Cession de dette entre verriers de Nantes et Angers, 1602

oui, oui, vous avez bien lu ! ils sont tous deux marchands verriers. Et si j’insiste aussi lourdement, c’est que le métier est rare, voire rarissime ! Alors, lorsque j’ai le bonheur d’en dénicher un, je le mets volontiers ici, en mémoire de mes premières années de labeur, qui commencèrent à Bagneaux-sur-Loing, au sud de Fontainebleau, dans une immense verrerie. Le musée que je vous ai mis en lien est d’ailleurs situé auprés de cette usine, et financé en partie par elle.

    Voir ma page sur les verriers
    Voir mon billet sur l’Histoire des fenêtres sans vitres, puis des vitres.
    Voir la page WEB sur le musée du verre

En rédigeant cette page, je m’aperçois que j’ai plusieurs métiers dérivés du verre en mots-clefs (tags) aussi je leur ajoute une CATAGORIE dans l’ARTISANAT qui sera VERRE, dans laquelle on retrouvera tout ce qui concerne le verre.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E6 – Voici la retranscription de l’acte : Le 11 janvier 1612 après midy, en la cour royale d’Angers devant nous René Garnier notaire d’icelle personnellement estably Martin Gueri marchand verrier aux Marchys de Nantes estant de présent Angers
soubzmectant etc confesse avoir quicté cédé délaissé et transporté quicte délaisse et transporte
à Jehan Aumond marchand verrier demeurant Angers paroisse de la Trinité présent et acceptant la somme de 8 livres audit Gueri deue par Mellet Cherbonnier marchand demeurant en Brécigné par obligation passée soubz la cour de Brissac par Coulleon notaire le 25 septembre dernier laquelle minute d’obligation ledit Gueri a baillée audit Aumond icelle minute estant en demie feuille de papier pour s’en payer par ledit Aumond ainsi qu’il verra et comme eust fait et faire pourroit ledit Gueri et à ce faire luy a céddé ses droits et l’a mis et subrogé en ses droits d’hypothèque et priorité à luy acquis par le moyen de sadite obligation et constitué son procureur irrévocable quant à ce pour s’en faire subroger en justice si besoin est et garanti ladite somme estre vallable et bien payable et n’avoir rien receu sur icelle
et est faite la présente cession délais et transport pour pareille somme de 8 livres que le dit Gueri debvoit audit Aumond pour marchandie que ledit Aumond luy auroit vendue baillée et livrée dont il s’est contenté tellement que à laquelle cession et tout ce que dessus est dit tenir etc garantir etc oblige ledit Gueri luy ses hoirs etc acceptant juridiction devant messieurs les juges consuls d’Angers qu’il a prins à juges naturels en ce regard bien que ce ne soit pour marchandie cédée etc renonçant à décliner de juge et juridiction etc renonçant foy jugement condemnation etc
fait à Angers en présence de Jehan Vignault Gilles Restault et Me Anthoine Garnier liecencié ès lois demeurant Angers tesmoins

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6 réponses sur “Cession de dette entre verriers de Nantes et Angers, 1602

  1. Bonjour,
    Je viens de découvrir dans mon arbre généalogique un marchand verrier, qui fut par ailleurs pannetier.
    Ne connaissant pas ce métier, ôtez-moi d’un doute : le marchand verrier vend le verre mais ne le fabrique pas, est-ce bien cela ?


      Réponse d’odile :
      Afin de pouvoir me répondre, je souhaite connaître le lieu (ou tout au moins le département actuel) et l’année approximative, car le métier a évolué au fil des siècles.
      J’attends donc ces précisions afin de vous être utile.
      Odile
  2. Merci d’accepter de m’éclairer un peu.

    Mon ancêtre Martin MERLIN est originaire d’Henrichemont dans le Cher. Sur son acte de mariage en 1796, il est précisé qu’il est marchand verrier … puis plus aucune mention de cette profession sur les actes de naissance de ses enfants.

    C’est un peu loin de votre région, mais votre blog me permet néanmoins de mieux comprendre ce que fut la verrerie.

    Cordialement, Elodie

      Réponse d’Odile :
      C’est donc après l’action de Colbert pour l’essor des verreries.
      Il est alors possible qu’il ait été souffleur de verre, car après Louis XIV et sa galerie des glaces, les verriers se sont multipliés, surtout parce que Colbert avait obtenu les secrets de fabrication pour les répandre. Auparavant, ils étaient rigoureusement secrets et réservés à quelques familles possédant le secret.
      Vou auriez tout intérêt à chercher si une verrerie a existé à cette époque dans cette région.
      Je ne pense pas qu’à l’époque de votre ancêtre il est existé des marchands non fabriquants, mais il est curieux qu’on l’est qualifié de marchand verrier car le qualificatif usuel était maître verrier. Enfin, cherchez tout de même l’existence d’une verrerie.
      Avez-vous la possibilité de vous rendre aux Archives départementales du Cher, cela serait en effet indispensable.
  3. J’étais dans le Cher la semaine dernière, et malheureusement les archives étaient fermées. Je m’y rendrait cependant pour les vacances de Noël. Et en effet il existait bien une petite verrerie dans la région (le château de la Verrerie actuellement), qui aurait été détruite en 1815.

    Merci en tous cas pour ces informations, je vous donnerais des nouvelles si mes recherches portent leurs fruits.

    Note d’Odile :
    Merci d’avance.
    Ceci dit, puis-je me permette de vous donner d’autres minuscules pistes. En effet, il semble curieux qu’un seul acte porte mention du métier, et parfois, il faut lire les actes qui ne concernent pas la famille étudiée mais les autres personnages de la commune ou paroisse, car lorqu’ils sont témoins, on a parfois bien des détails, et ils étaient souvent témoins.
    Enfin, pour l’amusement, et j’espère que vous aimez l’humour, l’ouvrage de Gérard Boutet « La France en héritage », qui est un dictionnaire des métiers, mais plus axé sur les derniers siècles et même sur Paris que la Province, donne aussi le « marchand de vers », qui était un petit travail d’appoint, consistant à remuer la vase dans certaine régions pour y dénicher les vers, et les revendre, et il s’agit bien d’appâts pour la pêche.
    Odile

  4. -Une Verrerie Royale à Ingrandes en 1755.

    -Le 30 12 1755 à Angers Ste Croix,baptême de Joseph-Marie-François ,né d’aujourdhui,fils de Messire Raspiller ?,propriétaire de La Verrerie Royale,d’Ingrandes et de Dame Anne-Catherine-Aimée Bérard.
    (Angers Ste Croix B-M-S.1750- 1765. (vue 57)

    -Edifiée en 1755,qui expédiait les bouteilles vides vers l’Amérique (Google)

      Note d’Odile :

    C’est bien « de Raspiller ».
    Odile

  5. Bonsoir,

    Je viens de découvrir votre page sur les verriers du nord de la Loire Atlantique.
    Mes enfants ont pout aïeule Marie de POUPAILLE, née à Sion les Mines en 1641 et décédée au même lieu en 1694.

    Elle est fille de Etienne de POUPAILLE, verrier décédé le 10/02/1660 à Sion et de Jeanne GERARD.
    Elle est petite fille de Fouques de POUPAILLE, verrier, et arrière petite fille de François GERARD, décédé à Lusanger le 11/02/1603.

    Tout cela si je ne me suis pas trompé dans mes recherches.

    Par rapport aux noms que vous donner dans votre article, où puis je trouver les documents qui me permettrait d’étoffer leur arbre.

    Par avance merci pour votre réponse et merci pour les autres articles que je découvre sur votre blog.

    Daniel RAULET

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