspense pour ses habitants frappés d’alignement, aucune maison, aucune terre n’est possible à l’achat et vente. Les propriétaires sont bloqués, comme partout en France, dans tous les projets d’expropriation, qui parfois durent des décennies comme celui de la Croix-de-Herses. Les habitants de Nantes Sud ont aujourd’hui oublié ce cauchemar qu’ont subi tant de propriétaires, l’épée de Damoclès au dessus de leur tête !!! Tandis que d’autres, plus loin, peuvent spéculer, devant le développement de la ville au Sud !!!

le pont de Pirmil

Mes grands parents Edouard Guillouard et Aimée Audineau, aimaient tellement le pont de Pirmil, qu’ils avaient ce tableau dans leur salle à manger. Il était le symbole de Nantes Sud Loire. Il existe beaucoup de tableaux de cette même représentation. Mais peu le montrant vu de l’autre côté, qui developpe mieux cette longueur de 245 m, dans les sables et eaux très mouvantes.

Le voici reconstruit le 28 janvier 1926, les piétons sont déjà autorisés à s’y promener et le découvrent avec plaisir, peu avant les véhicules, qui passeront une semaine plus tard. Cette surprenante photo est sur le journal Le Populaire de Nantes, et on y voit clairement le pont métallique qu’on a mis si peu de temps à construire que cela signifie que la ville de Nantes n’a rien fait pour le sud auparavant, car on savait bien construire en France de tels ponts métalliques et elle s’est contenté de son vieux pont de pierre. Cela signifie que la ville de Nantes avait un réel mépris (oubli conscient) de son Sud Loire, jusqu’à ce qu’il soit coupé par l’effondrement du pont de pierre le 26 mai 1924.

En 1955, le pont de Pirmil, reconstruit après la seconde guerre mondiale : on voit encore la place Pirmil, les maisons cote St Sébastien, et les cheminées de l’hôpital. Née en 1938, j’ai vécu la passerelle après la démolition du pont pendant la guerre. On devait aussi ensuite aller jusqu’au pont Transbordeur, pour gagner le centre ville de Nantes, et c’était impressionnant de prendre cette nacelle, pour la petite fille que j’étais. Mais ma maman adorait aller en ville et malgré toutes ces difficultés, elle a réussi à nous y emmener.

 

le lieu-dit la Croix-des-Herses

Le lieu-dit la Croix des Herses était autrefois sur Saint Sébastien tout comme Vertais, Pirmil et Sèvres. La première mention que j’en trouve sur Nantes est dans le recensement de 1825, et tout comme les recensements qui vont suivre durant le 19ème siècle, les recenseurs, débutaient la route de Clisson par un une page signifiant qu’on était maintenant à la campagne et non plus en ville. Le paysage devait beaucoup changer quant on dépassait le cimetière Saint-Jacques et qu’on ne voyait que moulins et jardins maraîchers. Pratiquement, c’était alors devenu le lieu d’investissements car des terrains il y en avait. Et mon ancêtre Mathurin Bonnissant qui vendait des menues denrées à Chantenay, c’est à dire qu’il fournissait de vivres les bateaux en partance, avait acquis la croix des Herses, et le voici sur le recensement de 1825, clairement nommé « les Herses ».

La Croix-des-Herses était un tel lieu-dit que les habitants de la route de Clisson, proche du lieu-dit, préféraient donner leur adresse à la Croix-des-Herses plutôt que leur numéro et la route de Clisson, ainsi aux journalistes relatant un fait-divers (ci-contre), y compris dans les innombrables avis d’état civil dans les journaux.

Ces Nantais habitaient la Croix des Herses comme aujourd’hui des Nantais habitent les Dervallières, Malakoff etc…

 

 

 

 

Mais en 1966, la nouvelle ligne des Ponts achevée, et la pénétrante sud qui s’y ajoute, ont supprimé l’espace géographique du lieu-dit la Croix-des-Herses.

 

 

 

 

 

 

Comme Pirmil et le Lion d’Or, autres lieux-dits de Nantes sud Loire, la Croix-des-Herses vivait 2 fois par an les fêtes de Carnaval et des Vendanges, ici, ci-contre le programme de 25 septembre 1938 pour la fête des vendanges à Nantes au Sud de la Loire : à la Croix des Herses couses des Débrouillards pour les jeunes, et course du meilleur buveur, sans doute pour les adultes !

Le journal de 1927, que nous avons vu ci-dessus, disait bien « le lieu-dit la Croix-des-Herses » et la carte ci-dessus de Geoportail donne bien le nom encore en 2020 (à gauche) et donne à droite la vue en 1950 avant les expropriations.

Mais voici l’horible carte de l’OAP (PLUM) de la ville de Nantes, en ligne sur son site en avril 2023, sur laquelle le peu qui restait du lieu-dit la Croix-des-Herses est baptisé Mevel, et le lieu-dit Lion d’Or vient remplacer la Croix-des-Herses au lieu de rester plus loin. Ainsi, la ville de Nantes a non seulement rasé en 1966 un lieu dit mais elle en a rasé le nom et l’existence du passé !!!

les expropriés de la route de Clisson en 1946

Ce n’est qu’en 1954 que les habitants de la Croix-des-Herses sont exactement fixés sur les parcelles concernées par l’expropriation. Ils créent une association pour défendre leurs intérêts, et son siège est à l’hôtel de la Maison Rouge, l’une des victimes.

L’hôtel de la Maison Rouge, à gauche, fermé, et la maison à droite seront les derniers démolis, et la photo est juste avant démolition. On y voit encore l’arrêt d’autobus qui portait le nom de « Croix-des-Herses » car les transports en commun utilisent le plus souvent le nom des anciens lieux-dits. Je vous écris bientôt ici l’histoire de cette maison à droite de la photo.

En 1946, on a encore le bonheur de pouvoir ses courses à proximité, car Edouard Leclerc n’a pas encore sévi. En tant qu’aînée j’avais le devoir chaque matin de me lever 1/2 heure avant les autres, et je rapportai mon bidon de 5 litres de lait et le pain de 4 livres. C’était tout près ! C’était certes du lait qu’il fallait faire bouillir aussitôt avec l’anti-monte-lait, et je n’aimais pas la crême dessus, mais on n’avait pas besoin de voiture pour aller faire ses courses.

Grâce au recensement de 1946 en ligne sur les Archives de la ville de Nantes, je tiens ici à rendre hommage à tous ces disparus de la carte de Nantes. Je les ai fait figurer en rose : à gauche du tableau le n° route de Clisson, pair à droite en sortant – nom de famille – prénom du chef du foyer – sa date de naissance – sa profession. Notez hélas que les épouses sont notées par le nom de l’époux à l’époque et souvent notées « sans profession », terme affligeant de l’époque pour les femmes au foyer.

2 Haury Léon chef 1900 jardinier
Haury Louise épouse 1900 jardinière
Haury Louise fille 1927 néant
Haury Benjamin fils 1930 jardinier
Haury Léon fils 1928 jardinier
Haury Jean fils 1931 néant
Haury Paul fils 1933 néant
Haury Charles fils 1935 néant
Haury Joseph fils 1937 néant
Olivier Jean employé 1925 jardinier
3 Boureau Gilles chef 1891 miroitier
Boureau Marie épouse 1901 néant
Boureau Anne Marie fille 1922 employée
Boureau Lucienne fille 1924 néant
Boureau Alain fils 1928 néant
3 Dénécheau Marie Louise chef 1869 néant
5 Gaudin Emile chef 1896 restaurateur
Gaudin Marguerite épouse 1896 restaurateur
Gaudin Emile fils 1924 restaurateur
Perrochaud Joseph pensionnaire 1906 maçon
Gendronneau  Léon pensionnaire 1916 pointeur
Gautier Léon chef 1874 viticulteur
Gautier Marie épouse 1880 néant
Gautier Léon fils 1918 SNCF
Leroux Gaston chef 1924 cordonnier
Artus  Louise chef 1925 employé PTT
Lebrun Julien chef 1908 cultivateur
Cesbron  Georgette chef 1918 néant
6 Demarchi Antoine chef 1884 mécanicien chef
Demarchi Marie épouse 1889 néant
Demarchi Hélène fille 1923 dactylo
7 Halbert Madeleine chef 1886 néant
Halbert Marie Louise fille 1914 néant
Leduc Anne petite fille 1938 néant
8 Burgaud Léon chef 1903 camionneur
Burgaud Marie Anne épouse 1917 néant
Cottenceau Aimé chef 1909 ajusteur
Cottenceau Madeleine épouse 1911 manutention
Duret Edmond chef 1895 manœuvre
Duret Reine épouse 1899 néant
Duret Yvonne fille 1927 néant
Boisselier Philomène chef 1876 néant
Boisselier Roger fils 1912 menuisier
Salleron Jean chef 1891 cordonnier
Salleron Armande épouse 1895 néant
Salleron Ernest chef 1918 ajusteur
Salleron Gilberte épouse 1920 fourreuse
Ménard Henri chef 1881 ajusteur
Ménard Gabrielle épouse 1886 néant
Ménard Gabrielle fille 1918 mécanicienne
Renaud Marie chef 1884 ravaudeuse
Fonteneau Marie chef 1888 néant
Guicheteau Anne Marie chef 1885 néant
Guicheteau Anne Marie chef 1907 aide infirmière
Guicheteau Michel fils 1939 néant
Guicheteau Hubert fils 1941 néant
12 Grolleau Jacques chef 1921 boulanger
Grolleau Denise épouse 1921 emplouée commerce
Grolleau Joël fils 1946 néant
Bourget Marie chef 1881 néant
Bourget Roget petit fils 1939 néant
12bis Terrien Emile chef 1902 boucher
Terrien Anna épouse 1907 bouchère
Terrien Renée fillle 1937 néant
13 Gaultier Gabriel chef 1907 glaceur
Gaultier Jeanne épouse 1911 giletière
Gaultier Jean fils 1932 néant
Gaultier Jocelyne fille 1935 néant
Hivert Marie chef 1893 néant
Hivert Henriette fille 1921 aide comptable
Hivert Jean fils 1925 électricien
Hivert André fils 1930 apprenti électricien
Bessonnet Germain chef 1898 tôlier
Bessonnet Auguste fils 1925 ajusteur
Friou Camille gendre 1920 mécanicien
Friou Germaine enfant 1925 commerçante
Friou Albert petit fils 1943 néant
Grelet Léon chef 1911 ouvrier spécialisé
Grelet  Marie épouse 1940 fille de salle
Sorin Auguste chef 1896 cheuffeur
Sorin Berthe épouse 1896 néant
Sorin Denise fille 1922 dactylo
Huchet Eugénie chef 1903 servante
Huchet Marie Thérèse enfant 1928 apprentie couturière
Huchet Eugène fils 1932 néant
Huchet Yvette fille 1936 néant
Huchet Gérard neveu 1938 néant
Berthe Albert chef 1902 fonctionnaire
Berthe Germaine épouse 1899 néant
Berthe Albert fils 1929 néant
Belet Lucie chef 1883 néant
Pelletier André neveu 1922 tourneur
Plouhinec Jean chef 1917 employé SNCF
Plouhinec Pierre chef 1914 jardinier
Plouhinec Germaine épouse 1908 néant
Plouhinec Alain fils 1973 néant
Lesault Gilbert chef 1892 employé SNCF
Lesault Eugénie épouse 1893 néant
Lesault Annick fille 1929 néant
Lesault Guy fils 1932 néant
Lesault Yolande fille 1936 néant
Bonnet Marie chef 1889 néant
Perraud Léon gendre 1916 typographe
Perraud Madeleine fille 1914 employée commerce
Faucheux  Marie chef 1907 infirmière
Retière Joseph chef 1897 gardien de la paix
Retière Amélie épouse 1893 néant
Retière Yvette fille 1923 couturière
Retière Jean Claude fils 1937 néant
Favreau  Marcel chef 1889 manœuvre
Favreau  Angèle épouse 1895 néant
Favreau  Marcelle fille 1929 néant
Favreau  André fils 1960 néant
Dupont Raymond chef 1909 lithographe
Dupont Renée épouse 1905 néant
Dupont Yves fils 1946 néant
Stéphany Paul chef 1907 modeleur
Duteil Albertine domestique 1906 domestique
Thibaut Marcelle chef 1924 coiffeuse
15 Bureau Emile chef 1881 Md de chevaux
Bureau Anne Marie épouse 1871 néant
Bureau  Marie Claire fille 1942 néant
Bureau Bernard fils 1942 néant
16 Thibaut André chef 1896 scieur ajusteur
Thibaut Yvonne épouse 1902 néant
Thibaut Claude enfant 1930 apprenti
Thibaut Edith petite fille 1942 néant
16bis Redois Eugène chef 1871 gardien
17 Douineau Henri chef 1894 employé SNCF
Douineau Jane épouse 1890 néant
19 Poiraud Lucienne chef 1890 employé SNCF
Poiraud Marie épouse 1897 néant
Poiraud Eliane fille 1936 néant
20 Silvestre Jean chef 1908 gardien de la paix
Silvestre Yvonne épouse 1913 néant
Silvestre Fernand fils 1936 néant
Silvestre Jeannine fille 1939 néant
21 Basty Jules chef 1898 employé de banque
Basty Marie épouse 1898 néant
Basty Suzanne fille 1923 comptable
23 Grisillon Léon chef 1899 camionneur
Grisillon Léon chef 1870 gardien
Grisillon Anne Marie épouse 1865 néant
Petithomme Jean chef 1911 maçon
Petithomme Eugénie épouse 1915 démarcheuse
Petithomme Jacqueline enfant 1938 néant
25 Le Ster Charles chef 1905 coiffeur
Le Ster Jeanne épouse 1912 coiffeuse
Le Ster Jean Claude fils 1934 néant
Penmarun Jean beau-frère 1921 coiffeur
25bis Paquereau Victor chef 1905 manœuvre
Paquereau Maria épouse 1905 néant
Paquereau Léone fille 1930 néant
Paquereau Danielle fille 1943 néant
Paquereau Louise mère 1880 néant
26 Crespin René chef 1879 bourrelier
Crespin Isabelle épouse 1894 débitante
Guillard Paul chef 1895 menuisier
Guillard Marie épouse 1899 néant
Guillard Paul fils 1932 néant
26bis Boutin Pierre chef 1898 manœuvre
Boutin Yvonne épouse 1903 néant
Boutin Paulette fille 1928 néant
Boutin Yvonne fille 1931 néant
Boutin Pierre fils 1937 néant
Tendron Françis chef 1877 cultivateur
Tendron Angélique épouse 1888 épicière
Tendron Gabriel fil 1914 menuisier
Rozen Jean chef 1898 manœuvre
Rozen Marie épouse 1894 néant
Rozen Odette fille 1931 néant
Baron Henri chef 1909 tonnelier
Baron Madeleine épouse 1912 néant
Baron Yvette fille 1937 néant
Baron Claude enfant 1941 néant
Baron Jean Yves enfant 1944 bourrelier
Pasco Victorine chef 1895 néant
Pasco Pierre enfant 1923 tourneur
Pasco Jean enfant 1924 ajusteur
Morel Constance chef 1874 néant
27 Parois Eugène chef 1903 chef expédition
29 Parois Marcelle épouse 1906 néant
30 Pauvert Auguste chef 1890 manœuvre
Pauvert Célina épouse 1894 néant
Pauvert Michel fils 1923 comptable
Ganachaud Pierre chef 1871 néant
Ganachaud Lucie épouse 1873 néant
Avril François chef 1899 agent des douanes
Avril Clotilde épouse 1898 néant
Avril Georges fils 1921 néant
Avril Georgette fille 1928 étudiante
31 Baraud Olympe chef 1883 poissonnière
Guillot Simone chef 1906 employée SNCF
Guillot Eliane fille 1932 néant
Bouvet Désirée chef 1887 cuisinière
Bouvet Fernande fille 1914 couturière
Fleury Henriette chef 1892 femme de ménage
Fleury Jacqueline fille 1930 employé
Jousse Paul chef 1911 chauffeur
Jousse Paulette épouse 1917 néant
Jousse Paul fils 1939 néant
Huet Auguste chef 1864 néant
32 Bellisson Jeanne chef 1871 néant
Bellisson Madeleine fille 1899 néant
Bellisson Edmée fille 1903 néant
Bohers Germain chef 1921 gardien de la paix
Bohers Gilberte épouse 1924 néant
35 Cassard Ernestine chef 1878 néant
Hervouet Armandine domestique 1896 domestique
Bedier Louise chef 1905 gardien de la paix
36 Renault Georges chef 1863 industriel
Renault Henriette épouse 1890 néant
Fleurance Marguerite domestique 1887 domestique
38 Louis Marie chef 1887 couturière
Truhin Angélique domestique 1862 domestique
Tallé Albert chef 1868 néant
Tallé Clémentine épouse 1873 néant
39 Laigle Léontine chef 1876 néant
Guérin Paul chef 1912 employé commerce
Laigle Marie Anne chef 1875 néant
Corgnet Hélène domestique 1902 domestique
40 Fort Victor chef 1903 infirmier
Fort Léone épouse 1907 manutentionnaire
40bis Turbellier Léontine chef 1873 néant
Bertineau Charles chef 1927 étudiante
41 Couteau Léon chef 1895 constructeur
Couteau Marie épouse 1896 néant
Briand Thérèse cousine 1906 ouvrière
Dené Georges neveu 1926 ajusteur
Pasco Jean locataire 1924 ajusteur
42 Voisin Louis chef 1897 comptable
Voisin Jeanne épouse 1901 couturière
Voisin René fils 1923 néant
Voisin Andrée fille 1927 néant
Voisin Huguette fille 1932 néant
42bis Rane Rémy chef 1895 soudeur
Rane Léontine épouse 1895 comptable
Pineau Célestine tante 1865 néant
43 Ferrand Emile chef 1875 ébéniste
Ferrand Marthe épouse 1887 néant
Brossais Georges gendre 1908 agent technique
Brossais France enfant 1908 néant
44 Niglais Victor chef 1909 épicier en gros
Niglais Jeanne épouse 1912 néant
46 Vidy Robert chef 1917 recept. en cuirs
Vidy Odette épouse 1920 néant
Vidy Michel fils 1940 néant
Vidy Danielle fille 1942 néant
48 Mouillé Telcide chef 1872 néant
Mouillé Marcel fils 1898 représentant
Maugan Marie Josephe domestique 1892 domestique
49 Couvrand Joseph chef 1918 chaudronnier
Couvrand Fernande épouse 1916 néant
Couvrand Marie Thérèse fille 1942 néant
Couvrand Annick fille 1943 néant
Couvrand Jean Paul fils 1944 néant
Couvrand Maryvonne fille 1943 néant
Couvrand André chef 1908 chaudronnier
Couvrand Francine épouse 1912 néant
Courand Jeannine fille 1939 néant
50 Potin Albert chef 1908 débitant
Potin Yvonne épouse 1909 néant
Potin Yvonne fille 1935 néant
Potin Michelle fille 1936 néant
Potin Jeanne fille 1939 néant
Potin Simone fille 1942 néant
Pivert Madeleine nièce 1927 néant
Trique Antoinette chef 1914 néant
52 Laurent Joseph chef 1875 néant
Laurent Marie épouse 1879 néant
Fortin Marcel chef 1912 menuisier
54 Auvinet Gabriel chef 1904 boulanger
Auvinet Marie épouse 1904 boulangère
Auvinet Gabriel fils 1931 boulanger
Auvinet Eliane fille 1936 boulangère
Auvinet Gérard fils 1933 néant
56 Dabin Jean chef 1909 meunier
Dabin Madeleine épouse 1916 épicière
Dabin Jean Pierre fils 1936 néant
Dabin Annick fille 1939 néant
Dabin Jacques fils 1943 néant
Hervouet Marie employée 1929 employée
Lepavec Clément chef 1887 manœuvre
Lepavec Alice épouse 1896 néant
Lepavec Michel fils 1932 néant
58 Huet Joseph chef 1881 employé de mairie
Huet Eugénie épouse 1889 employée
60 Desbouit Eugène chef 1876 pharmacien
Desbouit Pierre fils 1919 étudiant
Taillart Alice employée 1888 employée
64 Huet Jeanne chef 1883 maraîchère
Juteau Pierre ouvrier 1907 maraîcher
68 Olivier Auguste chef 1863 maraicher
Olivier Angélique épouse 1867 maraichère
Olivier Auguste chef 1890 peintre
Olivier Louise épouse 1890 néant
70 Gautier Auguste chef 1881 néant
Gautier Françoise épouse 1872 néant
72 Pignon Frédéric chef 1902 machiniste
Pignon Marie Madeleine épouse 1908 néant
Pignon Suzanne fille 1930 néant
Lescour Maurice chef 1901 électricien
Lescour Amélie épouse 1905 néant
Lescour Janine fille 1925 coiffeuse
72bis Chataigner Marie Anne chef 1877 néant
74 Bardoul Louis chef 1868 maraicher
78 Edelin Gustave chef 1904 chauffeur
Edelin Marcelle épouse 1909 néant
Edelin Yvette fille 1932 néant
Edelin Serge fils 1934 néant
Edelin Bernard fils 1939 néant
Edelin Nelly fille 1944 néant
Boix Jean chef 1903 garçon de recette
Boix Madeleine épouse 1902 néant
Boix Ginette fille 1928 néant
Boix Edouard fils 1934 néant
Boix Jean fils 1935 néant
Boix Joseph père 1876 néant
Gauvrit Joseph chef 1907 formeur
Gauvrit Germaine épouse 1916 machiniste
Gauvrit André fils 1937 néant
Gauvrit Josiane fille 1944 néant
Martineau Marguerite chef 1896 couturière
Le Guevel Pierre pensionnaire 1887 manœuvre
Baud Valentine chef 1904 machiniste
82 Daniel Joseph chef 1914 charcutier
Daniel Marie épouse 1918 néant
Daniel Gilberte fille 1943 néant
Daniel Jean fils 1945 néant
Fleurance Joseph domestique 1920 domestique
Boudeau Jean Marie chef 1891 débitant
Boudeau Léa épouse 1893 néant
Hénaff Yvonne domestique 1915 domestique
84 Bachelier Pierre chef 1866 charron
Chamboulegron Paul chef 1887 manœuvre
Chamboulegron Jeanne épouse 1594 néant
Chamboulegron Paul fils 1916 employé
Chamboulegron Charles fils 1921 peintre
Chamboulegron Georges fils 1931 apprenti
Vassereau Solange locataire 1921 couturière
Desbois Marie chef 1872 néant
86 Dauge Maurice chef 1905 professeur
Dauge Renée épouse 1902 néant
Dauge Yves fils 1930 néant
90 Jaffrès Ambroise chef 1883 concierge
Jaffrès Aline épouse 1895 néant
Jaffrès Yvonne fille 1823 dactylo
94 Piloquet Germaine chef 1879 jardinière
Piloquet Marie sœur 1883 jardinière
Fourny René chef 1888 voyageur de commerce
Fourny Marie épouse 1882 néant
Fourny Marie fille 1922 comptable
98 Leparoux Roger chef 1907 pharmacien
Leparoux Marthe épouse 1909 néant
Leparoux Anne Marie fille 1935 néant
Leparoux Jean fils 1936 néant
Leparoux Marc fils 1937 néant
Leparoux Jacques fils 1941 néant
Leparoux Marie France fille 1944 néant
Brosseau Jeanne domestique 1923 domestique
Brosseau Paulette domestique 1928 domestique
102 Le Maqueresse Jean Louis chef 1883 grainetier
Le Maqueresse Henriette épouse 1886 grainetière
s/n Noblet Alexis chef 1915 coiffeur
Noblet Maggie épouse 1918 néant
Noblet Jocelyne fille 1942 néant
Barillon Jean chef 1911 débitant
Barillon Marie Thérèse épouse 1915 débitante
Barillon Marie Josephe fille 1937 néant
Barillon Marie fille 1944 néant
Babu Clémentine employée 1909 employée
Grangette Albert chef 1883 manœuvre
Grangette Valentine épouse 1885 néant
Grangette Suzanne fille 1907 néant
s/n Raguideau Auguste chef 1902 mécanicien
Raguideau Marie Louise épouse 1905 néant
Raguideau Fernand fils 1915 mécanicien
Raguideu Claude fils 1929 néant
Raguideau Arlette fille 1934 néant
s/n Boutin Marthe chef 1878 néant
s/n Legeay Ambroise chef 1909 navigateur
Legeay Maria épouse 1911 néant
s/n Tougeron Jean chef 1893 manœuvre
Tougeron Armandine épouse 1892 repasseuse
Tougeron Denise fille 1926 dactylo
s/n Lorens Miguel chef 1903 manœuvre espagnol
Lorens Fernande épouse 1904 néant
Lorens André fils 1924 néant
Lorens Michel fils 1931 néant
Lorens Yves fils 1935 néant
Lorens Eliane fille 1937 néant
Lorens Abel fils 1939 néant
Lorens Annick fille 1941 néant
Lorens Jean fils 1944 néant
Pagis Henri neveu 1917 ouvrier
s/n Praud Ferdinand chef 1902 galvaniseur
Praud Jeanne épouse 1901 néant
Platteevre Rose adoptée 1932 néant
Brochu Serge neveu 1937 néant
Grattereau Louis beau-frère 1912 meuleur
Le prat Toussaint chef 1885 manœuvre
Berhtiau Marie chef 1889 néant
s/n Aubry Hélène chef 1894 néant
Aubry Maurice fils 1921 maçon
s/n Caharel Yvonne chef 1900 néant
Caharel Lucienne fils 1921 menuisier
Le Dorze Georges chef 1917 employé SNCF
Le Dorze Anne épouse 1920 néant
Le Dorze Annick fille 1945 néant
Caharel Anne Marie chef 1884 néant
s/n Couillaud Auguste chef 1912 horticulteur
Couillaud Anne Marie épouse 1911 horticultrice
Couillaud Jacqueline fille 1938 néant
Couillaud Michel fils 1940 néant
Viaud Eugène chef 1899 maraicher
Viaud Marie épouse 1896 maraichère
Viaud Maurice fils 1927 maraicher
centrale centrale électrique
s/n Le Balch Yves chef 1891 électricien
Le Balch Marie épouse 1891 néant
Guyot Raymond chef 1918 ajusteur
Guyot Yvette épouse 1919 couturière
Guyot Robert fils 1942 néant

Les 4 auberges de Nantes Sud Loire rue St Jacques et route de Clisson en 1846

Les auberges ont alors toujours des écuries et même cour ou remise pour la voiture à cheval.  On voit toujours en 2023 le porche près la boulangerie face à l’hôpital St Jacques, qui était l’auberge de Jean Paquereau en 1846. Il en était seulement locataire et son propriétaire étant un certain Ligneau. Pour les 3 auberges de la route de Clisson, elles sont toutes 3 très proches et au tout début de la route de Clisson. Hélas les numéros indiqués par le recensement ne reflètent par les numéros ultérieurs et impossible de vous dire laquelle deviendra l’Hôtel de la Maison Rouge, même si je suppose que c’est celle de Brelet. Cet Antoine Brelet est l’ancêtre de ma tante Gabrielle, épouse d’Adrien Guillouard. Je suppose que l’auberge de Cassard était en face.
L’existence d’autant d’auberges reflète l’attrait de Nantes où l’on venait parfois uniquement à la journée depuis Clisson ou environs etc…
Voici donc ces 4 auberges selon le recensement [rue, n°, nom, prénom, âge, profession, propriétaire, description du logement avec P pièce, RZ rez de chaussée]

Rue St Jacques 127 Pasquereau Jean 45 aubergiste Ligneau 2P rz, 1P 1er, écurie
Rue St Jacques 127 Reneau Jeanne 42 femme
Rue St Jacques 127 Pasquereau Henriette 20 fille
Rue St Jacques 127 Pasquereau Louise 19 fille
Rue St Jacques 127 Pasquereau Marie 16 fille
Rue St Jacques 127 Pasquereau Joséphine 14 fille
Rue St Jacques 127 Pasquereau Nonette 13 fille
Rue St Jacques 127 Pasquereau François 7 fils
rte de Clisson 1 Brelet Antoine 54 aubergiste Brelet 4P rz, 2P 1er, écuries, remises
rte de Clisson 1 Gautron Jeanne 53 femme
rte de Clisson 1 Brelet Gabriel 25 fils
rte de Clisson 1 Brelet Hortense 21 fille
rte de Clisson 10 Cassard Julien 32 aubergiste Ve Ciron 3P rz, 4P1er, écuries, jardin
rte de Clisson 10 Guillon Anne 33 femme
rte de Clisson 10 Cassard Julien 5 fils
rte de Clisson 10 Cassard Marie 2 fille
rte de Clisson 10 Philippe François 17 domestique
rte de Clisson 10 Albert Jeanne 16 domestique
rte de Clisson 12 Burlau Jacques 36 aubergiste Touchy 3P rz, 3P 1er,écuries
rte de Clisson 12 Dubois Jeanne 60 femme
rte de Clisson Touchy 2P rz

Mathurin Cassard époux d’Ysabeau Biré, marchand à Pirmil près Nantes, vend des biens à Angers 1599

Mathurin Cassard, marchand à Pirmil (alors Saint-Sébastien-sur-Loire) près Nantes, a hérité de sa grand mère Ysabeau de Clermont. L’acte de vente des biens dont il a hérité à Angers est intéressant car il donne ses parents, Henri Cassard et Madeleine Guesdon, et il dit aussi qu’il y a des actes passés à Ancenis. On voit que la Loire était alors un fleuve d’échanges permanents, aussi pour les liens de famille, et ce fut mon cas quand j’ai débuté autrefois mes recherches, car javais après la Révolution un ancêtre décédé à Pirmil, né à Pirmil, mais surtout aucun mariage trouvable alentours. Ce n’est que lorsque j’ai pu trouver que sa femme était native d’Orléans que j’ai compris qu’il fallait me rendre à Orléans, et en me rendant autrefois à Orléans, j’ai remonté cette femme, et mieux elle était dans le quartier que j’ai bien connu pour y avoir vécu durant 3 années 1665-1968. Ainsi, j’ai une immense connaissance des liens familiaux qui pouvaient se développer tout au long de la Loire, quand elle était autrefois naviguée : c’était le temps avant le train qui a tout changé.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E6 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 22 mai 1599 avant midy, en la cour royale d’Angers devant nous René Garnier notaire d’icelle personnellement estably honnorable homme Mahurin Cassard marchand à Pillemy près Nantes en Bretagne, fils de defunts Hanry Cassard et Magdeleyne Guesdon, de leur premie rmariage, et héritier de defunte honnorable femme Guillemine de Clermont son ayeule en son vivant dame du Haut Plessis soubzmetant confesse avoir aujourd’huy vendu quité cédé délaissé et transporté et encores par devant nous et le terme des présentes vend quite cède délaisse et transporte du tout dès maintenant et à présent à toujours perpétuellement par héritage à honnorable homme Jehan Allain marchand demeurant en cette ville d’Angers paroisse saint Morice présent et acceptant lequel a achapté et achapte dudit Cassard pour luy et honorable femme Catherine Cupif sa femme leurs (f°2) hoirs la moitié d’ung lopin de vigne en gast mal planté de vigne contenant 8 quartiers de vigne ou environ, compris deux petits jardins au bout, situés au clos de Bellebeille paroisse saint Nicolas, ladite moitié prise du cpoté devant le chemin tendant de Guouneau au village de la Bare l’autre moitié desquels 8 quartiers appartenant à Alexandre Loguetière et Ysableu Digne sa femme comme apert par les partages faits choisis et optés entre lesdits Loguetière et Cassard par devant Me Mathurin Lepelletier notaire royal Angers le 19 mai dernier, dont ledit Cassard a baillé copie audit Alain – Item la moitié d’un petit jardin à prendre au derrière de la maison du lieu de la Croix Pelet dite paroisse saint Nicolas à prendre laquelle moitié proche du derrière du puits qui est au jardin dudit lieu de la Croix Pelet – Item la moitié d’une chambre basse en apentis ou y a cheminée située audit lieu de la Croix Pelet pour l’exercer comme ainsi qu’il est déclaré (f°3) au partage dessus daté avec les droits et usage en l’auvan ou ballet et ayreaux et yssues et passages dudit lieu de la Croix Pelet, et l’usage au pressoir et grange en laquelle est ledit pressois dudit lieu de la Croix Pelet, avec les droits d’aller au puits et autres droits qui sont déclarés au partage dessus daté, et généralement vend audit Allain tous droits noms raisons et actions qui lui compètent et appartiennent audit lieu de la Croix Pelet Bellebeille et environ à titre successif de ladite defunte Guillemine de Clermont tant portés au partage du 19 de ce mois que par les partages de la succession de ladite defunte de Clermont faits par devant Me Guillaume Lelarge licencié ès droits sénéchal de la cour d’Ancenis le 5 octobre 1587 dont ledit Cassard a baillé copie non signée (f°4) audit Allain sans qu’elle est signe d’ung seing rayé et biffé, aux charges dudit Allain de tenir lesdites choses du fief et seigneurie dont elles sont tenues et aux debvoirs seigneuriaux et féodaux anciens et accoutumés, et des rentes par bled argent ou vinaiges si aulcuns sont deubz soit en fraresche ou hors fraresche, jusques à la concurrence de 20 pintes de vin 2 boisseaux de bled et 10 sols argent si tant en est deu et en outre les cens accoutumés que les parties sur ce enquises et adverties de l’ordonnance royale ont vérifié ne pouvoir déclarer, néanlmoins vend lesdites choses quites du passé jusques à ce jour, transportant etc et est faite la présente vendition cession delais et transport pour le prix et somme de 107 écus sols deux tiers d’escu valant 350 livres, que l’acquéreur soubmis et obligé sous ladite cour royale d’Angers promet payer audit vendeur en cette ville d’Angers fournissant par le vendeur de ratiffication valable du présent contrat de Ysabeau Bire (f°5) sa femme et d’ung marchand et autre personne solvable de la ville de Nantes ou d’Ancenis, lequel avex ladite femme dudit Cassard, ledit Cassard, et tous trois ensemble s’obligeront solidairement chacun d’eux seul et pour le tout garantir audit Allain lesdites choses contenues en ce contrat de tous troubles ou hypothèques vers et contre tous fournissant icelles ratiffications ledit Allain paiera ladite somme de 116 écus deux tiers audit Cassard …