Donation à son domestique, Corzé, 1641 : François de Chérité à Jean Mathieu

Le contrat de travail d’un domestique était verbal, parfois en se serrant la main. Donc, les traces de tels contrats n’existent pas…

Mais, parfois, on trouve quelques traces indirectes, comme ce fut mon cas pour mon ancêtre Faucillon, qui avait été couché sur le testament de sa patronne, pour une somme assez douillette… pour bons et loyaux services. J’ai trouvé à Corzé, cette fois sans trace de testament, une donation du vivant du seigneur, la voici :

Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E
Voici la retranscription de l’acte : Le 7 novembre 1641, devant Christophe Davy notaire royal résidant à Corzé, furent présents établis et duement soubzmins Messire Françoys de Cherité chevalier seigneur de Chemant en ladite paroisse de Corzé, demeurant à Angers paroisse de Saint Denis,
lequel pour la bonne amitié qu’il porte à Jehan Mathieu son serviteur domestique et en recognoissance des bons et agréables services qu’il lui a rendus et de ceulx qu’il luy rendra à l’advenir, lui donne par ces présentes sa vie durant seulement, toutes et chacunes les rentes tant foncières que féodales et autres debvoirs qu’il lui doit à cause de sa seigneurie de Chemant pour raison des choses héritaux par ledit Mathieu cy-devant acquises de André Badin et Catherine Davy sa femme par contrat passé par Berruyer notaire royal Angers le 26 mars dernier, sans que néanmoins le décès dudit Mathieu ses hoirs et ayant cause se puissent référer du présent acte, et ils seront tenus payer les rentes de Chemant …

Je vous avais posé une question restée sans réponse, car elle ne vous avait pas parue importante, sur le meilleur moyen qu’avait un closier pour sortir de son sort. Domestique chez un seigneur était un moyen. Certes, il y restait souvent 15, 20 ou 25 ans, mais pouvait au final, se retrouver avec un petit pécule, puisqu’il ne dépensait rien du temps de son service, par contre, il apprenait les bonnes manières, et parfois même, comme c’est le cas de mon Faucillon, il était appelé à des fonctions plus nobles. Mon Faucillon gérait manifestement la maison seigneuriale lorsque le maître était en mer, ce qui était fréquent… Il avait appris à écrire et compter, sans doute en se distinguant des autres… en gagnant la confiance… enfin, c’est ce que je suppose… et cette famille Faucillon est l’une des rares familles à avoir alors franchi la barrière sociale. Il se marie ensuite, certes moins jeune, mais fonde une famille socialement plus élevée que les précédentes… et ses descendants deviennent tous des marchands fermiers, c’est à dire des gestionnaires de biens, faisant des affaires…

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Une réponse sur “Donation à son domestique, Corzé, 1641 : François de Chérité à Jean Mathieu

  1. Report des commentaires parus dans mon ancien blog :
    Marie, le 24 mai : Un domestique bien considéré… Ce Estienne Groust était natif du diocèse de Rouen, l’histoire ne dit pas s’il a eu un beau cadeau de mariage de la part de noble homme François de Crespy, sieur de La Mabilière…( supplément a la Série E )

    Marie-Laure, le 24 mai : Ou peut être en devenant : « Maistre cuisinier » comme hh Charles du Hu …(le reste est caché par la pliure du milieu des pages) qui est parrain à Athée (53) , en 1670 , décrit comme: » Maistre Cuisinier de hault et puissant seigneur Philippe Madalien , sieur de Chauvigny et autres lieux » ,il ne sait pas signer.Vue 250/406.

    Stanislas, le 24 mai : article Guitau in abbé Angot : Le feudiste Audouys, dont on connaît l’esprit de dénigrement, donne ainsi leur origine  » Pierre Guiteau fut d’abord valet de M. Fouquet de la Bouchefolière, dont il épousa une servante. il fut ensuite palfrenier des écuries de la messagerie de la ville d’Angers ; enfin il tint la Poste aux cheveaux de cette ville … » le mariage de Pierre Guistau et de Jeanne Terrier est le 27 février 1634 à Saint-Pierre d’Angers -vue 333-, il est marchand, ils sont fils et fille d’honnestes personnes … c’est comme une ritournelle de l’époque qui voulait que les familles nouvellement enrichies soient issues d’un laquais, mais parce qu’être domestique d’une grande maison permettait en effet de s’enrichir

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