Carnet de guerre d’Edouard Guillouard 84° RIT : mars-avril 1916


Edouard Guillouard (carnet de guerre) Fernand Leglaive (appareil photo)

TENTATIVE DE VISITE D’USINES PEUGEOT, JAPY

1er mars 1916 mercredi A 6 h du matin nous apprenons que les autos qui devaient nous conduire à Aubigny nous conduiront à Crécy (changement total de direction). Je suis désigné pour l’embarquement (le colonel a été rappelé de permission), les camions arrivent et nous embarquons à 8 h, voyage par Hedun, déjeuné dans le camion près du docteur Flandrin, nous arrivons à 2 h à Estrée-les-Crécy, je loge chez Mr Dupont très bon gite, des gens aimables, ferme riche, plutôt propriétaire, le pays est peu important
2.3 jeudi Promenade autour du village, puis jusqu’au champ de bataille de Crécy ou Jean de Bohême fut tué, il y a une simple croix rappelant cette bataille et cette date de l’histoire de France
3.3 vendredi Nous partons à 7 h et faisons une douzaine de kilomètres par la route, pour cantonner à La Motte-Buleux. Notre popote est chez la fille du maire, c’est un tout petit pays de grandes fermes, à ce moment on ne sait pas ce qu’on veut faire de nous, les bruits les plus divers circulent, Verdun n’est pas brillant mais on tient ferme et on a bon espoir
[le document ci-joint au nom d’Edouard Guillouard illustre le logement des troupes en temps de guerre de tous temps, mais je pense que cela était surtout réservé aux officiers. Pendant la seconde guerre mondiale j’ai personnellement connu sous l’occoupation allemande l’inverse, à savoir le logement chez l’habitant des officiers Allemands, c’était le 1er étage réquisitionné de la maison de ma tante à Guérande et nous avions le gernier au dessus]
4.3 samedi L’ordre arrive d’embarquer en autos à 2 km du village, tout le régiment part à la fois, nous voyageons en camion, on passe Abbeville (58 km au S.O. de Lisbourg) où les gens nous font triste mine croyant qu’on nous transporte pour une attaque, on est peu renseigné sur notre destination, on passe par Airaines où le 1er septembre 1914 j’ai cantonné avec le 81e, puis Poix (Poix-de-Picardie à 41 km S. d’Abbeville), puis après bien des incidents d’autos, nous arrivons à 4 km de notre destination, il y a de la neige et ça tombe très fort, le cantonnement n’est pas préparé, il faut attendre, le pays n’ayant pas de ressource Tronchois, je fini par avoir une chambre
5.3 dimanche Nous restons tranquilles, messe dans la petite église, la neige couvre le sol, nous attendons des ordres, la journée de lundi de même
7.3 mardi Qui est Mardi-Gras, pendant notre déjeuner arrive Tremelat, nous l’emmenons manger les crêpes avec la 2e, sa cantine lui manque, il nous paraît peu sympathique et ne se contente pas de nos logements. Le soir pâtisserie faite par la demoiselle de notre popote, petite jeune fille très bien, vivant avec sa grand-mère et fiancée avec un marchand de vin qui est venu pendant notre séjour
[en avril 1916, selon le carnet d’Edouard Guillouard, ils découvrent pour la première fois des avions dans la guerre et regardent tous le ciel avec beaucoup d’intérêt pour nouvelle force]
8.3 mercredi Départ de Tronchoy à 8 h, on passe par Poix, à la division personne ne sait ou nous allons, on arrive à Blangy-sous-Poix peu de confort, peu de complaisance, il en est de même le lendemain à Fleury, popote mal, chambre sans meuble ni draps, les gens pas complaisants
10.3 vendredi Nous allons à Conty (12 km S.E. de Poix) embarquer à 9 h, nous attendons le départ jusqu’à 2 h, destination inconnue, puis on parle de Massy-Palaiseau, tout le monde est en joie, c’est le camp retranché de Paris, mais cette joie est de courte durée, ma feuille indique bien Massy-Palaiseau, mais ce n’est qu’une première destination, nous passons par Beauvais et de nuit Pontoise, Versailles-Chantiers, puis nous continuons toute la nuit
11.3 samedi Le matin au jour nous arrivons à Nogent-sur-Seine, pas très rassurés sur notre destination, les autres trains venant du nord étant tous dirigés sur Verdun. A Troyes, nous sommes plus fixés, on parle de l’Alsace, puis nous passons Bar-sur-Aube, Vezoul, Belfort et on fini par savoir dans la soirée que nous allons à Valentigney (carte postale ci-contre)
12.3 dimanche A 3 h du matin nous arrivons en vue de Voujeaucourt (un peu au sud de Montbélliard) mais nous ne débarquons qu’à 6 h 30, il faisait encore nuit, la neige recouvrait le sol, on se dirige dans la vallée du Doubs à Valentigney en passant près d’Audincourt. Réception aimable de la population, tous les hommes trouvent des lits, nous n’avons jamais trouvé plus de complaisance, c’est un petit pays très bien, ressemblant beaucoup à nos stations balnéaires, que des petites villas avec jardins, c’est dimanche, tout le monde est propre même très coquet, les cafés sont bien fréquentés, on paraît heureux d’avoir des militaires, et les gens font tout leur possible pour être agréable à nos poilus, beaucoup dinent en famille, à notre popote on nous offre vins vieux, Kirch, gâteaux du pays. Malheureusement l’ordre arrive dans la soirée, départ le lendemain à 8 h, c’est regrettable, j’avais rendez-vous pour visiter les usines Peugeot qui sont sur les bords du Doubs
13.3 lundi Départ, tout le monde regrette et plusieurs poilus manquent le rassemblement, nous partons par Herimoncourt, puis Meslières, mais comme trop souvent la 3e est mal installé à la ferme aux chiens ou plutôt à Rombois, les gens sont aimables, je loge dans une grande ferme ou les jeunes filles sont même distinguées, nous faisons popote chez Voireuchon, il y a également des jeunes filles bien aimables, au règlement de popote Trémulot soulève un incident
14.3 mardi Promenade, c’est magnifique mais les côtes sont dures à gravir, le panorama est magnifique, on aperçoit la Suisse, les montagnes sont encore couvertes de neige. Trémulot en profite pour aller avec Mr Beudroit à Blamont et se fait attraper par Péroux puis par le colonel
15.3 mercredi Un service de garde est installé à la ferme aux chiens, on y reste de veille la nuit, les travaux commencent sans savoir ou travailler
16.3 jeudi Nous descendons à la Chapotte ou nous cantonnons, gens bien aimables, bonne chambre quoique chez un ouvrier Mr Euvrard Auguste, nous faisons popote chez Bernard ouvrier également. La Chapotte est une usine d’horlogerie, mais qui avant la guerre ne marchait qu’en partie, les hommes sont logés dans les ateliers assez mal car il y a très peu de foin, pas de paille du tout, ce pays étant essentiellement industriel, très peu de culture. Dès le soir, je profite de l’arrière pour aller à Herimoncourt pour visiter les usines Peugeot Frères. J’arrive assez mal, le colonel visite en même temps. Je prends rendez-vous avec un chef de fabrication pour une autre fois avec des camarades.
17.3 vendredi Trémulot fait du service à la 2e Cie. Départ à 6 h du matin pour les travaux avec fourniment complet, la côte est dure à gravir, mais le travail mal organisé est insignifiant


Photo identifiée en 2008, bien prise à la ferme de Rombois, Voici ce que m’écrit Corine Hoff le 6 janvier 2008 : « Je suis tombée sur votre site totalement par hasard … en cherchant un code postal ! En montrant l’article que j’y ai trouvé, ma grand-mère a reconnu une photo de sa famille … je ne vous dis que ça de sa surprise et de sa joie ! Du coup, je suis retournée sur votre site aujourd’hui en me disant que je trouverai peut-être autre chose. J’ai malheureusement découvert que votre site était vampirisé et que vous ne me répondriez pas. Je veux pourtant vous laisser un petit message d’encouragement. Sachez que je suis totalement solidaire avec vous. J’admire l’immense travail que vous avez fait (je voudrais me mettre à la généalogie de ma famille mais je n’y travaille pas régulièrement faute de temps). Je peux vous dire que la dame au milieu est la grand-mère de ma grand-mère. Elle s’appelait Amélie Voireuchon. A coté d’elle sont deux de ses filles Irène à sa droite et Jeanne à sa gauche. La photo a été prise à la ferme de Rombois (Doubs). Les hommes derrière le banc sont des soldats. »

[Peugeot.JPGCarte postale d’Herimoncourt, adressée par Edouard à ses parents, leur signalant la demeure des Peugeot]
19.3 dimanche Repos, j’assiste à la messe à Hérimoncourt, je fais divers emplettes de petits articles en bois. Nous montons l’après-midi à la ferme aux chiens où nous sommes de service, il fait assez beau, Mr Leglaive prend les demoiselles Beaudroit en photo avec une de leurs amis. Nous allons dans la soirée rendre visite à Perrin qui est malade, ainsi que le pauvre Vetter qui n’est pas brillant
20.3 lundi Le 17 le général Joffre vient à Abbeviller avec plusieurs généraux, la 6e reçoit montres et pipes, le citoyen Locard a l’honneur de lui serrer la main et profite pour conserver une montre. Tous les jours de la semaine, ordre de partir dès 5 h pour commencer les travaux à 6 h, les hommes ont leur sac et fourniment complet

carte IGN 2021

23.3 jeudi Nous avons la visite du général Jallet qui trouve à redire sur les heures de travaux, il tient beaucoup aux 10 heures de travail, la soupe mangée sur le chantier même, mais il oublie de donner des ordres pour que le travail soit suivi, ce qui est incompréhensible, on est surveillé par personne et on n’est pas fixé sur le travail à faire
25.3 samedi Repos, j’en profite pour aller à Hérimoncourt.
[carte postale « Hérimoncourt (Doubs) la gendarmerie et le Tertre » et Edouard Guillouard a précisé « château habité par Pierre Peugeot maire d’Hérimoncourt »]
J’ai rendez-vous avec le chef de fabrication pour une visite l’après-midi, je me fais raser par un coiffeur femme qui m’enlêve la moitié de mon bouc. J’apprends qu’il y a alerte pour les emplacements Blamont. J’arrive à la Chapelotte, la compagnie est partie, je prends un vélo et après une suée j’arrive beaucoup avant, mais nous ne rentrons qu’à 4 h, c’est loupé pour ma visite chez Peugeot
26.3 dimanche Grand-messe à Glay, il n’y a pas d’église à Meslières, Glay est un beau petite village Suisse entre deux montagnes, l’après-midi, promenade à Hérimoncourt. Mr Leglaive, Sacré et moi, nous admirons le magnifique panorama de la vallée du Doubs, on aperçoit très bien Montbéliard, le temps est très beau, la promenade est des plus agréables, le soir à mon retour je rencontre Avignon qui est à Glay ou plutôt à Pierrefontaine. Dans tout le pays les gens sont très aimables, se promènent avec nos poilus, beaucoup ont été reçus à déjeuner ou diner, à notre popote on nous a offert du gâteau, c’est souvent l’habitude à Rambois ou nous fait des beignets, on mange aussi dans la contrée des choux salés et des saucisses fumées
27.3 lundi Nous commençons un nouveau chantier sans le ravin de la Doue, réseau de fil de fer, petite tranchée, le coin est ravissant sans ce ravin resserré, la petite rivière coule, il y a un moulin à eau à la source même, c’est lui qui taille les limes Peugeot-N. Schligler Deiss (en Glay) son usine est très curieuse et la source souterraine qui coule très fort, son moulin est toujours en mouvement
28.3 mardi Tous les jours nous venons travailler dans ce coin pendant huit jours, le 28 je demande une permission pour aller visiter les usines Japy, le colonel la refuse avec cette annotation « il est inadmissible qu’un officier demande une permission pour se promener pendant que les hommes travaillent » Soit disant le commandant aurait répondu, mais en tout cas je n’ai pas eu de permission ce que je pardonnerais pas au colonel
29.3 mercredi Nous étions au travail dans le ravin de la Doue quand on avertit Mr Leglaive qu’il était désigné pour l’active, il en est navré et nous aussi de le voir partir [Photo : Edouard à droite fume]
31.3 vendredi Nous sommes chargés Sacré et moi d’aller reconnaître la frontière suisse sur une certaine distance de Abbeviller à Glay. Je conserve le meilleur souvenir de cette mission par le beau temps. Nous sommes passés tout près d’un poste important, il y avait pas mal de soldats suisses qui nous ont salué, c’était très curieux cette frontière bien limitée, par de petits drapeaux blancs et rouges rapprochés. Nous sommes allées à une grande ferme de la Queuederotte prendre de la bière puis au poste de douanes, des cavaliers venaient chaque jour faire la liaison. Nous sommes revenus par les sources de la Doue, à un endroit nous avons cueilli des fleurs hors de la frontière
1er avril  1916 samedi Exercice d’alerte à Blamont qui nous prend la journée; Dans la soirée Sacré apprend qu’il est désigné pour remplacer Legras à la compagnie Agricole, il part le soir même
2.4 dimanche Messe à Glay avec Mr Leglaive, Caiade, l’après-midi promenade à Hérimoncourt, bruits de départ, mais le lendemain travaux à nouveau dans le ravin de la Doue. Mr Leglaive apprend qu’il ne part pas, il n’y a que Créhalet, Lefeuvre et de Vlacourt
3-5.4 Continuation des travaux mais à Rambois
6.4 jeudi A 9 h ordre de rentrer les autels et de revenir au cantonnement, ces trois journées avaient été particulièrement mauvaises, pluie, je suis monté près des fourneaux sur une colline d’où le panorama s’étendait au ballon d’Alsace, toute la vallée du Doubs. J’ai rarement vu aussi joli,je dirais avoir été autant impressionné que de voir Metz. Nous rentrons à la Chapelotte le matin à 10 h 30
7.4 vendredi L’ordre de départ était venu dans la nuit et à 7 h nous partions pour Audincourt (plus près de Montbéliard). Trémelot vient reprendre sa place à la Cie. Nous arrivons à Audincourt, cantonnement très difficile et très loin, je trouve difficilement une chambre, c’est regrettable car la population est aimable, le 3e bataillon est installé comme des princes. Nous faisons popote chez un contremaitre loin devant les usines, après déjeuner nous allons visiter les Forges où nous sommes bien reçus. Mr Boileau chef de tréfilerie nous fait visiter, nous explique toutes les fabrications, pointes, tôles, rivets, fil de fer, c’est très intéressant, nous prenons une bière ensemble
8.4 samedi Malheureusement, nous ne restons qu’un jour, j’ai une bonne chambre à l’hôtel Terminus où je prends un bain. La journée se passe en préparatifs de départ, à 5 h nous partons avec gros chargement pour les hommes qui fatiguent beaucoup, nous arrivons à 7 h à la gare pour ne partir qu’à 11 h. Nous dinons à la gare avec le colonel, Tremelot se fait un peu enlever, Philipo reste à la gare et est porté manquant. Nous partons sans connaître notre destination, les artilleurs ont bien parlé de Pont-à-Mousson, mais rien de certain, c’est encore vers l’inconnu et les bruits les plus divers circulent
9.4 dimanche Au petit jour on passe Epinal, Charmes, de grandes stations, de grandes usines, puis Nancy, la gare bombardée ne nous donne pas l’impression de beaucoup de sécurité, puis ce sont encore de grandes usines, Champigneulles, Frouard où nous descendons. C’est un dimanche, on nous dit que les avions viennent souvent jeter des bombes, les employés et officiers de service paraissent inquiets, on sort rapidement de cette gare très encombrée, voitures de toutes sortes, des autos à notre disposition pour emporter les sacs. On sort de la gare et on apprend que nous sommes cantonnés à Landremont (un peu au S.O. de Pont-à-Mousson et à 209 km au N. d’Audincourt, précédent cantonnement) Nous venons faire des travaux de première position.
On ose pas trop bouger et on déjeune au plus prêt sur la route, les renseignements sont peu rassurants, c’est la ruine où nous allons, il n’en est rien, on passe la Moselle pays charmant, Millery avant d’arriver à Landremont, grand halte, un avion laisse tomber une bombe, le soir installation modeste au cantonnement, peu de ressources
10.4 lundi Repos, nous montons près de la Vierge, magnifique panorama, Metz (40 km au N.)
11.4 mardi A la maison du garde, rendez-vous pour les travaux, avec le capitaine du Génie Tardif, le village Ste Geneviève nous impressionne un peu
12.4 mercredi Travaux, départ à 3 h, rentré à 6 h par Loisy et Bezaumont
15.4 jeudi Travaux départ à 3 h rentré 5 h par Ville au Val, il n’est pas possible de continuer cette combinaison
14.4 vendredi Travaux toute la journée
15.4 samedi Repos à Landremont, les travaux n’auront lieu que un jour sur deux
16.4 dimanche Travaux, départ à 2 h 30, messe à la chapelle en forêt, les quatre Chênes, c’est le jour des Rameaux, sermon et chant très bien
17.4 lundi Landremont, salut chaque soir
18.4 mardi Travaux Forêt de Facq
19.4 Landremont, repos
20.4 jeudi Je reste au cantonnement attendre ma permission qui n’arrive qu’à 6 h du soir, c’est le Jeudi Saint, par le mauvais temps je pars à Millery
21.4 vendredi Départ de Landremont à 4 h, prend Crue à Millery et nous prenons le train à Champigneulles, voyage pour Paris, déjeuner Wagon-restaurant, diné à Paris chez Chaussé où on fait maigre c’est Vendredi Saint, achat imperméable, départ à 9 h pour Nantes
22.4 samedi Arrivée à Nantes à 3 h
23.4 dimanche Pâques, grand-messe
24.4 lundi Promenade en voiture à Portillon (Vertou)
25.4 mardi Diné chez Louis (son frère, industriel à Nantes)
26.4 mercredi Chez Jeanne et chez Adrien (son frère, industriel à Nantes)
27.4 jeudi Fête Ste Aimée (sa femme)
28.4 vendredi Chez Charles (son frère, industriel à Nantes)
29.4 samedi Départ à 23 h, arrivé à Paris
30.4 dimanche Sans arrêt, arrivé à Champigneulles à 3 h, train à Millery, et arrivé à 7 h à Landremont où je retrouve Mr Leglaive capitaine
[photo à Nantes bien entendu, avec ma maman le jeune bébé sur les genoux de sa mère, Robert son frère avec un fusil et un chapeau militaire et Odette l’aînée de ses 3 enfants]
J 595 (1 an 7 mois 16 jours) : distribution de montres et de pipes

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Je ne vous mets pas les vues directement car ce serait trop lourd pour visionner ma page, donc je mets seulement les liens, et cliquez pour télécharger :  début mars  1916  –  5 mars  1916  –   10 mars 1916  – 15 mars  1916  – 18 mars  1916  – 20 mars  1916  – 25 mars  1916  –   fin mars 1916  –   début avril  1916  –  10 avril  1916  –   15 avril 1916  – 20 avril  1916  – fin avril   1916

 

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