Esther (ou Philippe ?) Pancelot veuve Justeau vend son droit de grâce à Pierre Mahot, Morannes 1606

Je descends d’une Esther Pancelot, mais je ne connaissais pas encore celle-ci. La mienne ne naît qu’en 1606 dans la même région, et pourrait bien être parente, compte-tenu du milieu social, géographique et du prénom. Je me sens donc très intriguée.

collection personnelle, reproduction interdite

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J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 7 octobre 1606 avant midy en la cour du roy notre sire à Angers endroit (René Moloré notaire royal) personnellement estably honneste personne Esther (je vous demande votre avias sur ce prénom en mettant ci-dessous la vue) Pancelot veufve de feu Jacques Justeau et Me François Justeau marchand tanneur

demeurant en la paroisse de Morennes soubzmectant eux et chacun d’eux seul et sans division confessent avoir vendu quitté ceddé et transporté et encores vendent quittent cèddent délaissent et transportent dès maintenant et à toujours perpétuellement par héritage
à vénérable et discret Me Pierre Mahot prêtre chapelain habitué en l’église monsieur saint Pierre de cette ville à ce présent lequel à achapté et achapté pour luy ses hoirs
la grâce et faculté qui encores dure jusques au 11 avril 1609 retenue par ledit deffunt Jacques Justeau et Pancelot de pouvoir rescourcer et rémérer le lieu et closerie de Doulgeau sis en la paroisse de (2 mots non déchiffrés) Pres Signes (hypothèse seulement)

    Je ne déchiffre pas les 4 derniers mots, ou seulement avec des hypothèses.
    Il faut lire les 3ème et 4ème ligne de la vue qui suit
    Célestin Port donne le Dougeau en Daumeray, mais je ne le trouve pas sur la carte IGN actuelle.
    Daumeray touche Morannes par le SSE et si on remonte NNE de Daumeray on touche Précigné en Sarthe actuelle, soit un triangle qui fait Morannesè-Daumeray-Précigné, mais je ne trouve rien sur les cartes IGN.

et autres héritages à plein spéficiés et confrontés par le contrat de vendition qu’ils en ont faite à Jacques Crosnyer par contrat passé par devant Estienne Guitton et Pierre Chehere notaires de Morennes et Briollay ledit 11 avril 1605 pour par ledit Mahot user de ladite grâce retirer et rescourcer lesdites choses contenus par ledit contrat sur ledit Crosnyer ou autre ayant ses droits ainsi qu’eussent fait ou peu faire lesdits vendeurs lesquels pour cest effet l’ont subrogé en leurs droits pour faire ladite recousse dedans ladiet grâce en rendant par iceluy Mahot ses hoirs etc le sort principal porté par ledit contrat avecques les loyaulx cousts frais et mises raisonnables esquels lesdits vendeurs eussent peu estre tenus faisant ladite rescousse
et est faite ladite vendition de grâce pour et moyennant la somme de 250 livres laquelle somme ledit Mahot aussi soubzmis soubz ladite cour promet est et demeur tenu payer scavoir la somme de 175 livers tz à honorables et discrets les doyen chanoines du chapitre de l’église collégiale monsieur saint Pierre d’Angers pour l’extinction et admortissement de la somme de 4 livres 11 sols 8 deniers de rente hipothécaire vendue audit de saint Pierre par Mathurin Pancelot advocat René Gareau sa femme et François ? Heard marchand par contrat passé par nous notaire le 31 mai 1600 de laquelle rente ledit deffune Jacques Justeau estoit tenu et obligé acquitter lesdits Pancelot et sa femme et Héard et icelle rente admortir comme appert par obligation du 20 juin 1601 et outre ledit Mahot promet payer auxdits de saint Pierre 6 livres tz pour arrérage de ladite rente courus depuis le mois de may dernier jusques à ce jour, et ce faisant ledit acquéreur promet acquitter lesdits vendeurs du payement et extinction de ladite rente pour l’advenir et en fournir acquit et quittance d’admortissement d’icelle dedans d’huy en un an prochain,
plus payera ledit à frère Maurice Dupas religieulx en l’abbaye de saint Cierge la somme de 40 livres tz à luy deub de reste de plus grande somme que ledit deffunt Jacques Justeau debvoit audit Jacques (sic) Dupas par obligation passée soubz ceste cour par devant Chantelou notaire le 4 juin 1605 et du tout acquittera lesdits vendeurs esdits noms et leurs coobligés en faisant lesquels payements iceluy Mahot demeurera subrogé ès droits d’hypothèque,
et le reste du prix du présent contrat montant 39 livres tz ledit Michel l’a présentement payé auxdits vendeurs lesquels l’ont eue prinse et receue en pièces de 16 sols et autre monnaye du prix de l’ordonnance jusques à la concurrence de ladite somme dont ils l’en ont quitté
dont et de tout ce que dessus lesdites parties sont demeurées d’accord et l’ont ainsy stipulé, à laquelle vendition et tout ce que dessus est dit tenir et garantir etc dommages etc obligent lesdites parties respectivement mesmes lesdits vendeurs eux et chacun d’eux seul sans division renonçant par especial lesdits vendeurs au bénéfice de division discussion et d’ordre de priorité et postériorité et encores ladite Pancelot au droit velleyen à l’espitre divi adrianni à l’authentique si qua mulier et à tous autres droits faits et introduits en faveur des femmes que luy avons donnés à entendre estre tels que femmes ne se peuvent obliger ne intercéder pour aultruy mesme pour le fait de leur mary sans qu’elles aient expressement renoncé auxdits droits autrement elles en pourroyent estre relevées, ce qu’elle a dit bien entendre, foy jugement et condemnation
fait et passé en notre tabler audit Angers présents Me Jacques Baudin et Ollivier Morreau demeurant audit Angers tesmoings
et a ladite Pancelot dit ne scavoir signer
et laquelle somme de 175 livres tz du consentement dudit Justeau fils est demeurée à ladite Pancelot

Odile Halbert - Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog.

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6 commentaires pour “Esther (ou Philippe ?) Pancelot veuve Justeau vend son droit de grâce à Pierre Mahot, Morannes 1606

  1. Stéphane dit :

    Bonjour

    Bizarre, je descends de ce couple jacques Justeau et de Philippe Pancelot, le prénom Philippe ne ressemble pas à Esther (sur cet acte le prénom ressemble + à Esther que Philippe)
    Pour ma part , c’est le mariage de leur fille Magdelaine sur Angers St Maurille le 23/02/1615 page 217 qui me donne ce prénom (Pancelot mal écrit)
    Par contre le mariage est retranscrit sur le registre de Etriché sans filiation p5 et lépouse est appelé Magdelaine Pancelot (du nom de sa mère)

    Pour info, vous qui avez étudiez les Pancelot, je descends sur Marigné de Marguerite Pancelot épouse de Noël Delépine (mariage vers 1580), vous avez peut être des données?

    Merci
    Cordialement
    Stéphane

      Note d’Odile :

    Il est en effet bien écrit lisiblement “Philippe Pancelot” sur le mariage de Madeleine Justeau à Angers.
    Si je relis attentivement le prénom sur l’acte ci-dessus, on pourrait voir un P suivi de che, et je demande donc à mes fidèles lecteurs attentifs de se pencher dessus pour confirmer qu’on peut lire Philippe ici.
    Odile
    PS je regarde si j’ai autre chose sur les PANCELOT car si j’ai bien compris, vous avez donc au moins 3 fois ce patronyme dans votre ascendance.

  2. OH dit :

    Dernière minute

    C’est PHILIPPE,
    je confirme totalement, et j’ai 2 actes notariés la concernant clairement, passés à Angers en 1610 et 1611 alors qu’elle est veuve.
    Je vous les retranscris ici ces jours-ci, ainsi vous aurez des compléments sur ce personnage.
    Bonne journée
    Odile

  3. CHOPIN Frédéric dit :

    Bonjour Madame,

    Tout d’abord, je veux vous remercier pour la création de votre excellent site d’histoire et de généalogie que je connais depuis ses débuts. Je mène des recherches généalogiques et historiques depuis près de 30 ans sur les familles de l’Anjou et du Maine et ai, notamment, dépouillé la quasi totalité des registres paroissiaux de Daumeray (Maine-et-Loire), ce qui me permet de vous apporter quelques modestes précisions.

    1) Concernant Philippes Pancelot : je vous confirme également qu’elle portait bien le prénom de Philippe - Phelipes au vu des éléments que j’ai pu retrouver.
    Je descends de la famille Jusqueau de la région de Morannes-Miré, en la personne de Marie Jusqueau X avant 1610 Urbain Joubert, marchand tanneur à Morannes (famille Joubert de la Motte d’aujourd’hui dont la généalogie a été publiée par feu mon cousin Monsieur Bernard Mayaud, dans ses Recueils de généalogies angevines à laquelle j’avais contribué en apportant les 1ers degrés alors connus - au moins lui avait eu l’honnêteté de me citer dans ses travaux ! Cela dit en passant, car comme vous, j’ai eu la désagréable surprise de voir certains de mes travaux mis en ligne sans ma permission ni même sans aucune référence à leur auteur ! - ). J’ai un peu étudié la famille Jusqueau-Justeau sans avoir pour autant réussi à rattacher les miens au couple JUSQUEAU-PANCELOT.

    - Philippe PANCELOT a été inhumée dans le grand cimetière de Morannes le 10 janvier 1624 dont je vous rapporte littéralement l’acte de sépulture :
    “Lesd(its) jour et an que dessus [10 janvier 1624] a esté ensépulturé par moy pbre soubzigné, le corps de honneste f(em)me Phelippes Pancelot v(eu)ve Jacques Jusqueau et ce au grand cimetière” (signé) “Mouteul”.
    L’acte porte en mention marginale le nom de la défunte “Philippe Pancelot”. (RP Sépultures 1604-1624 vue 122/128).
    - Un Jacques JUSQUEAU est inhumé en la même paroisse le 10 septembre 1606 mais l’acte ne porte aucune mention de filiation, ni de lien de mariage, en voici la teneur :
    “Le dimanche X jour de septembre 1606 a esté ensépulturé au grand cimetière par moy curé soubzsigné le corps de honneste homme Jacques Jusqueau” (signé) “Mouteul”. (RP Sépultures 1604-1624 vue 20/128).
    Nous savons que Philippe Pancelot était veuve en 1624 lors de son décès et l’acte notarié ci-dessus, découvert par vos soins, nous dit qu’elle l’était déjà en octobre 1606. J’émets donc l’hypothèse que ce Jacques Jusqueau décédé en septembre 1606 est bien son époux, l’acte notarié en question devant faire partie du règlement de la succession Jusqueau.

    J’ai pu retrouver au moins deux enfants de ce couple baptisés à Morannes :
    Saincte JUSQUEAU b. 1er novembre 1591 filleule d’Estienne DELALANDE et d’Estiennette GANYER et Jacquine MAUXION (RB 1570-1606, vue 61/170). La mère “Phelipes Pancelot”
    Jacques JUSQUEAU b. 24 avril 1594, filleul de Julien NAIL, Louys PERDRIX et de Perrine MINEE fille de Michel MINEE BROSSAY (vue 72/170). La mère “Phelipes Panselot”.

    2) Concernant le lieu de “Doulgeau” en Daumeray :
    Je connais fort bien ce lieu puisque j’y ai vécu dès ma naissance et ce pendant près d’un quart de siècle. J’y ai tous mes souvenirs d’enfance et de jeune homme. Ma famille Chopin avait acquis ce lieu en 1859.
    Vous ne trouverez pas ce lieu sur les cartes actuelles sous sa forme d’origine car la forme actuelle est “Doux-Joyau”, encore un bel exemple de déformation complète de toponyme ! Et celui qui en rechercherait l’étymologique à partir de ces deux mots, ferait fausse route s’il ne consultait pas les anciens textes ! Ce lieu-dit est situé sur le territoire de la commune de Daumeray aux confins des communes de Tiercé et d’Etriché dans un petit coin de terre que les familles de souche nomment le Sélenais en référence à l’ancien fief de Sélennes (Tiercé) tout proche.
    “Doux-Joyau” est actuellement un petit hameau de 3 maisons dont 2 furent des exploitations agricoles jusqu’à la fin des années 1980-début des années 1990.
    Evolution du toponyme :
    “Doulgeau” (1606 - cf votre acte ci-dessus).
    “Dougeau” (1604-1614-1616-1624-1632-1647-1662 - Registre paroissial de Daumeray - Esgail du sel AD49 5E86/665 - et Carte de Cassini XVIIIe)
    “Douxilleau” (Cadastre Napoléonien 1832 section A1 du Porage).
    “Doujoyeau” (Etat civil Daumeray 1873)
    “Douxjoyau” (Etat civil Daumeray 1882-1887-1889-1891).
    “Doux-Joyau” (après la Guerre 39-45).
    Je tiens de mon bisaïeul Chopin (1889-1980), lequel y est né et décédé, que le lieu se prononçait en patois local angevin “Doug -éï- au”, le “é” et le “i” faisant bien partie de la prononciation à l’instar du mot “viau” pour le “veau” ou bien la “pieau” pour la “peau”, il était également prononcé au début du XXème siècle “Doujouéiau”. Sachant que le son “oi” est également prononcé “oué” dans ce secteur, on comprend aisément la retranscription phonétique qui en a été faite au cours du XXème avec un glissement vers les mots séparés “Doux” et “Joyau” qui n’ont plus rien à voir avec la forme du XVIIème siècle.

    Quant à la 3e et à la 4e ligne du document ci-dessus, je vous propose l’hypothèse qui suit, avec preuves à l’appui, car comme vous le faites vous-même en historienne-généalogiste digne de ce nom, je ne fonctionne qu’avec des preuves :
    Je lis “… le lieu & closerye de Doulgeau
    sis en la p(ar)oisse de Daulmere tenu par Rogues”
    Et effectivement, je trouve bien une famille ROGUES à Dougeau de Daumeray en 1604.
    Voir registre paroissial de Daumeray :
    19 juin 1604 - sépulture d’un enfant de Rogues de Dougeau (RP BMS 1596-1617 - vue 114/133).
    21 juillet 1604 - sépulture d’un autre enfant de Rogues de Dougeau (même registre vue 115/133).

    Qu’en pensez-vous ? Je suis ouvert à tous les avis et contestations bien humblement.

    Avec mes respectueuses salutations.
    Bon après-midi.
    Frédéric Chopin

      Note d’Odile :

    Merci pour vos connaissances sur le Doulgeau.
    Moi aussi j’ai déjà rencontré une infinité de lieux totalement déformés au fil des siècles, et le pire dans la région du Haut Anjou est bien la Roche aux Fesles, de la famille Fesle, écuyers, qui l’a possédée au 12ème siècles, qui s’est bien orthographiée Fesle jusqu’à la Révolution, mais qui a brusquement ensuite pris le chemin des contes de fées !!! avec même des chercheurs pour attester les fées en question !!!
    Au plaisir de vous lire encore, n’hésitez pas. Les échanges sont toujours fructueux.
    Odile

    Je suis maintenant perplexe avec votre affaire de Jusqueau, car effectivement on rencontre aussi bien Justeau que Jusqueau et si j’ai bien compris on pourrait les confondre ?
    Odile

  4. Marie dit :

    - Monsieur Chopin
    -Votre aïeul Urbain Joubert X Marie Jusqueau Md Tanneur,est je pense parrain en avril 1644 à Morannes de Urbain,fils du couple Jusqueau-Tessé. (commentaire du 4 janvier 2014,blog Mme Halbert.)

    -Une branche Chopin est mienne,par François Adam X le 19 7 1803 à Pellouailles avec Perrine Chopin (vue 10) (ancêtres à la 6 ème g.),qui me font remonter cette branche Chopin au couple Jehan Chopin (de Montreuil S/Loir.) X à Michelle Eon.(11ème g).
    Bonne soirée à tous.
    M@rie.

  5. Marie dit :

    Angers St Maurille Le 23 2 1615,furent épousés en cette église Jehan Le Bernier,fils d’Estienne Le Bernier et de Martine Germain,paroissiens d’ Etriché et Magdelaine Justeau,fille de déf Jacques Justeau et de Philippe Pancelot.( vue 217)
    (St Maurille BMS 1580-1640)

    Le …jour de febvrier 1615 Jehan Le Banier a ésté épouzé à St Maurille Angers avesque Magdelaine Pancelot ?? (vue 5) erreur de transcription !
    (AM Etriché BMS 1606-1668.)

  6. Stéphane dit :

    Bonjour

    merci pour ces éléments
    Au baptème de ces enfants, le nom de famille de Magdelaine varie entre Justeau et Jusqueau

    Bon WE
    Stéphane

      Note d’Odile :

    Je vous mets ici les 14 et 15 janvier, 2 actes notariés passés par Philippe Pancelot, et je vous ai prévu les vues qui attestent les deux orthographes du nom.
    Odile
    Par contre, ces actes montrent que Philippe Pancelot est du même milieu social que mes Pancelot, et qu’elle est manifestement une proche parente, même si on ne peut établir un lien actuellement. Ce patronyme est selon mon hypothèse probablement unique.

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