Arnoul Dubois, fermier de Mortiercrolle en 1574

Il est témoin de la vente de la Larderie en Saint-Quentin-les-Anges par Guy de Baraton à Jacques Dufay

  • Mon site restitue beaucoup de fermiers de Mortiercrolle, qui ont tous vécu successivement à Mortiercrolle.
  • Ils sont tous retrouvés au fil des actes notariés, et on peut les considérer comme de gros marchands fermiers, même si notre ami Toysonnier, muni de sa langue citadine, les appelle des fermiers de campagne, expression qui nous a beaucoup amusés, et m’amuse toujours…
  • Arnoul Duboys a accompagné Guy de Baraton seigneur de la Freslonnière à Angers pour une vente assez importante, puisqu’elle concerne un petit fief, la Larderie, dont l’abbé Angot ne dit mot faute d’avoir trouvé de document en Mayenne. L’acte qui suit n’en sera que plus passionnant, d’autant qu’il atteste qu’il s’agit d’un fief, relevant à la fois de Terretient et de Mortiercrolle.
  • Il se trouve que j’ai personnellement étudiée la famille Baraton lors de mes travaux sur le prieuré Saint Blaise à Noyant la Gravoyère, aussi je peux situer sans peine ce Guy.
  • Baraton
    Baraton

    La famille Baraton blasonnait « D’or à la fasce fuselée de gueules accompagnée de sept croix ancrées 4 en chef, 3 en pointe. »
    Elle a donné François Baraton, grand échanson de France en 1516 après Charles de Rohan. Il était le frère puiné d’Olivier, seigneur, entre autres. de la Gravoyère. Pour sa part, Guy de Baraton Sgr de la Freslonnière, était le fils d’Abel, né vers 1550 et mourut vers 1614. Il épousa Guyonne Du Rocher dont il eut Lancelot et Eustache, qui fut curé de La Chapelle-Craonnaise en 1607, mais tua d’un coup d’arquebuse en 1617 l’un de ses paroissient et en fut prié de sa charge en 1621 après procès qui entraîna sa prise de corps.

    L’acte notarié est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5.
    En voici la retranscription intégrale : Le 30 novembre 1574, en la court du roy nostre syre à Angers endroit par davant nous Denys Fauveau notaire d’icelle personnellement establiz
    noble homme Guy Baraton seigneur de la Freslonnière et y demeurant paroisse de la Chappelle Craonnaise tant en son nom privé que au nom et se faisant fort de damoiselle Guyonne Du Rocher son espouse à laquelle il a promis et par ces présentes promet et demeure tenu faire rattifier et avoir agréable le contenu en ces présentes et la faire obliger avec lui chacun d’eulx seul et pour le tout o renonciation au bénéfice de division et en bailler et fournir lettres de rattification vallables audit acheteur dedans le temps et délai porté par ces présentes soubzmettant esdits noms et chacun d’iceulx seul et pour le tout sans division de personne ne de biens

    confessent avoyr ce jourd’huy vendu quité cedé delaissé et transporté et encores vendent délaissent à honneste homme Jacques Dufay greffier en la prevosté d’Anjou audit Angers et sieur de la Libionnière demeurant audit Angers à ce présent stipullant et acceptant lequel a achapté et achapte pour luy ses hoirs et honneste femme Jehanne Mauget sa femme leurs hoirs,

    le lieu domayne et closerie de la Larderye sis et situé en la paroisse Saint Quentin en Craonnais et environs composé de maison, granges estables loges rues et yssues jardins de 19 à 19 journaulx le tout ou environ, 4 hommées de pré ou environ, et tout ainsi que ledit lieu se poursuit et comporte avec les droits seigneuriaux qui sont deux mesures d’un bouesseaux de bled et deux mesures d’avoine mesure de Mortiercrosle deuz chacun an au terme d’angevine par les héritiers feu Doisneau demeurant au village de Sureau ? avec les droits de pescheries premisses ? et les droits qui déppendant dudit lieu (c’est donc bien un fief qui perçoit des rentes en bled et avoine, et c’est à ce titre que le prix de vente est aussi élevé, car s’agissant à l’époque d’une simple métairie elle n’aurait jamais valu 3 000 livres)

    sans aulcune chose en excepter retenir ni réserver des appartenances et déppendances dudit lieu fors 3 journeaulx de terre ou environ cy davant vendus par ledit Baraton à Ollivier Cady qui deppendaient dudit lieu, ledit lieu de la Larderye tenu des fiefs et seigneurie de Mortiercrosle et de Terre Tient (le fief de Terrequin en Chérancé, mouvant de Craon, que l’abbé Angot donne bien avec le nom de Terretient en 1457 et autres sources. Il appartenait en 1537 à Ollivier de la Roë, mari de Jeanne de Chauvigné, puis à René de la Roë seigneur des Vaux en 1594)

    chargé vers les seigneurs desdits fiefs chacun an de 3 boisseaux de bled seigle mesure de Craon vers le seigneur dudit lieu de Terretient et au seigneur de Mortiercrosle 2 boisseaux d’avoine forte dite mesure et 4 souls 6 deniers de cens et tenu desdites seigneuries aux cens et rentes au terme d’angevyne quite du passé jusques à huy

    et est faite la présente vendition cession pour le prix et somme de 3 000 livres … (ce prix élevé atteste un revenu de rentes féodales, comme nous venons de le voir plus haut)

    fait et passé audit Angers ès présence de honnestes hommes Me Nycollas de La Chaussée licencié ès loix advocat audit Angers Charles Gouppilleau et Arnoul Duboys marchant demeurant au chasteau de Mortiercrosle paroisse de Saint Quentin


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    Une réponse sur “Arnoul Dubois, fermier de Mortiercrolle en 1574

    1. Bonjour,
      Pensez-vous que Terretien est devenu au fil du temps terrequin ?
      Note d’Odile :
      Voici ce que donne le dictionnaire de l’Abbé Angot, 1900 :
      Terrequin, commune de Chérancé – Tretient, 1366 (Cab. R. Gadbin) – Terretient, 1457 (Arch. Nat., P337/2) – Le moulin de Terrequin, 1730 (Arch. de la Mayenne, B2757) – Tertiens, manoir et moulin sur l’Hière (Cassini) – Terretient, 1784 (Ibidem, 3024 anc.)
      Fief mouvant de Craon, avec droit de présentation à une chapelle fondée au 15e siècle et desservie au 18e siècle dans l’église.
      Seigneurs : Maurice de la Corbière, 1366 – Guillaume Lévêque, sieur de Ramefort, 1453 – Marie Hubert, veuve de N. de la Saugère, 1500, 1505 – François de Chauvigné, fils de Louis de Chauvigné, marié en 1500 à Jeanne de la Saugère – Olivier de la Roë, mari de Jeanne de Chauvigné, 1537 – René de la Roë, seigneur des Vaux, 1594 ; il en fait le partage de Françoise, sa sœur, femme de Jacques de la Lande, 1597, 1623 – h. h. René Guérin et Jeanne Marchais sa femme, sieur de la Bordardière, demeuraient au logis, où naquirent Marie, 1616, Guyonne, 1617 – René de la L., époux de Marie de la Fontaine, d’où Joachim, baptisé à Azé, 1635 – Eustache-Honoré de la L., mari de Madeleine de Fontenelle † avant 1720 – Louis-René de la L., mari ! 1er de Françoise Letessier, 1728 ; 2e d’Agathe Maumusseau † 1769 – François de la Barre, veuve de Marie-Anne Chailland, marié en 1766 à Marie-Françoise-Agathe de la Lande, 1784. Le moulin est mis en vente nationalement le 26 ventôse an XII sur Marie-Louis-Paul, Jean-Catherine et François-Hyacynthe de la Barre.
      Sources : Arch. Nat. P 337/2, 773/95 – Tit. de la Patrière – AD53 E 17 . n2757 6 Tit ; de Saint-Martin-de-Villenglose.
      En conclusion : l’Abbé Angot est très fiable, et vous pouvez lui faire confiance, donc au fil des siècles le même lieu a bien porté les noms de Terretient et de Terrequin.

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