Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

1690 : juillet, août, septembre, octrobre, novembre, décembre

Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 1er juillet (1690) mourut la veuve du feu Sr Gaudais. Elle s’appelait Marguerite Blondeau ; elle a laissé un garçon et une fille.
  • Le 2 (juillet 1690) le sieur Poitras épousa Melle Babault.
    Dans ce même temps mourut la femme du feu Sr Gannes Me apothicaire.
  • Le 8 (juillet 1690) le Sr Carré notaire en cette ville, veuf de défuntes dames Chesneau et Pelletier ses premières femmes, épousa en troisièmes noces la fille du feu Sr Quellier docteur en médecine et de la Delle Desportières.
  • Dans ce même temps, le Sr Trochon, épousa la fille du Sr de la Gaulerie Brondeau.
  • Le 31 (juillet 1690) la fille de Mr Jean Gault avocat au siège présidial de cette ville épousa monsieur Huslin gentilhomme.
  • Le 6 août (1690) une des filles de Mr Leroyer de la Baronnière avocat audit siège épousa le nommé Mariet receveur du tabac en cette ville (eh oui ! déjà un impôt sur le tabac) ; il est de la ville de Château du Loir.
  • Le même jour, la fille de défunts Mr Aveline de Narcé conseiller au siège présidial de cette ville et de la dame Guilbault, épousa le fils unique de Mr Guérin avocat et de la Delle Mussault.
  • Le 29 (août 1690) la fille de défunts Mr Guynoiseau avocat au siège présidial de cette ville et de la Delle Rossignol, épousa Mr Moreau Sr de la Mustière, fils du défunt Sr Moreau et de la dame Augereau du diocèse de Poitiers.
  • Le 28 (août 1690) le fils de défunts Sr Poilpré bourgeois de cette ville et de la demoiselle Baufait, épousa la fille de monsieur Louët, cy-devant lieutenant particulier au siège présidial de cette ville, et de la défunte dame Sérézin.
  • Le 18 septembre (1690) le fils du feu sieur Gyrois de l’Aiglerie épousa la fille du feu Sr Gannes Me apothicaire en cette ville et de la défunte dame …
  • Le 24, mourut le Sr Allard cy-devant marchand en cette ville, et depuis hoste de l’hôtellerie où pend pour enseigne le Roy des gardons en Reculée. Sa femme s’appelle Brouteau de la ville de Château-Gontier. (les auberges avaient franchement de jolis noms, c’était tout de même plus beau que nos chaînes hôtellières actuelles...)
  • Le 2 octobre (1690) mourut Mr Cordier garçon, avocat, fils de défunt Mr Cordier aussy avocat et de la Delle Saget.
  • Le 9 (octobre 1690) le fils du Sr Préjan marchand, lieutenant des eaux et forêts d’Anjou, épousa la fille du Sr Yvard, notaire en cette ville.
  • Le 10 (octobre 1690) Mr Delorme, fils de Mr Guy Delorme, avocat, épousa la fille du feu Sr ….
  • Le 12 (octobre 1690) la femme du Sr Sourdrille praticien mourut et fut enterrée en l’église de St Michel du Tertre ; elle s’appelait Rousseau.
  • Le 26 (octobre 1690) mourut la femme du Sr Gilbert cy-devant marchand en cette ville ; elle s’appelait Leliepvre.
  • Le 1er novembre (1690) mourut mademoiselle Bachelot fille de défunts Mr Bachelot contrôleur au grenier à sel de cette ville et de Delle Renée Panetier ; elle était âgée de 35 ans.
  • Le 7 (novembre 1690) mourut monsieur François Maudoux, prêtre, curé de St Michel du Tertre. C’était une personne d’un rare mérite, d’une grande piété et d’un bon exemple. Il savait l’art de toucher le cœur par ses prônes. Il était de la ville de La Flèche ; il a été curé pendant vingt et cinq ans.
  • Dans ce temps, monsieur Boucault de la Houssaye, conseiller au siège présidial de cette ville, veuf de la dame Gandon et ayant cinq enfants de ce mariage, épousa mademoiselle Lepetit de la Besnerie.
  • Le 13 (novembre 1690) on publia l’établissement de deux nouvelles foires, savoir pour le premier jour du mois de may et pour le 6 du mois d’août de chaque année. (Note de Marc Saché : Il existait déjà 2 autres foires régulières depuis l’octroi des lettres patentes de décembre 1646, l’une le lendemain de la Fête-Dieu, l’autre à la Saint-Martin d’hiver, chacune d’une durée de 8 jours.)
  • Le 16 (novembre 1690) le sieur Chatelain épousa la fille du Sr Planchenaut.
  • Le 27 (novembre 1690) le Sr Guyonneau, fils du feu Sr Guyonneau de la Riaillerie, lieutenant à Brissac épousa la fille du feu Sr Alaneau marchand poislier en cette ville.
  • Le 28 (novembre 1690) mourut le Sr Caternault, fils du feu Sr Caternault notaire royal en cette ville et de la dame Perrouin. Il avait épousé la fille du feu Sr Lancelot.
  • Le 29 (novembre 1690) mourut Mr Viot avocat au siège présidial de cette ville. Il avait épousé la fille du Sr Cireul notaire royal en cette ville, duquel mariage il a laissé cinq enfants.
  • Le même jour (29 novembre 1690) mourut la mère du Sr Bourneuf huissier audiencier au siège présidial.
  • Dans ce même temps, le Sr Beguyer, fils de défunt Antoine Beguier barbier baigneur en cette ville, fut receu dans l’office de greffier de l’hôtel de ville, créé par le Roy et cy-devant possédée par Me des Portes Poitevin.
  • Le 30 (novembre 1690) mourut la femme du feu Sr Tonnelier marchand de draps de laine. Elle a laissé trois enfants, un garçon chanoine régulier, et deux filles ; la première est morte femme de Mr Guilbault avocat. Elle s’appelait …
  • Le 5 décembre (1690) mourut Mr Boisourdy bourgeois, capitaine de ville ; son fils est avocat du Roy.
  • Le 11 (décembre 1690) monsieur de Vurie gentilhomme épousa la fille de feu monsieur Boylesve de la Maurouzière Me d’hôtel du Roy et de la dame Lanier.
  • Le 15 (décembre 1690) mourut madame du Ménil femme en secondes noces de monsieur du Ménil cy-devant avocat du Roy, duquel mariage il n’y a point d’enfant, et en premières noces en 1652 femme de feu monsieur Cupif d’Aussigné, duquel mariage il y a un enfant qui fut tué au sortir du Louver par monsieur Duplanty Boylesve. Elle s’appelait Lemarié, fille de François Lemarié et de Delle Licquet.
  • Le 18, monsieur de l’Eperonnière Sansonnière, escuier, épousa la fille de feu monsieur du Chiron Davy conseiller au siège présidial et de la dame Deroye.
  • Cette année a été assez heureuse et fertile en bleds et en vin.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
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    Contrat d’apprentissage de sergier et teinturier, Aviré (49), 1764 pour Maurice Bourneuf chez Mathurin Lemanceau

    (Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E)

    Nous poursuivons les contrats d’apprentissage. Vous vous souvenez, le serger ( »sarger, sergier ») est celui qui tisse la laine.
    Le contrat ci-dessous est particulier en plusieurs points :
    il nous apprend que certains sergier pratiquaient la teinture de leurs draps de laines

    La teinture de draps, miniature in Bartholomeus Anglicus, Des proprietez des Choses, Bruges, 1482 (Londres Royal British Library)

    L’apprenti a 25 ans, et ne paiera rien. Il semble donc que l’un et l’autre y trouvent leur compte, car l’apprenti participe assez aux travaux.

    Voici la retranscription de l’acte : Le 11 février 1764, devant Pierre Allard notaire royal en Anjou résidant à Louvaines, furent présents Mathurin Lemanceau serger et teinturier, demeurant aux Crusardières paroisse d’Aviré,
    et Maurice Bourneuf garçon âgé d’environ 25 ans, demeurant en qualité d’apprentif en la maison dudit Lemanceau,
    lesquels sont convenus du brevet d’apprentissage promesses et obligations suivantes à savoir que ledit Lemanceau prend et accepte ledit Bourneuf en qualité d’aprentif en sa maison et demeure pour le temps de 2 ans commencés de Noël dernier,
    pendant lequel temps il promet et s’oblige lui montrer et enseigner à son possible sondit métier de serger et la teinture des laines et étoffes qu’il fabrique et ainsy qu’il le fait ordinairement et non plus avant, le nourrir, coucher, reblanchir et chausser ainsi qu’il appartient à aprentifs de même métier,
    ce que ledit Bourneuf a accepté, promis, promet et s’oblige exécuter et travailler audit métier de serger et teinturier, pendant ledit temps, et même tirer et filer de l’étein (je n’avais pas trouvé la signification, c’est fait grâce à vous, voir ci-dessous), sans pouvoir s’absenter ni ailleurs aller travailler sans le consentement dudit Lemanceau, sous les peines qui y appartiennent,
    comme aussi il promet et s’oblige d’aider ledit Lemanceau à travailler sur les terres qu’il exploite seulement dans le temps de la récolte,
    le présent brevet d’aprentissage ainsi fait aux conditions et obligations cy-dessus et pour ledit temps de 2 ans commencés de Noël dernier, seulement et pour tout payement, et si les parties veulent des expéditions des présentes elles les payeront chacun à ses frais…
    fait et passé au bourg de Louvaines, demeure de Jean Beaumond hôte, en présence de Marc Paigis marchand demeurant à Louvaines témoins.

    Au fil de ces contrats, vous découvrez la durée de formation de chacun. Mais au fait, quelle est la durée de formation d’un chirurgien ? Elle arrive bientôt, mais vous pouvez émettre ici vos hypothèses, compte-tenu de ce que vous savez déjà des autres métiers.

    Je prépare une petite histoire rarissime dans une succession, qui sent bon la chasse au trésor. Elle arrive bientôt, malheureusement, je ne peux laisser le titre (la fameuse case en haut, et le sous-titre), en forme d’énigme, car les moteurs du WEB n’analysent pas la recherche des trésors et les énigmes, mais bien des termes plus substantiels, donc vous aurez la réponse dans le titre… désolée de cette forme concrète des méthodes du WEB. Mais sincèrement préparez vous à une affaire rocambolesque…

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    Retraite d’une veuve chez son gendre, Jacques Justeau, maréchal en oeuvres blanches, 1708

    Meubles et location de la chambre, à La Chapelle-sur-Oudon, 49 (Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E)

    Après le décès de son époux Jean Bodard, maréchal en oeuvres blanches, Suzanne Lespron, mon ancêtre, s’était retirée chez son gendre Justeau, aussi maréchal en oeuvres blanches. Elle avait fait dresser la liste de ce qu’elle y avait emporté, et mieux, l’acte donne à la fin, le montant du loyer annuel versé à Justeau, 4 livres. Cet acte illustre le sort des veuves, et aussi le coût de la vie par des exemples concrets, ici le loyer de la chambre par an. Il nous livre également la présence d’un fils infirme.

    Voici la retranscription de l’acte : Le 11 septembre 1708, dvt Claude Bouvet Nre Royal Segré, h. personne Suzanne Lespron veuve de †Jean Bodard vivant maréchal en œuvres blanches demeurant au village de Vrezée (c’est ainsi qu’on appelait autrefois la Verzée) à La Chapelle-sur-Oudon, gisant au lit malade mais par la grâce de Dieu saine d’esprit et de mémoire et d’entendement, laquelle craignant qu’après sa mort ses enfants vinssent du différent entre eux à cause des meubles qui sont en la maison de Jacques Justeau maréchal en œuvres blanches son gendre où elle est détenue malade, pour y obvier elle déclare avoir les meubles qui suivent

  • un lit garni où elle est à présent gisante dont le demi-tour est de Tirtainne garni de franche et franchette de soie, une couverture blanche plus que demie usée, une couette, un traverslit, et un oreiller le tout ensouillé de couetty, paillasse et charlit,
  • une paire de prisse (genre d’armoire) de pommier fermante à deux fenêtres, & de clef,
  • un bois de couchette couette et paillasse un traverslit de peu de valeur,
  • une table ronde de bois de noyer,
  • un charlit de bois de noyer (écrit noier), une couette ensouillée de couetty et un traverslit ensouillé de toille,
  • une poisle à frire, un grand poislon, et une passette d’airain, un rond aussi d’airain, une marmitte de fer avec son couvercle d’airain, deux petits chaudrons percés, et un autre petit chaudron, le tout de cuivre,
  • deux petits chenets, une crémaillère (écrit cramaillère), une broche à rostir, le tout de fer,
  • un vieil cabinet,
  • une vieille huche,
  • deux lampes et deux chandeliers de potin, l’une desquelles lampes est raccommodée de fer,
  • 19 livres d’étain, tant creux que plat, (c’est la vaisselle, toujours estimée au poids)
  • 8 draps de toille de brin et reparon, dont 2 usés,
  • 14 chemises à l’usage de ladite établie, desquelles il y a 9 presque neuves, et les autres plus demi-usées,
  • 3 nappes de brin,
  • une demi-douzaine d’essuismains,
  • 3 souilles d’oreillers, et 4 serviettes,
  • 16,5 livres de laine filée laquelle laine ladite établie déclare employer à faire faire de l’étoffe …,
  • plus 1 autre bois de couchette garnie d’une couette,
  • 1 traverslit, … lodier et paillasse qu’elle dérire relaisser à Pierre Bodard son fils, qui y est gisant infirme,
  • 6 chaises de bois foncées de jonc desquelles il y une de bois de chêne,
  • 2 futs de pippe de peu de valeur,
  • 1 fut de busse et quart de pippe,
  • 1 rouet à filer,
  • 1 saloire (écrit salouer) … à vanner, 1 crocher de fer, à pecher,
  • le tout qu’elle veut être partager entre sesdits enfants après son décès, ce que ledit Jousteau et Suzanne Bodard sa femme ont reconnu devant nous avoir vu en ladite maison,
    voulant au surplus ladite Lespron que son testament passé devant †Me René Guyon notaire royal audit Segré le 27.11.1703 soit exécuté selon sa forme … laquelle exhorte sesdits enfants de discuter leurs droits dépendant des biens qu’elle leur relaisse le plus pacifiquement que faire se pourra,
    fait et passé au village de Vrezée maison dudit Jousteau en présence de François Bodard marchand et de Jean Bodard maréchal en œuvres blanches enfants et gendre de ladite établie, et encore de François Bodard Me cordonnier et Louis Bigot tailleur d’habits à Segré,…
    et à l’égard du louage de la chambre qu’elle occupe chez ledit Justeau et femme, ils ont convenu entre eux et ladite Lespron s’oblige leur payer de louage par chacun an 4 L, et entretiendra ladite chambre bien carrelée (AD49)

    Si je compte bien, il y a 5 lits dans la pièce, et elle dort donc seule, son fils handicapé aussi, et sans doute une servante. C’est rare de voir autant de lits devenus individuels, je suppose que ce sont les lits qui ont fait toute la vie de Suzanne Lespron, devenus vides depuis le mariage de ses enfants et son veuvage, mais qu’elle a conservés jusqu’à la fin de ses jours. D’ailleurs, tout le reste semble bien être tout ce qu’elle avait du temps de son époux et dont elle ne se sépare pas encore. Il semble que la présence d’un fils handicapé a fait que ses enfants n’ont rien partagé de ses meubles de son vivant, car généralement, les veuves se ratatinent beaucoup.

    En ce WE de Pentecôte, vous vous reposez, mais préparez vous à un billet extraordinaire : Lors d’une succession, prenez une hôtellerie, un serrurier, un orfèvre… et vous allez vivre un moment haut en couleurs, rarissime dans un acte notarié… car vous pouvez ajouter une grande dose de mystère, mieux que dans n’importe quel roman.
    Je suis en train de le préparer, malheureusement, je ne peux laisser le titre (la fameuse case en haut, et le sous-titre), en forme d’énigme, car les moteurs du WEB n’analysent pas la recherche des trésors et les énigmes, mais bien des termes plus substantiels, donc vous aurez la réponse dans le titre… désolée de cette forme concrète des méthodes du WEB. Mais sincèrement préparez vous à une affaire rocambolesque…

    A ce propos, savez-vous que ce site est visité par des auteurs, qui glanent la vie d’antan pour leurs écrits. Eh bien, ils ne vont pas être déçus, vous aussi d’ailleurs…

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1690 : janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 2 janvier (1690) mourut monsieur Boylesve de la Mauricière ; il était extrêmement riche ; sa femme s’appelait Papin. Il avait deux filles ; l’aînée a épousé Mr de Genouillac conseiller au parlement de Paris, et l’autre est décédée laquelle avait épousé monsieur le comte de la Porte seigneur de la Thibaudière, dont il n’y a point d’enfant.
  • Le 10 (janvier 1690) Mr de Chantepie Leroyer, fils de feu Mr de Chantepie Leroyer, lieutenant en l’élection de cette ville, épousa la fille de Mr Coueffé, avocat et de la Delle Huchedé.
  • Le même jour (10 janvier 1690) la fille du feu Sr Crosnier Me chirurgien en cette ville épousa le Sr Lehoreau médécin à Nantes.
  • Le même jour (10 janvier 1690) la fille de Mr du Roger d’Angenay conseiller à la prévôté, épousa le Sr Drouet.
  • Le 11 (janvier 1690) monsieur Garsenlan auditeur des comptes en Bretagne, fils du Sr Garsenlan de la Perrière, cy-devant marchand en gros de bled, et de la dame Mestayer, épousa la fille de défunts monsieur de la Perrière Foussier conseiller au présidial de cette ville et de la dame Gardeau.
  • Dans ce mesme temps, mourut mademoiselle Poilpré. Son fils aîné a épousé la fille de feu Mr Muzard secrétaire de monsieur l’évêque d’Angers, et une fille a épousé le sieur Saget bourgeois. Elle s’appelait Gabrielle Bachelot.
  • Le 18 (janvier 1690) Mr Bonvallet veuf de la Delle Pasqueraye épousa la fille de Me Gilles Guilbault avocat.
  • Dans ce même temps, mourut la femme de monsieeur Gueniveau de Souvigné cy-devant procureur du Roy au siège de la prévôté de cette ville. Elle a laissé deux garçons ; elle tomba dans un petit ruisseau proche le clos des marchands ; elle s’appelait Girault.
  • Le 23 (janvier 1690) monsieur du Temple Erreau, procureur du Roy au siège de la prévôté de cette ville, fils de feu monsieur Erreau docteur régent ès loix et de la Delle Verdier, épousa la fille de feu monsieur Deroye conseiller au siège présidial et de la dame Talour.
  • Le 27 (janvier 1690) mourut le sieur Garciau commissaire au greffe civil du siège présidial de cette ville, âgé de 49 ans. Il a laissé plusieurs enfants ; l’aînée a épousé le Sr Paytrineau marchand de soie associé avec le Sr Geslin.
  • Le 29 (janvier 1689) Mr Voisin Sr du Sauzay, fils de monsieur Voysin, docteur régent ès loix, et de la feue Delle Toublanc, épousa la veuve du feu Sr Sourdrille de la Bachelotière, duquel mariage il y a quatre enfants. Elle s’appelle Boizourdy.
  • Le 31 (janvier 1690) le Sr Destriché de la Barre, épousa la fille du feu Sr de la Gallicheraye Coutard et de la dame Charon.
  • Le 2 février (1690) le Sr Dupas de la Grée épousa la fille du feu Sr Cadoz, clerc du palais.
  • Le 9 (février 1690) mourut monsieur Coutard de Narbonne, conseiller honoraire au siège de la prévôté de cette ville.
  • Le 15 (février 1690) mourut monsieur Martineau ; il avait autrefois été Me apothicaire en cette ville. Il n’a point laissé d’enfants.
  • Le 16 (février 1690) monsieur Voisin, docteur régent ès-loix, âgé de 74 ans, personne d’un mérite rare et distingué et d’une science très profonde. Il avait épousé la Delle Toublanc, dont il y a deux garçons ; le 1er a épousé la fille de Mr de la Porte Trochon, et l’autre Melle Boizourdy veuve de feu Mr de la Bachelotière Sourdrille de la ville de Château-Gontier.
  • Le 21 (février 1690) mourut monsieur Allard, banquier. Il a laissé plusieurs enfants d’un second mariage avec Melle Barbereau, et du premier avec Melle Lagouz, une fille unique mariée avec monsieur Delaunay, avocat.
  • Le 24 (février 1690) mourut monsieur Cordier avocat. Il a laissé un fils unique aussy avocat de son mariage avec Melle Saget. Il ne fréquentait point le barreau.
  • Le 16 mars (1690) mourut le Sr Doublard cy-devant marchand droguiste. Il avait épousé la dame Delorme, duquel mariage il a laissé 2 garçons qui sont avocats, dont l’aîné a épousé la fille du feu Sr Ponceau praticien au palais.
  • Le 17 (mars 1690) mourut la femme de monsieur Romain Sr du Perray bourgeois de cette ville. Elle s’appelait Lezineau ; elle n’a point laissé d’enfant.
  • Le 20 (mars 1690) mourut la femme du sieur Goussard marchand chapelier. Elle s’appelait Le Bannier.
  • Le 28 (mars 1690) mourut monsieur Gault Sr de Baubigné avocat au siège présidial de cette ville, fils de feu Mr Gault Sr de la Saunerie aussy avocat et de la Delle … Il était âgé de 39 ans ; il a épousé Melle Trioche de la Bétonnière.
  • Le 2 avril (1690) mourut la fille de monsieur Quelier de Marcé, lieutenant de prévôt de cette ville ; elle était veuve de feu Mr Legras de Laugeardière gentilhomme duquel mariage il n’y a point d’enfant.
  • Le 3 (avril 1690) mourut Mr Carré, fils de Mr Carré notaire royal en cette ville, mon cousin rémué de germain. Il avait épousé la fille du Sr Pouneau marchand à Saumur dont il n’y a point eu d’enfant. Il était âgé de 27 ans.
  • Le 9 (avril 1690) mourut le Sr Lemasson, fermier du temporel de l’abbaye de St Nicolas. Il avait épousé en premières noces madame Hodemon, tante de ma femme, laquelle était veuve du Sr Garsenlan et dont il n’y a point eu d’enfant, et en secondes il a épouse Madame Le Couz.
  • Le même jour (9 avril 1690) mourut mademoiselle Gontard âgée de 75 ans, femme de feu Mr Gontard avocat. Son fils aîné aussy avocat décédé, avait épouse Melle Primault dont il y a des enfants ; un autre aussy avocat a épousé Melle Chotard ; un autre est décédé archiprêtre de Juigné ; et une fille a épousé Mr Lebloy aussy avocat, laquelle est décédée et a laissé une fille.
  • Le 18 (avril 1690) mourut le Sr Deslandes, commis au greffe civil du siège présidial de cette ville. Il a été marié deux fois ; sa première femme fut frappée de Mr Leroyer de la Baronnière avocat, dont elle mourut, ce qui coûté plus de 3 000 livres ; elle s’appelait Antoinette Serrin, duquel mariage reste deux filles dont une a épousé la Sr Ragot. Il y a plusieurs enfants du second.
  • Le 19 (avril 1690) mourut monsieur Reimbault de la Foucherie, prêtre, curé de Beaupreau et chapelain en l’église de St Michel du Tertre. Il était très honnête homme et extrêmement zélé.
  • Le 4 (avril 1690) monsieur Boguais de la Boessière cy-devant avocat, se fit installer dans la charge d’assesseur de l’élection de cette ville. Il est neveu de ma femme.
  • Le mesme jour, monsieur Hiron se fit aussi installer dans la charge d’eleu, lesquelles deux charges sont de nouvelle création.
  • Le 1er may (1690) messieurs Poullain de la Forestrie et de la Mothe Marchand, furent élus échevins.
  • Le même jour mourut la veuve de feu monsieur Hunault de Marsillé ; elle s’appelait Billard.
  • Le 4 (mai 1690) mourut la femme du feu Sr Allard banquier ; elle s’appelait Desplantes Barbereau ; elle a laissé plusieurs enfants.
  • Le 5 (mai 1690) mourut Mr Jousselin docteur régent en médecine, âgé de 78 ans. Il était très habile dans sa profession. Il a laissé deux filles ; la première décédée avait épousé feu Mr de la Rousselière Thomas conseiller au présidial dont il y a des enfants ; et l’autre a épousé Mr Grandet aussy conseiller au présidial et à présent maire de cette ville.
  • Le 9 (mai 1690) Mr Boussac avocat fils de Mr Boussac aussy avocat et de la demoiselle Jamet, épousa la fille de défunt Mr de la Possardière Brichet aussy avocat et de la Delle Gaultier.
  • Le mesme jour (9 mai 1690) mourut Mr des Rousses Herbereau conseiller à la prévôté. Il avait épousé défunte Melle Esther Davy dont il y a plusieurs enfants.
  • Le 10 (mai 1690) mourut mademoiselle de la Barre Louvet.

  • Le 19 (mai 1690) monsieur de comte de Maillé de Bourmont et de Tourlandry mourut en se maison seigneuriale de St Jean des Mauvrais. Il était âgé de 36 ans ; il avait épousé en premières noces mademoiselle Teullin de Montrou dont il y a un enfant et en secondes madame …
  • Le 22 (mai 1690) le Sr Descamp Me chirurgien en cette ville, veuf de la dame Mezières, duquel mariage il y a deux enfants, épousa la fille du Sr Brunet marchand de dentelles.
  • Le 28 (mai 1690) mourut madame Janvier veuve ; elle a laissé quatre enfants dont l’aîné a été marchand de soie en cette ville, mais il tomba aussytost dans la disgrace ; il avait épousé défunte dame Roullier. Elle était âgée de 58 ans ; elle s’appelait…
  • Le 30 (mai 1690) monsieur Le Tourneux président en l’élection de cette ville, fils de Mr Le Tourneux docteur en médecine, et de la demoiselle Jarry, épousa la fille de monsieur Vaulaige Sr de Vaugirault et de la défunte Delle Talour.
  • Le 6 juin (1690) mourut la femme de feu monsieur de la Blanchardière Audouin conseiller au présidial ; elle s’appelait Goupil. Elle a laissé plusieurs enfants savoir un garçon prêtre, à présent curé de Gonnord, un autre cy-devant conseiller audit présidial, qui a épousé la fille de feu Mr Drouin notaire et une fille décédée qui a épousé Mr Bernard conseiller audit siège.
  • Le 7 (juin 1690) mourut le Sr Audouin marchand voiturier.
  • Le 8 mourut le Sr Defaye cy-devant huissier audiencier au présidial.
  • Le 9 (juin 1690) mourut le Sr Chouteau praticien. Il avait épousé en premières noces la fille du Sr Rigault de Cré dont il y a 3 enfants, et en secondes la fille du feu Sr Goubault Me chirurgien en cette ville, dont il n’y a point d’enfant.
  • Le 10 (juin 1690) monsieur Hameau du Marais, fils de Mr Hameau du Marais, bourgeois et de la Delle Grémont, se fit installer dans la charge de conseiller honoraire nouvellement créée par le Roy.
  • Le 13 (juin 1690) le fils de feu Mr de la Porte, receveur des consignations et cy-devant élu en l’élection de cette ville, épousa la fille de monsieur Rousseau de Pontigné conseiller au siège présidial de cette ville et de la défunte dame Butin.
  • Le 19 (juin 1690) le sieur Labbé de Château-Gontier épousa la fille du sieur Beguyer marchand.
  • Le 20 (juin 1690) mourut Mr Quelier de Marcé, lieutenant de prévôt.
  • Le 27 (juin 1690) mourut le Sr Coutard du Brossé marchand. Il avait épousé la fille du feu sieur Yvert, duquel mariage il y a plusieurs enfants.
    Le 29 (juin 1690) mourut le Sr Rodaye marchand de soie, âgé de 32 ans.
  • Le 26 (juin 1690) mourut monsieur du Chiron Davy, cy-devant conseiller au siège présidial de cette ville.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

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    Dispense de consanguinité, La Selle-Craonnaise (53), 1733 : Michel Boisseau et Jacquine Boisseau

    L’acte qui suit et extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série G

    Voici la retranscription de l’acte : Le dernier jour d’août 1733, en vertu de la commission à nous adressée par monsieur l’abbé Le Gouvello vicaire général de Mgr l’évêque d’Angers en date du 27 de ce mois, pour informer de l’empêchement qui se trouve au mariage qu’on dessein de contracter Michel Boisseau veuf de Marie Douillard de la paroisse de La Selle, et Jacquine Boisseau veuve de Luc Lamy de la même paroisse, des raisons qu’ils ont demander dispense dudit empêchement, de l’âge desdites parties, et du bien précisément qu’elles peuvent avoir, ont comparu devant nous commissaire soussigné lesdites parties, savoir ledit Michel Boisseau, âgé de 32 ans et ladite Jacquine Boisseau âgée de 31 ans, accompagnés de François Giret et de Jean Lepron, cousins remués de germain dudit Michel Boisseau, de Jean Boisseau et François Giret frère et beau-frère de ladite Jacquine Boisseau, tous de ladite paroisse de La Selle, qui ont dit bien connaître lesdites parties ; et serment pris séparément des uns des autres, de nous déclarer la vérité sur les faits dont ils seront enquis, sur le rapport qu’ils nous ont fait, et les éclaircissements qu’ils nous ont donné, nous avons dressé l’arbre généalogique qui suit :

    Michel Boisseau, a eu pour enfants

  • Michel Boisseau – 1er degré – André Boisseau
  • Pierre Boisseau – 2e degré – André Boisseau
  • Michel Boisseau, qui veut épouser Jacquine Boisseau – 3e degré – Jacquine Boisseau, du mariage de laquelle il s’agit
  • ainsi nous avons trouvé qu’il y a un empêchement au 3e degré entre ledit Michel Boisseau et ladite Jacquine Boisseau,
    à l’égard des causes et raisons qu’ils ont pour demander la dispense dudit empêchement ils nous ont déclaré
    qu’ils se sont vus pendant 2 ans avec tant de familiarité que le public en a été si scandalisé que s’ils ne se marient ensemble, il y a lieu de craindre que ladite Boisseau ne trouve point à qui se marier,
    que les biens de l’un et de l’autre sont proches l’un de l’autre, qui pourront valoir d’avantage que s’ils se mariaient avec d’autres, par conséquent plus en état de donner l’éducation à leurs enfants, ledit Michel Boisseau en a 2 et ladite Boisseau 3, que dans la suite des temps le bien qu’ils ont ne serait pas suffisant pour leur entretien et qu’étant réuni ils espèrent par leur industrie trouver le moyen de faire subsister leur famille,
    à l’égard du bien qu’ils peuvent avoir les dénommés nous ont déclaré que celui dudit Michel Boisseau n’est point partagé avec ses cohéritiers, qu’il est en procès avec eux pour cela, qu’ils plaident actuellement au présidial d’Angers (s’ils sont en procès c’est qu’ils en ont les moyens, car les procès coûtent, donc c’est que les biens à partager sont bien palpables. Si cela avait été un loppin de terre ou une chambre de maison à partager, le procès aurait coûté plus cher que le bien ne valait…), et que quand les partages seront faits il n’espère pas avoir plus de 60 livres de rente, quand les réparations auront été faites qui sont considérables,
    que ladite Jacquine Boisseau ne peut avoir, les rentes payées et réparations faites, plus de 40 livres de rente, par conséquent ils se trouvent hors d’état d’envoyer en cour de Rome pour obtenir la dispense dudit empêchement, ce qui nous a été certifié par lesdits témoins ci-dessus nommés, et qui ont signé avec nous fors lesdits Michel Boisseau et Jacquine Boisseau.

    Cette dispense mérite que nous arrêtions un peu sur le seuil de fortune accepté pour ne pas envoyer en cour de Rome. En effet, la même année 1733, voici le billet que le vicaire général adressait aux curés concernés par une dispense.

    Cette image est la Propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série G

    On y lit que le seuil de fortune est fixé à 2 000 livres. Or, voici la conversion des rentes citées en capital, sachant que les taux des rentes hypothéquaires ont évolué au cours du 17ème partant du Denier 16 (6,25 %) pour parvenir au début du 18ème au Denier 20 (5,00 %)

    60 livres de rente représentent :

      à 6,25 %, un capital de 960 livres
      à 5,00 %, un capital de 1 200 livres

    40 livres de rente représentent :

      à 6,25 %, un capital de 640 livres
      à 5,00 %, un capital de 800 livres

    Ainsi, les deux futurs disposent au minimum d’une fortune de 2 000 livres. Il se sont sans doute arrangés pour passer juste à la limite, en particulier en exprimant leur fortune en termes de rentes annuelles, ce qui passe plus discrètement. Je trouve même leur manière de présenter les choses assez astucieuse, y compris les pleurs sur les partages non terminés.

    Ceci dit, le seuil fixé par l’évêché me semble tout à fait crédible, car mon expérience fixe la fortune de 2 000 livres au niveau d’un métayer, et de ce que j’appellerai la classe moyenne d’alors, mais nous verrons ensemble au fil de ce billet que bon nombre de métiers sont tout à fait en dessous de ce seuil, y compris des métiers devenus plus rémunérateurs de nos jours, donc trompeurs avec nos yeux de 2008, dont il faut se séparer quand on aborde les 17 et 18e siècles.

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    Chef-d’oeuvre de serrurier, Château-Gontier, 1757 pour être admis dans le corps des maîtres serruriers de la ville, ayant statuts

    Nous avons vu que le l’apprentissage d’un serrurier durait 4 ans, passons au chef-d’oeuvre.

  • Et d’abord, pourquoi un chef-d’oeuvre ?
  • Les maîtres serruriers étaient regroupés en corporations ayant des statuts, et pour y être admis il fallait réaliser un chef-d’oeuvre, fixé par les confrères.

    Voici la retranscription de l’acte : Le 20 mai 1758 Dvt Nre royal à Château-Gontier, Pierre Gambier, compagnon serrurier à Château-Gontier, prie Michel Ribay, Estienne Perrel, Jean Ricou, René Bonnomet, et Pierre Houdbine, maîtres serruriers, Dt à St Rémy, St Jean et faubourg d’Azé, de bien vouloir le recevoir dans leur corps et communauté promettant pour cet effet de leur porter respect et confraternité en véritable confrère,
    lesquels acceptent à condition que ledit Gambier fasse un chef d’œuvre qui consistera en une serrure dont la clef sera forée et encavonnée, dont la ferrure représentera une fleur de lys, laquelle serrure sera de 7 pelles séparés et un demi tour au milieu. (j‘ai découvert en tappant ce texte la notion de décor dans ce métier, et j’ai aussitôt été voir les planches de l’Encyclopédie Diderot. C’est extraordinaire tout ce qu’un serrurier faisait : depuis les fenêtres lorsqu’elles avaient des vitres, les espagnolettes des fenêtres, les innombrables serrures d’armoires, coffres, portes, les barreaux aux fenêtes, comme la fenêtre que nous avons vu dans le billet sur le prix du lit, etc…et le tout avec ferrures décoratives, et je vous ai mis quelques exemples, puis j’ai pesé la seule clef en ma possession, sur mon armoire, et elle pèse 60 g, et je pense donc que la plupart des clefs de coffre et armoire étaient de cet ordre, les portes allant surement jusqu’à 100 g et au delà dans les châteaux)

    Le 30 décembre 1757 Joseph Jolly, compagnon serrurier, de présent à Château-Gontier chez Lucas Jolly son frère, marchand, demeurant rue de la Poislerie, demandait la même chose aux mêmes. Jolly s’oblige faire un chef d’œuvre qui consistera en 6 pelles séparées, clef forée formant un trèfle partant sa queue et encouronnée, le tout en parement.

    Mais au fait, je viens de réaliser que le serrurier possédait autrefois une forge, que son travail de serrurier fabriquant les serrures, etc…, était à la forge. Les planches de l’Encyclopédie Diderot m’ont éblouie sur le sujet, tant les oeuvres étaient élaborées (serrures multiples et complexes) et artistiques (on vient de voir la fleur de lys sur une serrure, un trèfle sur une autre).

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