Autrefois sans calendrier

Je croule sous les calendriers, aussi aujourdh’ui une grande partie prend le chemin du tri sélectif, dans les poubelles jaunes de l’immeuble ! Je conserve celui des pompiers (corps de métier que j’admire), celui des Postes (utile), et celui de ma pharmacienne, imprimé maison qui donne toutes les pharmacies de garde dans l’année, pour le cas où.
Hier, je vagabondais dans le 16e siècle en ligne en Mayenne. Le zoom s’y est amélioré au fil des années et la consultation devient possible sans avoir trop mal aux yeux.
Dans mon vagabondage, j’ai rencontré en 1573 un prêtre qui exprimait la date « lundi des Rogations », « vigile de Saint Mathieu », puiqu’autrefois l’année était rythmée par les fêtes religieuses.
Les Rogations sont les 3 jours qui précèdent l’Ascencion, que le calendrier perpétuel donne le 30 avril en 1573, donc on est le lundu 27 avril.
Pour les Saints, j’ai dépouillé il y a deux ans le registre de Saint-Aubin-du-Pavoil, dans lequel le prêtre ne connaissait que ce type de date, aussi j’ai établi un document récapitulatif car les saints d’antant ont changé de mode et souvent de date.
Demain, nous partons comprendre comment fonctionnaient nos ancêtres sans calendrier chez eux.

Donc autrefois dans les chaumières, point de calendrier, et à quoi bon puisque la majorité ne savait pas lire. Comment fonctionnait-on ?

C’est simple, tout reposait sur le prêtre. Il possédait un rituel, « livre contenant les cérémonies, les prières, les instructions, & autres choses qui regardent l’administration des sacrements, particulièrement les fonctions curiales » (Dictionnaire de L’Académie française, 4th Edition,1762). Je reviendrai là-dessus car j’ai la chance d’en posséder un très ancien, du diocèse de Nantes, mais attention tout en latin !
C’est le prêtre, qui grâce au calendrier perpétuel, annonçait chaque dimanche les fêtes à venir Ses paroissiens n’avaient qu’a savoir compter jusqu’à 7 pour attendre le dimanche suivant, ou bien chaque matin se dire lundi, mardi… etc… jusqu’au dimanche suivant.
C’est qu’à l’époque tout le monde allait à la messe, ne serait-ce que parce que l’église était alors le centre d’infos du village, même pour les bannies des ventes aux enchères etc…, dont nous reparlerons plus tard. Et pour avoir des nouvelles, le rendez-vous dominical fut le plus souvent le seul moyen…
Enfin, un prêtre avait peu de chances de se tromper, car rassurez-vous, il avait des contacts plus haut, ne serait-ce chaque début d’année pour recevoir son papier timbré pour y noter les actes de baptêmes, mariages et sépultures. En outre, il rencontrait ses confrères voisins en leur rendant visite voire en soupant ensemble. Bref, il n’était pas isolé du reste du monde, et c’est souvent lui qui apportait les nouvelles.
Mais me direz-vous, il fallait savoir compter ! Je suis persuadée que tout le monde savait compter jusqu’à 20 qui est le nombre de sols pour faire une livre. Savoir compter est sans aucun rapport avec savoir lire. Vous avez tous remarqué combien les petis enfants savent merveilleusement débiter les chiffres oralement en montrant aussi leurs doigts de la main, bien avant d’avoir appris à lire.

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

Une réponse sur “Autrefois sans calendrier

  1. Report des commentaires parus dans mon ancien blog :
    josette du Périgord, le 11 janvier : Bonjour Odile,
    Il suffit que vous évoquiez le calendrier … Je travaille aujourd’hui sur la paroisse de St Germain de Hanches et je suis étonnée par les précisions des dates et heures que donne le curé du lieu (entre 1670 et 1674) …
    Parlez nous un peu si cela vous est possible de la démarche à adopter pour faire des recherches dans les archives notariales (des exemples concrets seraient les bienvenus

    Stanislas, le 12 janvier : A l’intention des lieux de rencontre, auberges et cabarets, et des plus instruits tels robins, médecins et chirurgiens, artisans, existaient des almanachs soit sous forme de livrets comprenant un calendrier enrichi de conseils, de prédictions et parfois d’historiette soit sous la forme – le plus répandue alors – d’une grande feuille volante illustrée (gravée). Ces grands calendriers muraux étaient produits par des éditeurs d’estampes surtout parisiens et propagés par colportage. La production d’almanachs illustrés est aussi ancienne que l’estampes ; si quelques exemplaires sont connus pour les XVéme et XVIème siècles, la grande période de production se situe entre 1650 et la fin du XVIIIème, où il aussi un objet de propagande royale. Cf. : Maxime Préaud, Les Effets du Soleil, Almanachs du règne de Louis XIV, catalogue d’exposition, Editions de la RMN, 1995. Pour voir des exemples base photographique de la RMN : http://www.photo.rmn.fr/ .

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