L’inventaire Lefrère me donne quelques termes que je n’avais pas encore dans mon lexique des inventaires.
Vouillette : on dit aussi avouillette – 1 : Petit entonnoir – 2 ustensile qui sert à voider (A. Jeanneau et A. Durand, Le parler populaire en Anjou, 1987)
Avouyette : petit entonnoir (Henri Boré, Glossaire du patois angevin, 1966)
Avouillette : vase qui sert à avouiller la buée (Mauges) dérivé de aive, ave pour eau. (Charles Ménière, Glossaire angevin, 1880)
Avouillette : en Anjou, petit entonnoir servant à verser le vin dans les tonneaux (Marcel Lachiver, Dict. du monde rural, 1997)
Vouillette : récipient cylindrique à long manche de bois (1,20 m environ) qui sert pour la lessive, pour remplir la tonne à eau ou à purin (Lexique du patois vivant du Bas-Maine et Haut-Anjou, Cercle J. Ferry, Laval, 2001)
En conclusion :
-
le A de avouillette était parfois muet. Ce point est intéressant sur le plan de la prononciation. Ici nous sommes à Craon en 1692 et le A était muet.
l’avouillette aliàs vouillette était un petit entonnoir muni d’un manche, et il en existe pour la lessive ou pour remplir les fûts
En Vendée on dit OUILLETTE
Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.
Existe-t-il dans la langue française un terme spécifique pour désigner la vouillette ou l’avouillette dont se souviennent quelques anciens du Maine et de l’Anjou?
Paul Pelloquin
Note d’Odile : Manifestement la réponse est non, car s’il avait existé un terme les dictionnaires que je cite ci-dessus, et qui sont tous récents, l’auraient donné dans leur définition.
On trouve dans Littré à la définition de « godet » l’extrait suivant »…..Espèce d’entonnoir qui sert à introduire de l’huile entre les filets de la vis d’une presse.
6. Entonnoir par lequel le métal fondu passe de l’échenal dans les jets.
7. Vaisseau rond avec une queue longue d’environ un tiers de mètre, en forme de cuiller à pot ; queue qui est percée pour donner passage à l’eau, à l’effet de se laver les mains….. »
Sachant que l’emploi, aujourd’hui vieilli, de « vaisseau correspond au mot « vase », on n’est pas loin de la « vouillette » patoisante. On désigne d’ailleurs sur un site sarthois consacré aux laveuses les mots « godet » et « vide-buée » pour désigner l’outil en question.
Note d’Odile :
Chez moi (je suis Nantaise), l’ouvrage de Georges Vivant ‘N’en v’la t’i des rapiamus ! », donne :
mais le plus curieux, est que le même dictionnaire donne aussi :
et le Dictionnaire du Monde Rural, de Michel Lachiver, 1997, que j’avais cité dans mon billet, donne aussi :
Je retrouve le Y qui figurait dans VOUYETTE dans l’acte que j’avais retranscrit ci-dessus.
toujours le même dictionnaire :
Je vois dans » Les Locutions Nantaises » par Paul Eudel:
Avouillette: un entonnoir
Il y a également
Ravouiller: Remplir à nouveau avec du liquide. Se dit aussi au jeu, au figuré: « Allons il faut ravouiller », donner de nouveau de l’argent
Note d’Odile :
Merci, la Nantaise que je suis a déjà entendu le sens figuré plus d’une fois !
Sans doute parce qu’on remet souvent de l’argent dans des tonneaux sans fin !
L’avouillette,je connais ! par mon mari Nantais (ayant passé jeune enfant de bons moments avec son grand père) la première fois qu’il m’a parlé d’ avouillette (moi Tourangelle de naissance),je me suis demandée ce qu’il cherchait… Le mot que je préfère chez les Nantais c’est le terme Jaille pour désigner la décharge publique.
Note d’Odile :
Oui, nous les Nantais avons aussi la jaille et même les jailloux pour désigner ceux qui ramassent les ordures. Je l’ai entendu et utilisé autrefois, mais je dois reconnaître que je l’entends moins.
Et, dans la même famille d’idées, nous avons aussi la pelle à bourriers, qui m’a joué en Seine-et-Marne, dans ma première place, en 1960, un vilain tour, car la femme de ménage, d’origine polonaise, à laquelle j’avais demandé la pelle à bourriers était allé se plaindre au directeur que je ne lui parlais pas Français, et j’avais été convoquée, et priée de parler Français.
Chez moi, centre Mauges, Le Fief Sauvin, l’avouillette était un entonnoir mais avec au dessus un bord de 10 cm, surmonté d’une poignée en plein cintre.Elle servait à mouiller le sol de carreaux de terre avant de balailler la place.Avanr on avait ramassé le plus gros de la poussière, avec le »ramasse bourrier ». Après on prenait un café, qu’on sucrait avec une ou deux »pierres de sucre »
Pour la lessive , le »godet à lessive » terme commerçant, était appelé wouedouwé, phonétiquement peut être wouèdwé . On prenait l’eau chaude dans le chaudron en cuivre et on le versait dans la »pone » sur le linge. Il sert un peu pour remplir la tonne d’eau au ruisseau ou au »douet ». Si bien que quand l’eau de la lessiveuse par le champignon, on disait : ça ouède, il ne fallait pas rajouter de bois sous l’ustensile.
Bonjour monsieur ou Madame Perdriau
Merci beaucoup pour votre intérêt.
Vous trouverez aussi sur mon site à la page des INVENTAIRES APRES DECES un lexique simplifié qui donnait autrefois les premiers mots que je rencontrais, dont la panne et la vouillette et même un schéma qui voici :
Donc en Anjou le récipient à lessive était plutôt prononcé PANNE que PONNE mais la VOUILLETTE était bien là.
0 vous lire encore car cela est fort intéressant, et comme vous le comprenez depuis 20 ans je fais revivre les inventaires après décès (ou autres inventaires) les plus anciens que je trouve en Anjou.
Cordialement
Odile
Bonjour à tous
ce jour je vous raconte un peu de ma vie passée, car l’interlocuteur précédent vient de me parler des ramasse bourrier
Donc, voici ce que j’ai réellement vécu au tout début de ma carrière de technicienne chimiste.
Faute d’avoir trouvé du travail dans ma région élargie, je m’étais donc expatriée outre Paris, je dis « outre Paris » car je devais donc changer de gare à Paris et surtout changer de ligne de métro etc… Bref, je me sentais expatriée.
Et ce d’autrant plus qu’il m’arrivait de temps à autre de petits incidents comme celui que viens vous compter, et qui est véridique.
Donc, un jour je fais tomber quelque chose et je m’empresse d’aller demander à la femme de ménage le ramasse bourrier.
Hélas, celle femme était d’origine polonaise, et au lieu de me répondre, elle s’est immédiatement adressée au chef de service pour lui signaler que je ne lui parlais pas Français !
Je fus donc convoquée dans le bureau du chef de service, et je subis une engueulade en règle, m’engageant désormais à parler Français.
C’est ainsi que j’avais découvert mes particularités locales de langage ! et j’en ai vécu un paquet entre autres : les crayons de bois et autres… etc…
Dame, la Nantaise avait un langage parfois trop local.
Mais entre temps, beaucoup de décennies ont passé, et je reconnais que la télé (et la radio) qui nous assomment de langage parisien, nous ont un peu tous harmonisé la langue.
Bien à vous tous
Odile
-Beaucoup de plaisir à converser avec les anciens (plus anciens que moi,ce qui devient rare…),et retrouver notre parler Angevin.
-M@rie.
J’admire votre travail depuis si longtemps, que je pense avoir connu par le Grahl de Beaupréau. J’ai écris un article sur la lessive dans le bas du bourg, mon quartier du Fief sauvin. Il pourrait peut-être vous plaire. Je ne sais pas comment l’envoyer, mais est-ce possible ? ou souhaitable? . J’ai appris seul à me servir de l’ordi. qui m’a été offert pour mes cinquante ans de mariage.
Note d’Odile :
Bonjour Monsieur
je n’ai pas le plaisir de connaître le Grahl de Beaupréau !
Je veux bien publier votre article et ce à votre nom, mais si une revue l’a déjà publié vous ne pouvez sans doute pas le republier.
Odile
http://www.bmlisieux.com/curiosa/eudel01.htm
Dans le livre de Paul Eudel » Les locutions nantaises » vous trouverez un grand nombre de locutions que nous employons dans la région et qui souvent ne sont pas comprises par les non initiés
Note d’Odile :
Bonjour
Pour ma part, je possède plusieurs ouvrages de parlers régionaux, dont, pour Nantes :
Georges VIVANT
N’en v’la d’i des rapiamus !
Patois du pays nantais,
1980
Editions Reflet du Passé
Cet ouvrage est copieux, avec pas moins de 328 pages
Bon WE à la mer
avec bon soleil
Odile
L’article n’a pas été publié. Vous ètes citée dans les liens du Grahl de Beaupréau, qui veut dire<<groupe de recherche et d’archivage de l’histoire locale. J’ai d’autres articles, dont celui sur la légende de Charlemagne autour de Montrevault et Beaupréau.. Avant de publier, il vous faudrait les juger, et décider ensuite. Jean Louis Perdriau. Je me sert encore du chaudron de cuivre qui servait à chauffer l’eau et réchaufer le »lessis » de retour après passage dans la »pône ».
Je cherche le nom d’un instrument dont on se servait encore pour la lessive dans les années 50., surtout dans une cuve de trempage. Il s’agit d’un outil en forme d’entonnoir inversé, muni d’un long manche (un peu moins d’un mètre) ayant des ouvertures dans le haut ce qui permet à l’eau de s’échapper sous la pression.
Merci de votre attention
Note d’Odile :
Bonjour

J’ai utilisé longtemps, bien après 1656 la lessiveuse
Elle est toujours fabriquée et vendue dans des pays en voie de développement.
Voici le lien vers la fabrique GUILLOUARD
et j’ai aussi mis leur page en fichier.PDG
Odile
Effectivement, avant la dernière guerre, nous avions une lessiveuse Guillouard, mon père étant pharmacien il fallait faire bouillir ses blouses et celles de ses préparateurs.
Une fois par semaine, cette lessiveuse était posée sur un réchaud à gaz (comme indiqué sur le croquis) et l’on faisait bouillir le linge pendant au moins 20 minutes pour le désinfecter ;
A l’arrivée de la machine à laver cette pratique a été abandonnée.