Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

1695 : juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre

Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 10 juillet (1695) mourut mourut Mr Fleuriot avocat. Il avait épousé la défunte Delle Cordier. Il a laissé trois garçons et trois filles, un garçon mort prêtre, et une fille mariée avec le sieur Guyonneau fils du feu Sr Guyonneau lieutenant au duché de Brissac et de la Delle Bienvenu.
  • Le 12 (juillet 1695) Mr Louet escuyer, fils de feu Mr Louet, escuyer, seigneur de la Mothe Dorveaux et de la dame Grimaudet, épousa la fille de Mr Cesbron avocat et de la demoiselle Richer
  • Dans ce même temps, Mr Gontard Sr du Pin, avocat, veuf de la demoiselle Chotard fille de Mr Chotard aussy avocat et de la Delle Romain, épousa la fille de feu Mr Racault aussy avocat et de la Delle Gasard
  • Le 22 (juillet 1695) mourut la femme du sieur de la Bouchetière Aubin ; elle a laissé deux enfants ; elle était fille de feu Mr Margariteau Sr de Lizière, avocat et de la défunte demoiselle Garciau.
  • Le 26 (juillet 1695) le fils de défunt Mr Cupif de la Béraudière avocat et de la demoiselle Dootel épousa la fille de défunt Mr Pichard aussy avocat et de la Delle Bousselin.
  • Le 2 août (1695) le fils de feu Mr Poisson de Gastines, écuyer, et de la feue dame Lefebvre de Champboureau, épousa la fille de défunts Mr d’Héliand de la Gravelle président au présidial de Château-Gontier, et de la feue dame Cazet.
  • Le 10 (août 1695) le sieur Pannetier des Brosses, fils du défunt Sr Pannetier et de la Delle Bariller, veuf de la Delle Neveu, fille du Sr Neveu, docteur en médecine, duquel mariage il y a trois enfants, épousa la fille du Sr Deniau conseiller au présidial de Château-Gontier et de la Delle …
  • Le 11 (août 1695) Mr Lefebvre de la Guyberdrie, fils de feu Mr Lefebvre de la Guyberdrie et de la défunte dame Guedier, fut tué d’un coup de fusil par le fils du sieur Duroger Dangenay conseiller honoraire au siège de la prévôté de cette ville ; c’est un effet du ressentiment de ce que le Sr de la Guyberdrie l’ayant trouvé l’année dernière chassant sur sa terre de la Roche paroisse d’Ecuillé, il luy aurait tué son chien et l’aurait beaucoup maltraité. (Note de Marc Saché : Louis Lefebvre de la Guiberderie, écuyer, sieur de la Roche d’Ecuillé, fut tué à l’âge de 35 ans, le 13 août, dit l’état civil d’Ecuillé, et inhumé le lendemain dans l’église de cette paroisse. Il était fils de Claude Lefebvre, écuyer, sieur de la Guiberderie, gentilhomme ordinaire de la maison du roi, et de Françoise Guédier, sa troisième femme. )
  • Dans ce même temps, Mr Loyant avocat et sénéchal de Châteauneuf, fils de feu Mr Loyant, aussi avocat au siège présidial de cette ville et de la défunte Delle Malville, épousa la fille de feu Mr Ferrand docteur en médecine et de la défunte demoiselle …
  • Le 20 (août 1695) Mr Ayrault, fils de Mr Ayrault sénéchal de Vihiers, et de la Delle … plaida sa 1ère cause.
  • Le 22 (août 1695) Mr de Chenedé, écuyer, conseiller et échevin perpétuel de l’hôtel de cette ville, fils de défunt Mr de Chenedé écuyer conseiller honoraire au siège présidial de cette ville, avocat et procureur du Roy en l’élection de Paris, et de dame Louise Aveline, veuf de la défunte dame Marguerite Lefebvre, fille de Mr Lefebvre de la Guyberdrie et de la défunte dame Marguerite Foussier, duquel mariage il y a deux filles, épouse dame Anne Menoust, veuve de feu Mr Avril conseiller au siège présidial de cette ville, duquel mariage il y a un enfant.
  • Le 27 (août 1695) mourut Mr Beguyer avocat garçon voulant tirer un fusil extraordinairement chargé le fusil creva le blessa à la main gauche ; dont il est mort.
  • Le 31 (août 1695) mourut le sieur Chauvin, marchand de draps de soie. Il n’y avait que deux mois neuf jours qu’il était marié avec la fille du Sr Jollivet marchand de draps de laine et de la dame Jarry ; elle est grosse (Nous avons vu le drap il y a quelques jours. Il est de laine lorsque cela n’est pas spécifié et ici Mr Toysonnier ajoute la précision).
  • Le 13 septembre (1695) mourut la femme du sieur Geslin marchand de soie en cette ville ; elle s’appelait Rodayer ; elle a laissé plusieurs enfants.
  • Le 19 (septembre 1695) mourut monsieur d’Andigné chevalier seigneur de Vezins, de Pordic et autres lieux.
  • Le 28 (septembre 1695) mourut le sieur Galisson marchand Me orphèvre.
  • Le 10 octobre (1695) mourut Mr René Paytrineau garçon, fils de feu Mr Paytrineau avocat au présidial de cette ville et de défunte Delle Magdeleine Hyret. (Catherine Hiret, et non Madeleine, fut la soeur d’un de mes ancêtres, et je n’avais trouvé à ce jour aucune branche descendante, maintenant je sais que je devrais chercher les notaires fin 1695 pour voir la succession sans hoirs à cette date avec le décès de ce fils unique et célibataire. Mais courage, car il y a environ 35 notaires simultanément à Angers, et encore toutes les minutes n’ont pas été conservées ! Normalement, cette succession revient par moitié aux Hiret et par moitié aux Pétrineau)
  • Le même jour mourut le sieur Avril marchand libraire en cette ville.
  • Le 11 (octobre 1695) le fils du feu sieur Barbotin et de la Delle Commeau épousa la fille du feu Sr Mingon marchand et de la dame Renault.
  • Le 15 novembre (1695) mourut la femme de Mr Louet des Longschamps conseiller au présidial ; elle a laissé cinq enfants ; elle s’appelait Blouin.
  • Dans ce même temps mourut Mr Le Marié des Longschamps ; il avait épousé la Delle Bérault. (en Anjou, on rencontre ce patronymé Berault, ici écrit avec l’accent, preuve que le patronyme était bien différent de Brault. J’ai ce patronyme Berault dans mes ancêtres, et un aimable correspondant m’avait un jour fait remarqué que j’étais, selon lui, dans l’erreur, car il s’agissait de Brault. Je n’ai jamais rencontré l’orthographe Brault pour cette famille, preuve qu’elle faisait bien entendre oralement le é)
  • Le 6 (novembre 1695) mourut la femme du sieur Loyseau Me paulmier du jeu des Halles ; elle s’appelait … Elle a laissé plusieurs enfants. (le jeu de paumes était donc en plein centre de la ville, et celui qui le tenait un notable)
  • Dans ce ce même temps mourut Mr Gallizon bourgeois. Il a laissé deux garçons et une fille, l’aîné docteur en Sorbonne chantre de St Martin de Tours, l’autre chanoine de St Martin, et la fille mariée avec Mr de Quatrebarbes des Monceaux.
  • Le 8 (novembre 1695) le fils de feu Mr Lefebvre de Chamboureau, auditeur des comptes à Nantes, et de la dame …, fut tué à la porte de l’église paroissiale de Versailles, par Mr du Coudray Monbault. Il a obtenu des lettres qui ont été enterinées.
  • Dans ce même temps mourut le sieur Phelipeau bourgeois ; il avait épousé la Delle du Laurens. De ce mariage sont issus deux filles, l’aînée mariée au sieur Huet de Mongonne et l’autre au Sr Le Vasseur.
  • Cette année (1695) a été abondante en grains et vin. Le vin néanmoins d’une assez mauvaise qualité ; ils se vend 25 et 60 livres. On a levé cette année dernière la capitation et les ustanciles ; j’ai été taxé à 40 livres pour la capitation et à 20 livres pour les ustanciles qui étaient pour la somme de 38 000 livres. On a encore levé pour les eaux et fontaines dont la taxe était le quart de celle de la capitation. Il n’y a presque point eu de fruits cette année et ils sont de très mauvaise qualité, l’été ayant été trop pluvieux. (Note de March Saché : La capitation, établie par déclaration du 18 janvier 1695, était une taxe imposée en principe par tête, et dont personne, pas même les princes, n’était exempt. Ce fut tout d’abord un impôt de classe, les contribuables étant répartis en vingt-deux classes, chacune soumise à un impôt uniforme allant de 2 000 livres pour la première à 1 livre pour la dernière. Supprimée en 1698, elle fut rétablie en 1701 sous la forme d’impôt de répartition ; elle fut augmentée de 2 sous par livre en 1705, et de 2 autres en 1741. On peut remarquer qu’elle devint, pour les taillables, en pays de taille personnelle, un supplément de taille et n’eut une existence distincte que pour les non taillales, à savoir les nobles et privilégiés, les habitants de villes exemptes et pour les pays de taille réeille, c’est à dire la taille gravant les biens et non les personnes. )
  • La guerre qui continue toujours avec chaleur nous menace de grands malheurs et d’une désolation générale. En effet on ne pourra soutenir toutes les taxes imposées et à imposer, chacun étant déjà presque épousé. Dieu sur tout. (Note de Marc Saché : La guerre de la Ligue d’Augsbourg. Malgré les victoires remportées par Catinat et Vendôme et la prise de Barcelone, la lassitude et l’épuisement s’étaient emparés du royaume aussi bien que de l’Angleterre et de ses alliés continentaux.)
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

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    3 réponses sur “Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1. Report de commentaire du précédent blog :
      jloda, le 24 juin : Merci chère Madame, pour la numérisation de ce journal passionnant.
      Ici, Etienne Toysonnier fait une erreur, Henri-Charles François est décédé le 12 septembre et a été inhumé le 13 à Angrie. (cf. St-Pierre d’Angrie BSM 1692-1700, vue 66a).
      Ceci lui est largement pardonné du fait de l’immense intérêt de son journal.
      Note d’Odile : Merci pour cette correction, et aussi pour vos encouragements, car je commençais à perdre le moral pour la suite de la frappe… faute de commentaires suffisants. J’ai préparé une analyse par thème, et je mettrai ces analyses en fin de journal, et j’espère que tout le monde s’y exprimera largement… Ce matin, en tappant l’année 1697, j’étais par exemple parvenue à la conclusion que le terme « bourgeois » était alors appliqué à ceux qui vivaient de leurs rentes foncières, sans occuper de métier lucratif… etc…

    2. J’ai effectivement déjà vu ce terme de « bourgeois » dans la Mayenne vers la fin du XVIIe siècle pour ceux qui vivent de leurs rentes.

    3. Coincidence la semaine dernière dans les registres de Brains sur les Marches(Archives 53) j’ai lu pour la 1ère fois et plusieurs fois : « vivant de leurs rentes » circa 1669…

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