Quittance des ventes et issues de la maison de la Chesnaie, Noëllet 1597

Ceci est un exercice de paléographie, qui vient s’ajouter aux nombreux exercices disponibles sur mon site.

    Voir ma page qui recense tous les textes disponibles sur mon site pour s’exercer à la paléographie.
    Voir l’original à déchiffrer vous même avant de lire ce qui suit, ou bien cliquez la vue ci-dessous


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Les ventes et issues sont l’impôt dû au seigneur lors d’une vente foncière.
Comme le fisc le fait encore de nos jours avec nous, même sur Internet, le paiement d’un impôt donne lieu à un reçu.
Ces reçus, soigneusement (ou pas) conservés dans les archives familiales, n’existent pas dans les Archives déposées, ou alors très très exceptionnellement.
En voici un qui me plaît beaucoup, car il est devant notaire seigneurial et manifestement de la plume du notaire, mais écrit à la première personne du singulier par Marie Allaneau.

Cet acte est issu d’archives privées aimablement communiquées – Voici ma retranscription : Le dixhuitiesme jour de septembre mil V cent quatre vingtz dix sept honnorable femme Marye Rousseau veufve de déffunt honnorable homme Julien Alaneau vivant sieur du fief et seigneurie de la Mothe de Seillons tant en son nom que comme mère et tutrice naturelle des enfans mineurs dudit déffunt a eu et receu de honneste femme Franczoyse Renou dame de la Croix les ventes et issues du contrat d’acquest par elle fait avecques Jehan Ravard et Jehanne Lepelletier ? sa femme pour raison d’une maison et appartenances nommée la Chesnaye sise près le bourg de Noellet moyennant la somme de deux cens livres tz passé par Pierre Georges Leroy Estienne Leroy notaires le dernier jour d’aougst dernier passé
desquelles ventes et issues ladite Rousseau a quicté et quicte ladite Renou ses hoirs et promis l’en acquiter vers et contre ceulx qu’il appartiendra
ladite Rousseau a fait signer ces présentes à sa requeste des seings de Anthoyne Guesdon et Georges Leroy notaires ladite Rousseau a dit ne savoir signer – Signé Leroy, Guesdon

    J’ai eu le sentiment que ces notaires assistaient en fait Marie Rousseau dans la gestion du fief, sans doute en étaient-ils procureur ou sénéchal lors des assises. Ainsi, c’est à ce titre qu’ils délivrent la quittance.

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Le pardon des injures.

J’ai cherché sur le Net, et j’ai trouvé d’autres éditions ou recueils de ces ouvrages, mais pas celui qui suit, dans lequel je vous ai tappé quelques chapitres dignes de réflexion.

Histoires édifiantes et curieuses. Tirées des meilleurs auteurs, avec des réflexions morales sur les différents sujets, Œuvres spirituelles de M. L’abbé B., 1796, 6e édition, Rouen, Labbey éditeur

  • Le pardon des injures.
  • Jean Gualbert était noble et homme de guerre ; un de ses proches parents ayant été tué, le meurtrier évitait avec grand soin tous ceux de cette famille ; cependant un jour Gualbert, accompagné de ses écuyers, rencontra ce meurtrier dans un chemin si étroit, qu’il était impossible de se détourner l’un de l’autre. Le coupable se voyant dans cet état, désespéra de sa vie ; et se croyant perdu, il se jette par terre sur le visage, les mains étendues en croix et attendait sa mort. Gualbert en fut touché, et par respect pour la croix de Jésus-Christ qu’il représentait par sa posture, il lui pardonna, lui dit de se retirer, et que désormais il pouvait aller librement sans rien craindre.
    Gualbert dans le moment va dans une église de St Miniat, près de Florence, et s’étant prosterné pour prier, il vit le crucifix s’incliner vers lui, comme en témoignage d’approbation de l’action héroïque qu’il venait de faire. On garda cette croix, et on la montre encore à Florence.
    Jean Gualbert touché de ce miracle, commença à penser sérieusement à quitter le monde, et à se donner tout à Dieu ; étant arrivé aux portes de Florence, il y envoie ses gens préparer le logis, et retourne sur ses pas à l’église de St Miniat ; il y avait un monastère, il demande l’abbé, et le prie de l’aider dans son dessein, lui raconta le miracle de la croix qui venait d’arriver ; l’abbé lui conseilla de quitter le monde ; mais, pour l’éprouver, il lui représenta les rigueurs de la vie monastique, et combien il était difficile de les soutenir dans la fleur de sa jeunesse. Gualbert ne fut point ébranlé.
    Cependant un de ses vens voyant qu’il ne venait point à Florence, retourne à la maison, et dit au père de Gualbert ce qui s’était passé ; celui-ci, fort alarmé, cherche partout son fils ; et, après bien des recherches, il apprend qu’il était à St Miniat, et qu’il voulait prendre l’habit monastique. Ce père s’y transporte, demande son fils, crie et menace, si on ne le lui rend.
    Jean ne voulait point paraître devant son père, sachant bien qu’il en venait que pour le tirer du monastère. Dans cette extrémité Gualbert se dit à lui-même : de qui puis-je recevoir plus dignement le saint habit, que de l’autel où l’on offre le sang de Jésus-Christ. Alors, trouvant par hasard l’habit d’un des moines, il le porta promptement à l’église, le mit sur l’autel avec respect ; et, après s’être coupé les cheveux, il s’en revêtit avec joie. Tous les moines admirèrent sa foi ; l’abbé étant entré, et le voyant assis avec les autres, il fit aussi entrer son père. D’abord qu’il vit son fils en cet état, il déchira ses habits, se frappa la poitrine et paraissait hors de lui ; enfin l’abbé, les moines et son fils même lui parlèrent si efficacement, qu’il revint à lui ; il donna sa bénédiction à son fils, et s’en retourna adorant les desseins de Dieu.
    C’est ce même Jean Gualbert qui fonda dans la suite le célèbre monastère de Valombreuse.
    A la vue de la croix de Jésus-Christ, quel sacrifice peut-on refuser à Dieu ?
    Ce Dieu Sauveur en mourant a prié pour ses ennemis et leur a pardonné sa mort : refuserons-nous d’accorder le pardon de quelques légères offenses qu’il nous demande lui-même pour nos ennems ?
    Un acte héroïque peut devenir la force des graces les plus abondantes, et un gage de prédestination ; estimons-nous heureux si nous avons l’occasion de le pratiquer
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