Julien Du Boisdesnoës emprunte 130 livres à René de la Hune, Armaillé et Challain 1519

ils sont proches voisins, et pourtant ils ont fait 60 km pour aller à Angers traiter cette obligation, dont le montant est relativement peu élevé. Même si je fais depuis tant d’années dans les notaires d’Angers, découvrant combien d’Angevins y venaient passer des actes, je reste toujours étonnée qu’on ait autrefois entrepris un tel déplacement pour si peu alors qu’il y avait des notaires plus proches.
Ceci dit, réjouissons nous, car grâce à ces déplacements, nous retrouvons les traces de tous de nos jours, car les notaires d’Angers ont un fonds ancien par d’autres le plus souvent.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 9 janvier 1519 (avant Pâques, donc le 9 janvier 1520) en notre cour à Angers (Huot notaire Angers) personnellement estably noble homme Jullien Duboisdenoyees sieur de la Mercerie en la paroisse d’Armaillé près Pouancé ainsi qu’il dit soubzmetant etc confesse avoir aujourd’huy vendu et octroié et encores vend et octroie dès maintenant et à présent à toujousmais perpétuellement par héritage
à noble homme René de La Hugne sieur du Gaufouilloux en la paroisse de Challain en ce pays d’Anjou qui a achacté pour luy et damoiselle Franczoise Davy son espouse à leurs hoirs etc
la somme de 6 livres 10 sols tournois d’annuelle et perpétuelle rente rendable et paiable dudit vendeur de ses hoirs etc audit achacteur à ses hoirs etc par chacun an au jour et feste de la Notre Dame Angevine le premier paiement commençant à la feste de l’Angevine prochainement venant, laquelle rente ledit vendeur a assise et assignée et par ces présentes assigne et assiet dès maintenant et à présent audit vendeur à ses hoirs etc généralement et especialement sur tous et chacuns ses biens meubles et choses héritaux présents et avenir quelsqu’ils soient et sur chacune de ses pièces seule et pour le tout o pouvoir d’en faire assiette par ledit achateur en tel lieu qu’il luy plaira et toutefois et quant que bon luy semblera
et est faite ceste présente vendition pour le prix et somme de 130 livres tournois paiés baillés et nombrés content en notre présence et à veue de nous par ledit achacteur audit vendeur qui icelle somme a eue prinse et receue en 60 escus d’or au merc du soulleil bons et de poids et 10 livres tournois en monnaie de douzains faisant le parfait desdits 130 livres tz dont ledit vendeur s’en est tenu par davant nous à bien paié et content et en a quicté et quicte ledit acheteur
et a promis ledit vendeur faire lier et obliger damoiselle Françoise de La Mothe son espouse à ce présent contrat et iceluy luy faire avoir agréable et en rendre et bailler à ses despens lettre vallable de ratiffication audit achacteur ou aians sa cause dedans ung an prochainement venant à la peine de tous intéresets ces présentes néantmoins demeurent en leur force et vertu
à laquelle vendition et tout ce que dessus est dit tenir et accomplir etc et ladite rente rendre et paier etc et les choses héritaulx qui pour assiette de ladite rente seont baillées garantir etc et aux dommages etc oblige ledit vendeur soy ses hoirs etc à prendre vendre etc renonçant etc foy jugement et condemnation etc présents ad ce honorable homme et saige maistre Jacques Leroyer licencié en loix sieur de la Bonnelle et Charles Huot clerc demeurant à Angers tesmoins
fait et passé à Angers en la rue de St Jehan Baptiste les jour et an susdits

    C’est la première fois que je rencontre ce nom DU BOISDESNOES mais en tous cas il a une fort belle signalure.

Odile Halbert - Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog

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Un commentaire pour “Julien Du Boisdesnoës emprunte 130 livres à René de la Hune, Armaillé et Challain 1519

  1. luc dit :

    Bonjour,

    à propos de ces signatures d’actes faits à Angers par des gens par ailleurs voisins, peut-être que ceux-ci vivaient plus souvent à Angers que sur leurs terres, ou que ces actes étaient signés à l’occasion des festivités, foires, ect… où tous se retrouvaient à Angers ?

    Cordialement,
    Luc

      Note d’Odile :

    J’ai effectivement rencontré une partie de la population qui vivait partie à Angers, et l’été à sa maison de famille à la campagne, un peu comme encore de nos jours en Loire-Atlantique certaines familles ont un bord de mer de famille.
    Mais dans tous les cas il s’agissait de fonctions dans tous les offices de la juricature, et pas de marchands, ces derniers avaient un ryhme de vie plus affairiste.

    Je pense par contre que lorsque quelqu’un partait à Angers traiter un acte devant notaire soit prêt ou cession ou autre, il ne partait pas seul à cheval, mais en cariole à plusieurs. Je pense aussi que les chemins (nom de nos routes d’alors) étaient bien plus encombrés qu’on ne l’imagine, et il suffit de lire les baux à ferme et les baux à moitié, pour se rendre compte qu’on allait souvent chez le bailleur, et ce, les mains chargées, tellement chargées qu’on devait partir à plusieurs en prenant une cariole.

    A travers tous ces actes que je mets sur ce blog, je pense qu’on découvre pleinement cette mobilité d’alors.
    bonne journée
    et bonne mobilité si vous avez un MER, comme tant de mon département de Loire-Atlantique.
    Pour ma part, je suis plus casanière que nos ancêtres et je ne bouge pas de ma tour.
    Heureusement que la télé me fait voyager, et elle le fait bien quoiqu’on en pense, et j’adore ce quelle nous offre vu du ciel, et j’attends le tour de France avec Impatience rien que pour cela, par pour les coureurs.
    Odile

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