Jean Auvinet, joueur de luth à Chinon, venu à Angers pour le 1er de l’an 1602

Sans doute est-il venu par voie d’eau, car il a rencontré Charles de La Barre durant ce trajet de 80 km, soit 2 jours à cheval, et je ne sais combien par voie d’eau Il va lui servir de témoin dans l’acte ci-dessous.
Si je suppose qu’ils sont venus par voie d’eau c’est que la Marquise de Sévigné nous y a habitués, relisez-là. C’est aussi par ce que je suis certaine que ce musicien s’est déplacé avec son instrument, et que je ne suis pas certaine que ce soit facile à cheval sans charette à cheval.


Par Hans Holbein le Jeune — The Yorck Project: 10.000 Meisterwerke der Malerei. DVD-ROM, 2002. ISBN 3936122202. Distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH., Domaine public,

Je vous ai mis le passage qui signale ce joueur de luth, et j’ai souligné en rouge le terme sur la vue originale ci-dessous;

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, AD49-5E7 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 2 janvier 1602 après midy par davant nous Jehan Bauldry notaire royal à Angers fut présent deument establiz en sa personne Charles de Labarre escuier conseiller du roy et lieutenant criminel à Chinon et y demeurant lequel a déclaré qu’il avoir et a pour agréable le paiement de la somme de 200 escuz cy davant et dès le mois de juing en l’an 1600 fait à noble et discret me Jehan de Labarre chanoine en l’église d’Angers son frère à ce présent stipulant et acceptant, en vertu de sentence et jugement donné en l’élection de Château-Gontier audit temps procédant icelle somme des deniers que ledit Charles de Labarre avoit fait saisir et arrester entre les mains des habitans de Craon ou leur procureur fabriciers sur Pierre Bocage, veult et consent iceluy Charles de Labarre qu’au moyen du susdit paiement ledit Bocage demeure quite et deschargé vers luy de pareille somme de 200 escuz à desduire sur les intérests de la somme de 200 escuz en quoy ledit Bocage est tenu et obligé vers iceluy Charles de Labarre au nom et comme atant les droits de deffunter damoiselle Marye Eveillard vivante sa femme si tant est deu desdits intérests, sinon et jusques à la concurrence de ce qui en sera deu et le surplus de la susdite somme si aucun est après lesdits intérests paiés sur et en déduction du principal de son deu, le tout sans préjudice des frais de procédures faictes par ledit Charles de Labarre contre ledit Bocage pour (f°2) sondit deu et sauf à s’en pourvoir par ledit Bocage contre et ainsi qu’il verra estre à faire ; fait audit Angers en la citté en la maison de vénérable et discret Me François Cupif chanoine de ladite église d’Angers présent ledit sieur Cupif et Jehan Auvinet Me joueur de lut demeurant audit Chinon tesmoins à ce requis et appelés

7 réponses sur “Jean Auvinet, joueur de luth à Chinon, venu à Angers pour le 1er de l’an 1602

  1. Un luth début XVIIe c’est à dire fin XVIe n’était pas intransportable pour un cavalier. D’Assoucy voyageait avec des théorbes, beaucoup plus encombrants, mis sur une mule. Auvinet n’est peut-être pas venu exprès mais se trouvait à Angers lors d’un séjour professionnel ou privé….
    Par contre ce luthiste m’est inconnu. Peut-être n’a t il rien publié.

    1. Bonjour Monsieur et merci de votre commentaire
      Le fait que ce luthiste est dit de Chinon, comme Charles de La Barre, incline à penser qu’ils sont venus ensemble puisqu’Auvinet sert de témoins à Charles de La Barre.
      Si j’ai évoqué l’eau, c’est qu’autrefois elle était très utilisée et la voie la plus facile depuis Chinon, mais merci de m’avoir expliqué qu’on pouvait voyager à cheval avec un instrument de musique.
      Puisque vous semblez ne pas connaître ce musicien, je vais tenter de rechercher d’où viennent les Auvinet et si ce musicien était lui aussi natif d’Anjou ou venu pour les fêtes de fin d’année.
      Bonnes fêtes de fin d’année à vous même
      et à tous mes lecteurs
      Odile

  2. Merci pour votre réponse. S’il est intitulé « Maitre joueur de luth » ses lettres de maîtrise doivent être enregistrées quelque part. Je remarque qu’il signe Auvynet alors que le clerc a écrit Auvinet.
    Google a l’air de donner des généalogies pour ce nom.
    J’avoue être intéressé par ce luthiste inconnu….

    Georges

  3. Il semblerait, après quelques recherches rapides, que le patronyme Auvinet soit très courant aux XVIe-XVIIe s. en Vendée et en particulier au nord-est de cette région. Donc peu éloigné du Maine-et-Loire.

  4. Rebonjour
    Le patronyme AUVINET est le même qu’AUVYNET et il faut se souvenir qu’autrefois le notaire, ou son clerc, écrivait une identité déclarée oralement seulement, donc à sa manière phonétique.
    Selon la base BIGENET il est rare, et surtout en Charente-Maritime (734 occurences sur 4 siècles), puis loin après la Vienne, la Loire-Atlantique, le Maine et Loire, les Deux-Sèvres, la Vendée, l’Indre et Loire. Au total BIGENET donne 1468 occurences sur 4 siècles ce qui est peu.
    Je suis d’accord avec vous que le fait de signer est le reflet d’une certaine éducation.
    Par contre, le qualificatif de « maître » est certes la marque d’une reconnaissance obtenue dans une corporation mais mes nombreuses observations tendraient aussi à penser que le qualificatif était tout bonnement donné sans vérification quelconque, toujours sur la seule déclaration verbale de son identité.
    Mais, vous avez raison il a certainement étudié quelque part, et j’ignore où on pouvait apprendre à jouer sur cet instrument, sachant cependant que bon nombre d’Angevins (par exemple, car ils ne sont pas les seuls) n’hésitaient à aller à Paris faire des études.
    Odile

  5. Bien d’accord avec Marie : cet instrument a un son extraordinaire ! Sa présence à un concert est souvent signe de plaisir à venir

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