Procuration de Françoise Renou à son fils Pierre Eveillard pour les assises de Candé, 1603

Ceci est un exercice de paléographie, qui vient s’ajouter aux nombreux exercices disponibles sur mon site.

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Nous sommes encore dans les déclarations d’impôts féodaux. Ici, la veuve Eveillard doit donner procuration à son fils pour aller à Candé aux assises de la seigneurie faire pour elle la déclaration.

Cet acte est issu d’archives privées aimablement communiquées – Voici ma retranscription : Le lundy 15 décembre 1603 après midy, en la court du roy nostre sire à Angers par davant nous Laurent Chauveau notaire d’icelle a esté présente et personnellement establie honnorable femme dame Françoise Renou veufve de déffunct Me René Eveillard tant en son nom privé que comme mère et tutrice naturelle des enfants dudict deffunct et d’elle demeurante en ceste ville d’Angers paroisse de Sainct Pierre soubzmectante esdits noms et en chacuns d’iceulx seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens elle ses hoirs confesse avoir ce jourd’huy fait créé et nommé et par ces présentes fait nomme crée constitue establit et ordonne Me Pierre Eveillard sieur de la Croix son fils et dudit deffunt son procureur exécuteur o pouvoir de substituer et eslire domicille suivans l’ordonnance royal et par especial de comparoit pour et au nom de ladite constituante esdits noms par davant messieurs Georges de la Neuselle escuyer sieur dudit lieu capitaine de Chasteaubriend et Roch Lezot seigneur de ville de ville Geffray de Vaurouzay conseiller secrétaire du roy maison et couronne de France procureurs de très hault et très puissant seigneur monseigneur de Monmorancy pair et connestable de France seigneur de Chasteaubriend et de la baronnie de Candé aux assises assignées à tenir le dixseptiesme jour des présent mois et an audit lieu de Candé par davant lesdits sieurs en la maison de Me Georges (blanc) et en son nom bailler et rendre par déclaration les choses héritaulx qu’elle tient au-dedans de ladicte seigneurie de Candé suyvant la déclaraiton qu’elle dict en avoir faict dresser icelle rendre rendre comme dit est et d’advouer subjecte de ladite seigneurie de Candé pour raison desdites choses mentionnées en ladite déclaration et offrir paier pour ladite constituante esditsnoms ses debvoirs deubs à ladite seignerie de Candé pour raison desdites choses portées par icelle déclaration et iceulx continuer à l’advenir suivant icelle
et ou cas que refus fust fait de voulloir recepvoir la déclaration pour quelque impertinence qui pourroit estre demander communication luy estre octroyée des déclarations de ses prédecesseurs et autheurs à ses despens raisonnables pour obéir dans la prochaine assisse et de là particulièrement luy estre donné exhiber ses contratz d’acquestz jusques à ladite prochaine assisse d’aultant qu’elle advoue ne les avoir à présent peu recouvrer et en avoir perdu la plus part d’iceulx pendant les guerres dernières et au surplus y faire tout ce qu’il appartiendra et généralement etc prometant etc oblige ladite constituante esdits noms et en chacun d’iceulx seul et pour le tout (sans) division de personnes ne de biens ses hoirs etc renonczant etc mesmes au bénédice de division ordre de discussion priorité et postériorité et speciallement au droit vellein à l’espitre du divi adriani à l’autenthique qi qua mulier et à tous autres droits faitz et introduits en faveur des femmes que luy avons donnés à entendre estre tels que femme ne se peuvent obliger ne intercedder pour aultruy sauf au préallable avoir expressement renonczé auxdits droits aultrement elles en pourraient estre facillement destituées qu’elle a dit bien savoir et entendre et y a renoncé
et à ce tenir etc dommages etc foy jugement condempnation etc
fait et passé audit Angers au tabler de nous notaire ès présence de Me Nicollas Regnard sergent royal et Loys Lepoitevin praticien demeurant audit Angers temoings
Signé : Françoise Renou, Lepoitevin, Regnard, Chauveau

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Autre exemple de la Providence justifiée.

Histoires édifiantes et curieuses. Tirées des meilleurs auteurs, avec des réflexions morales sur les différents sujets, Œuvres spirituelles de M. L’abbé B., 1796, 6e édition, Rouen, Labbey éditeur

  • Autre exemple de la Providence justifiée.
  • Rien de si ineffable que les ressources dela providence Divine envers ceux qui mettent en elle toute leur confiance. Tant de traits qui sont arivés en ce genre, devraient bien animer en nous cette confiance intime : en voici un bien capable de la renouveller, si les sentiments en étaient altérés dans nous.
    Un homme avait passé près de vingt ans dans la pauvreté la plus extrême et la patience la plus résignée à la volonté de Dieu, espérant toujours qu’il viendrait enfin à son secours et à celui de sa famille ; car il n’avait pour tout bien que six enfants, manquant souvent de pain pour fournir à leur subsistance.
    Dans ce temps-là un prédicateur célèbre prêchait le carême ; sa grande réputation d’éloquence et de sainteté amenait toute la ville à ses discours, et lui attirait la confiance de tous ses habitants. Un jour une personne inconnue s’adressa à lui, et lui dit : mon Père, j’ai une bonne œuvre à faire, et je vous la confie ; voilà mille écus, distribuez-les aux pauvres que vous connaîtrez dans un besoin réel. Permettez-moi, lui répond ce prédicateur, de ne pas me charger de cette commission ; vous connaissez les pauvres mieux que moi ; distribuez vous-même cette somme ; d’ailleurs, si on savait que ja fais ainsi des aumônes, tout le jour je serais assailli de pauvres, et je ne pourrais vaquer aux fonctions de mon ministère. La personne persista, et le supplia instamment de lui accorder cette grace. Le prédicateur croyant ne pouvoir s’y refuser, pria la personne de lui dire du moins ses intentions en détail, et de quelle manière elle voulait que cette somme fut employée. Eh bien, dit la personne, si vous le jugez à propos, au premier pauvre qui s’adressera à vous, ce sera la Providence elle-même qui en disposera.
    Le prédicateur prêcha le lendemain sur la Providence, et insista beaucoup sur ce passage de l’Ecriture Sainte : Jamais je n’ai vu le juste délaissé de Dieu, ni ses descendants manquant de pain.
    Cet homme pauvre dont nous avons parlé, avait assisté au sermon ; quand il fut fini, il vint voir le père, qui prenait quelque repos. Ah ! mon père, lui dit-il en entrant, vous avez annoncé de grandes vérités dans tous vos sermons, et j’y ai assisté avec consolation ; mais, pour aujourd’hui, permettez-moi de vous dire que je suis une preuve vivante du contraire de ce que vous avez dit : il y a vingt ans que je tâche de servir le Seigneur, et de vivre en chrétien ; je suis pauvre et réduit à la nécessité, toutes mes richesses sont six enfants que je ne nourris presque que du pain de mes larmes ; j’ai toujours mis ma confiance en la Providence, et espéré qu’elle viendrait à mon aide, mais inutilement ; je ne sais plus que devenir, et cette Providence disparaît à mes yeux.
    Eh bien, mon enfant, lui dit alors le prédicateur, bien loin que vous soyez une preuve du contraire de ce que j’ai prêché, vous deviendrez vous-même un monument sensible de cette Providence divine ; tenez, voilà mille écus, ils sont à vous, c’est elle qui vous les envoie. Ce pauvre homme tout transporté reçoit cette somme comme venant du Ciel, admire la bonté de Dieu, va annoncer à sa famille désolée le bonheur inespéré qu’il vient d’éprouver. Tous ses enfants fondant en larmes de joie, se prosternent pour rendre graces au Seigneur de ses ineffables bontés, et pour prier pour la personne de piété qui leur avait procuré ce secours abondant dans le même où ils étaient sur le point de tomber dans le désespoir.
    (ce trait est arrivé au commencement de ce siègle et presque de nos jours)