Commande détaillée d’un carrosse pour Le Loroux-Bottereau, Angers 1622

C’est l »époque où on fabrique des véhicules en France !
Mais certes peu de véhicules, et pour cause, car le prix est prohibitif, soit 760 livres. Avec cette somme on pourrait presque acheter une closerie !
Par contre, j’ai été surprise de constater que la commande soit passée à Angers, car Le Loroux-Bottereau est proche de Nantes (je le vois du haut de ma tour).

J’ai trouvé l’acte qui suit aux Archives du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici ma retranscription : Le 18 novembre 1622 avant midy par devant nous Julien Deille notaire royal Angers furent présents establiz et deument soubzmis Damien Dubois écuyer sieur de la Ganerye demeurant en sa maison de Briacé paroisse du Loroux-Bottereau d’une part
et Geoffroy Dutertre marchand maistre sellier demeurant en cette ville paroisse Saint Michel de la Palluds d’autre part
lequels ont fait et accordé ce qui s’ensuit c’est à savoir que ledit Dutertre a vendu et promis fournir et livrer audit sieur de la Gasnerie en cette ville dans Caresme prochain ung carosse complet entièrement de tout ce qu’il y est nécessaire
garny par le dehors de vache grasse et clousté de cloux dorés et par le dedans
garny d’escarlatte rouge cramoisie avec les franges et crespine de soye rouge et bleuf cramoisie,

crépine : terme employé au XVIIIème siècle dans les délibérations du Conseil du Commerce. (Elisabeth Hardouin-Fugier & Coll., Les étoffes, dictionnaire historique, Les Editions de l’Amateur, 2005)

les rideaux de damars et franges autour couleur rouge et bleuf passement autour des quenouilles et impériale aussi rouge et bleuf et aux courbes aussi du passement avecq cloux doréz,
les coussins d’escarlate par le dessus et par le dessous de cuir garnis de plume
et au-dedans dudit carosse faire un coffre fermant à clef avec les fermetures chesnes (chaînes) et cadenatz nécessaires
et les quatre harnois de chevaux complets un mantelez dudit carosse doublés de sarge d’Ascot rouge
et entièrement garni ledit carosse de ce qui est nécessaire dudit mestier prest et en estat de rouler
et ce moyennant la somme de 760 livres de laquelle ledit sieur de la Gasnerie a présentement payé et advancé audit Dutertre la somme de huit vingt livres (160 livres) tz qu’il a receue en nostre présence en pièce de 16 sols et autre monnoye ayant court suivant l’édit dont etc quitte etc
et le surplus montant la somme de 600 livres ledit sieur de la Gasnerie s’est obligé et a promis la payer ou faire payer audit Dutertre en cette ville scavoir 300 livres dans Nouel et les autres 300 livres lors de la livraison d’iceluy carosse
car ainsi les parties l’ont voulu consenti stipulé et accepté et à ce tenir etc dommages etc oblige etc renonçant etc foy jugement condemnation etc
fait et passé audit Angers à notre tablier en présence de Me Jacques Baudin et Louys Lay demeurant audit Angers tesmoins

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog. Tout commentaire ou copie partielle de cet article sur autre blog ou forum ou site va à l’encontre du droit d’auteur.

5 réponses sur “Commande détaillée d’un carrosse pour Le Loroux-Bottereau, Angers 1622

  1. Bonjour,

    je vous écris ce mail seulement pour vous dire que j’aime beaucoup ce que vous faites. Vous avez beaucoup de courage, de temps et de patience, car il en faut pour faire tout ce que vous faites!!!! bravo!!!!

    je suis tombé sur votre site par hasard, alors que je recherchais mes origines (je suis en train de faire mon arbre généalogique) mais ce n’est pas facile du tout et sa demande beaucoup de temps et de recherche.

    Je vous souhaite bonne chance par la suite!!!!!

    Cordialement

      Note d’Odile :
      Merci pour vos encouragements.
      Bon courage pour vos recherches.
  2. Voici les liens de Damien Du Bois avec l’Anjou :

    Damien II Du Bois est fils de Louis Du Bois °1549 † vers 1622-1623, seigneur de Beauchesne (Le Loroux-Bottereau, 44) et de Françoise Legay
    Il épouse (contrat du 15 juin 1598, non vérifié par mes soins) Marguerite de La Fontaine, dame de Briacé † 16 mars 1627 sans hoirs. Sa soeur, Marie de La Fontaine, épouse de Prosper de Colasseau, hérité de Briacé.
    Damien II se remarie (contrat du 14 août 1627 non vérifié par mes soins) avec Louise de Cornulier
    Et meurt seigneur de Beauchesne, sans hoirs, fin 1634 (testament du 24 novembre 1634)

    la Gasnerie, aliàs la Gânerie : commune de la Jumellière – Le lieu et seigneurie de la Gasnerie, 1540, appartient à noble homme Jean Legay (AD49 C106 f°142) (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)

    Le carosse sera également payé en 2 versements, l’un du 23 janvier 1623, montant 200 livres, effectué au nom de mademoiselle de la Roussière, soeur dudit de la Gasnerie, par les mains de Me Maurille Drouet, avocat à Angers – le second, du 3 février 1623, montant 100 livres, est dit effectué par ledit sieur de la Gasnerie, mais signé de Louis Du Bois, probablement frère puiné de Damien.
    Ces versements attestent des comptes en cours entre Damien d’une part, et sa demi-soeur mademoiselle de la Roussière, et son frère Louis. Si ces deux derniers ont effectué une partie du paiement, c’est qu’ils devaient ces sommes à Damien.
    On ne connaît pas le dernier versement, qui fut probablement l’objet d’une quittance chez le notaire.

  3. E.3099.(carton.)-7 pièces,parchemin; 15 pièces,papier.
    1389- XVIIIe siècle.- LEGAY.
    -Vente à Jean Cochard par Pierre Legay,prêtre,sieur de La Fautrière,de la gaignerie de La Martinière en la paroisse de Chalonnes;- partage entre François Herpin et Jean Legay du Petit- Cernay;- acquêt par Jacques Legay,sieur de La Fautrière et du Plessis- Ramon, des moulins de Rochard et de Frossangier en Saint Laurent-de-La- Plaine;- présentation par Antoine Legay,sieur de La Hamonnière,de la chapelle du Crucifix,desservie en l’église de Champigné;- fondation par Claude Leroux,veuve d’ Antoine Legay,d’une messe hebdomadaire en l’église Saint- Serge d’Angers;- procès-verbal de la visite de la chapelle seigneuriale de La Giraudière,dressé à la requête de Louis Legay,afin d’être autorisé à y faire célébrer la messe;- partage entre Louise Chérouvrier,veuve de Pierre Legay,Gabriel Legay,procureur au Parlement de Paris, Thomas Levenier, Jean Simon, Michelle Legay,veuve de Mathieu Drouart, des successions de Michel Legay,greffier de la châtellenie de Saint- Florent- Le Vieil,,et de Charlotte Brécheu,sa femme;-notes et extraits généalogiques du feudiste Audouys;etc.

  4. Louis Bossard, historien du Loroux-Bottereau, a fait la généalogie de Damien Dubois, et je le remercie de son postal sur ce point.
    La mère de Damien Dubois était Françoise Le Gay, fille de Jacques Le Gay seigneur de la Gasnerie et de Renée Chalopin.
    Cette Renée Chalopin est probablement fille de Bertrand Chalopin seigneur de Chevigné.

    Chevigné : château, ferme et moulin, commune de Saint-Georges-sur-Loire – Chiviniacus 1160 circa (1er cartulaire Saint Serge, f°256) – Ancien fief et seigneurie avec joli château du XVIIème siècle, entre deux ailes en retour d’équerre formant avancement. La porte principale ornée dans le panneau supérieur de deux écussons mutilés, dont chargé de trois têtes de lion poses 2 et1, avec les majuscules C S entrelacées sur la tablette. Aux deux côtés de la cour, s’élèvent les servitudes portant un petit clocheton ; – le tout bâti, dit-on, d’après les dessins de Mansard, sur un terre-plein, entouré d’eau vive et d’un vaste étang, à la queue duquel existe un très antique pont à double arche plein cintre, passage d’une voie qui paraît venir d’Épiré. – La terre relevait du Plessis-Macé et avait été acquise en 1639 par l’abbé de St Aubin, Jean de la Bernichère ; mais l’abbé Thibault Ruffier arrenté à ses parents pour 50 livres le domaine qui du temps de Roger (HIst. d’Anjou, p. 124), en valait déjà plus de 1 500. – En est sieur Jean Ruffier 1499, Jeanne Barateau, veuve de François de Brie, 1539, Pierre Chalopin 1545, mari de Jacquine Moysant ; – de son temps, le domaine hommagé, y compris le fief, malgré de grandes améliorations, ne valait encore que 60 livres de rente ; – Bertrand Chalopin, mari d’Hélène de Daillon, 1564 et leur descendance durant tout le XVIIème siècle. Dame Louise Chalopin, veuve de René de Racapé, y fit élever dans la cour une chapelle sous l’invocation de St Guillaume et St Louis, qui fut bénite solennellement le 25 août, en présence du comte de Serrant, par le prieur de l’abbaye de St Georges assisté de deux prêtres de Savennières … (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)

  5. Le 27 janvier 1567 (nouveau style) est passé par Jean Huot notaire royal à Angers (copie effectuée par Serezin étant dans les Archives de la seigneurie de Beauchêne, Le Loroux-Bottereau, 44 – acte communiqué par Louis Bossard), le contrat de mariage de Louis Du Bois sieur de la Ferronnière (Froidefond, 79), demeurant à présent avec le seigneur du Puy du Fou, et Françoise Legay fille aînée de noble homme Jacques Legay sieur de la Gasnerie et de la Tousche, et de défunte demoiselle Renée Chalopin sa première femme, demeurant au lieu de la Touche (Saint-Germain-des-Prés, 49 – sans autre mention in C. Port).
    Jacques Legay père promet donner 10 000 livres tournois à sa fille tant de la succession de sa défunte mère qu’en avancement de droit successif de son dit père : soit 6 000 livres dedans le jour et fête de Pâques prochaines et 4 000 livres dedans 3 ans, et des habits selon sa qualité
    Elle est assistée de Louis Legay sieur de Vaugirault son frère,

    Vaugirauld, château commune du Ménil-en-Vallée, à 1 200 m au S.E. du bourg, au fond du vallon. – L’hostel, jardins, domaine de Vaugirauld, 1742 – L’hostel, maison noble, pourprins, fossés, ceinturés de murs de V. 1578 (H. st Florent). – edifice moderne, en forme de vaste rectagle, avec deux ailes en retour, précédé d’un péristyle et faisant face à la Loire ; à droite, des volières sous des châtaigneraies ; au Nord, la ferme ; au S.E., un bois. – La terre appartenait jusqu’au milieu du XVIème sièvle à une famille noble du nom et passe à la famille Legay par le mariage de Louis Legay avec Louise de Vaugirauld avant 1578. – Elle est vendue par décret sur Louis Legay, gentilhomme ordinaire de la Chambre, le 15 mai 1636, à Pierre Vollage et Volaige, sieur de Vaux, dont la descendance la possédait encore à la Révolution (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)

    François Legay sieur de la Fautrière,

    la Fautrière : château commune de la Jumellière, à 2 km du bourg, sur un des points culminants de la commune ; – édifice moderne, avec serre de fleurs et plantes exotiques, construit par l’architecte Hodée d’Angers. Une haute tour, richement ornementée, découvre de son sommet un vaste horizon sur tout le pays.La terre appartenant au XVIème siècle à la famille Legay – Amaury Legau 1530, François Legay 1569, qui fut fait prisonnier à Contras 1587, mari de marquise Dubois ; – Jean Lemaistre, sieur d’Armonville, chevalier 1676 … (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)

    Me Jacques Legay sieur de la Hamonnière

    la Hamonnière, ferme, commune de Champigné – Ancienne gentihommière du XVIème siècle à croisées de pierre, poutres et chevrons peints et sculptés, autrefois avec cour, chapelle, douves, jardins, trois bois taillis, étang, dit l’étant de Sinette près le bois du Vernay. Le principal coprs flanqué d’une tourelle aec escalier tournant, porte dans un cadre de pierre entre ses deux fenêtres la date de 1575. – En est seigneur Antoine Hamon, écuyer, qui laisse son nom à la terre. Elle a passé dès la fin du XVème siècle à la famille Legay. Jean Legay y fonda le 29 janvier 1509 une chapelle en l’honneur de Notre Dame, augmentée par une fondation nouvelle le 22 juin 1526 et où la chapelle de la Gaboisière était desservie au XVIIème siècle. – La dame Claude Leroux, veuve d’Antoine Legay, chevalier, obtint le 2 février 1595 des lettres patentes, qui lui accordaient tous les droits de prééminence dans l’église, cession confirmée par lettres nouvelles du 26 août 1596 à l’encontre de l’opposition du prieur de Champigné et du seigneur de Charnacé. C’est là sans doute l’origine d’une légende qui raconte que le roie Henri avait donné la terre à une jeune fille du pays qu’il aurait aimée. … (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)

    et Bertand Chaloppin sieur de la Touche Chevigné.

      que je suppose oncle de la future et donc probablement frère de Renée et non son père.

    les témoins sont Pierre Legay marchand à Saint-Florent-le-Vieil, François Garsenlan marchand à Saint-Georges-sur-Loire, et noble homme François Du Bouchet sieur de Belligné demeurant en la paroisse de Bescon.

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