Donation mutuelle entre René Pelaud et Renée Du Buat, Noëllet 1586

L’acte qui suit est extait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 1B157 insinuations – Voici la retranscription de l’acte : Sachent tous présents et advenir que le 25 juin 1586 après midy

    ils sont mariés depuis environ 10 ans mais elle vient d’hériter en tant que fille aînée des Du Buat, après le décès de son frère Claude

en nostre court de Pouencé endroit par devant nous Huchedé notaire d’icelle

    manifestement les Pelaud passaient le plus clair de leurs actes devant les notaires locaux, et ceux-ci n’ayant pas laissé de fonds à ces dates, il me sera impossible de trouver beaucoup de choses.

personnellement establiz noble homme René Pelault et damoiselle Renée Du Buat son espouze sieur et dame du Bois-Bernier paroisse de Noëllet, ladite Du Buat deuement et suffisamment auctorisée par davant nous par ledit Pelault son mary pour l’effect teneur et instance de ces présentes soubzmettant eulx leurs hoirs et ayant cause avecques tous et chascuns leurs biens meubles et immeubles présents et advenir confessent de leur bon gré sans contrainte avoir ce jourd’huy fait et font par ces présentes donnaison mutuelle l’un à l’autre en la forme et manière qui s’ensuit c’est à savoir qu’ils s’entre sont donnés et donnent l’un à l’aultre respectivement par ces présentes par donnaison mutuelle et irrévocable faite entre vifs par le premier mourant au survivant d’eulx tous et chacuns leurs biens meubles tant morts que vifs debtes et actions et aultres choses censés et réputés pour meubles et de nature de meubles qu’ils ont et qui leur compètent et appartiennent et qu’ils auront lors et au temps du décès dudit premier mourant en pleine propriété et la tierce partie de tous et chascuns leurs propres patrimoines matrimoines acquets et conquets qu’ils ont à présent et qu’ils auront lors du décès dudit premier mourant par usufruit seulement pour desdites choses données jouir et disposer par ledit survivant scavoir desdits meubles et debtes et actions à perpétuité pour luy ses hoirs et ayant cause et desdits patrimoines matrimoines et acquets sa vie durant seulement et dont le premier mourant a esté désaisy et dévestyu et s’en désaisit par ces présentes par lesquelles il en a baille délaisse et transporte la seigneurie possession et jouissance audit survivant et l’en a saisy et saisit par ces présentes et s’est ledit premier mourant constitué et constitue possesseur desdites choses pour et au nom et au profit dudit survivant sans qu’il soit tenu en requérir l’entérinement et tradition aulx héritiers dudit premier mourant à la charge dudit survivant d’exécuter et accomplir le testament dudit premier mourant à la charge et est ce faict parce que très bien leur a pleu et plaist ce que lesdites parties ont respectivement vouly consenty et accordé stipulé et acepté veulent consentent et accordent stipulent et acceptent pour cause de donnaison mutuelle irrévocable et faite entre vifs par cesdites présentes
et pour faire insinuer ces présentes et d’icelles requérir la publication et insignuation en jugement et partout ailleurs où il appartiendra et en demander actes ont lesdits establiz constitué et constituent Me Pierre Ogereau et (blanc) licencié ès loix avocats Angers leurs procureurs et chascun d’eulx seul et pour le tout promis et juré avoir agréable tout ce qui en sera par eulx et chascun d’eulx fait et procuré et payer le ou les juges si mestier est o pouvoir de substituer aultres procureurs si besoing est à laquelle donnaison mutuelle et tout ce que dessus est dict tenir garder et accomplir sans jamais aller faire ne venir encontre en aulcune manière obligent lesdits establis eulx leurs hoirs et ayant cause avecques tous et chacuns leurs biens meubles et immeubles présents et advenir

    voici encore la clause qui prévoit l’insinuaiton de l’acte, clause que je vois rarement dans les minures notariales

renonczant par devant nous à toutes choses à ce contraires et par especial ladicte Du Buat au droit velleian à l’autenticque si qua mulier et aultres droits faits et introduits en faveur des femmes que luy avons donnés à entendre estre telz que femme mariée ne se peult obliger ne interceder pour aultruy mesmes pour le faict de son mary qu’elle n’ait expréssement renoncé auxdits droicts autrement elle en seroit relevée
et ainsy l’ont lesdits establis voulu consenty et accordé promis et juré tenir par la foy et serment de leurs corps serment d’eulx donnés en notre main dont nous les avons à leur requestes et de leur consentement jugez et condempnez par le jugement condempnation de notre court
fait et passé audit lieu et maison seigneuriale du Bois Bernier en présence de Me Pierre Moreau demeurant au bourg dudit Noëllet et David Beaumont demeurant en la ville de Craon tesmoings à ce requis et appellez
et sont signez en la minute de ces présentes : René Pelault, Renée Du Buat, P. Moreau, David Beaumont et nous notaire soubzsigné
La donnaison cy dessus a esté leue et publiée en jugement ce requérant Me Pierre Ogereau advocat à Angers

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3 réponses sur “Donation mutuelle entre René Pelaud et Renée Du Buat, Noëllet 1586

  1. 400 ans aujourd’hui que leur gendre Simonin mourait roué à Angers ; l’Eglise prévoyait-elle un cérémonial particulier pour que l’âme de tels condamnés échappe à l’enfer ?

      Note d’Odile : Merci infiniement pour nous rappeler cette commémoration particulière. C’est effectivement un grand anniversaire !
      Le cérémonial religieux était effectivement impressionnant avant le supplice. Tous était mis en oeuvre pour que le condamné se repente publiquement, et un (plusieurs) prêtre l’accompaignaient.
      J’ai même lu, dans l’ouvrage cité ci-dessus, que tout était mis en oeuvre pour éviter qu’ils ne se repentent pas. Ils devaient servir d’exemple.
      Par contre je n’ai jamais rencontré d’inhumation, et cela me semble le plus terrifiant !
      De toutes manières, ces condamnés ne devaient plus croire à grand chose en eux-mêmes, enfin, c’est ce que je suppose.
      Mais la douleur restait pour leur famille !
  2. Je ne suis pas historienne de formation ,et je porte devant vous mes lectures et réflexions sur le sujet :il semblerait qu’il y ait toujours un confesseur. Dans « les grandes affaires criminelles de la Sarthe » « le dernier roué de France »en décembre 1742 met 22 h à mourir donc on a relayé des confesseurs pendant la nuit car « la place sur l’échafaud est un peu froide… »Le pire ou voulu..c’est quand le condamné refuse le confesseur là c’est le crime d’athéisme qui se rajoute…Et je crois comprendre que l’autre châtiment est de laisser le mort sans sépulture, là on remonte à des croyances plus anciennes pour nous êtres humains cf Louvet « le sieur des Marais fut rompu sur un eschafaut au Pillory d’ Angers et mis sur une roue ou il fust plus de douze heures à languir pour ses forfaits avant que de mourir et fust porté au –devant de la porte du dit chasteau et mis sur une roue »J’ignore si le malheureux y restait façon gibet de Montfaucon. On a du mal à imaginer ce cadavre restant là à la vue de tous…!

      Note d’Odile : Merci, j’ai traité l’abscence d’inhumation avant hier.
      Il serait intéressant de connaître les délits commis par le sieur Marais et la date de l’exécution..
  3. 1562 Il était huguenot apparemment et rebelle il s’était retranché dans le château de Rochefort et malgré un accord passé avec Montpensier( gouverneur de la province)il continue son combat ,les assiégeants menés par Puygaillard sont obligés de l’en faire sortir de force ,de nombreux soldats sont tués dont le capitaine de Beauregard .En 1568 Christophe Lailler a la tete tranchée au pilory pour avoir forcé la garde de la ville et autres volleries ,même année le chevalier de la Boullaye de la maison de Daillon ,chevallier de Malte ,lieutenant de Puygaillard tue le sieur de Pannetais ,a la tête tranchée est enterré aux Cordeliers .1570 Louis de Brye convaincu de vollerye a la tête tranchée ,son corps est enterré aux Cordeliers .Avec Lafosse le problème c’est nous ne sommes plus pendant les guerres de religion mais sous Henri IV…Et vu sur votre site Jacques Lenfant dit capitaine Louzil décapité en 1574

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