L’esprit de pauvreté à Clisson : inhumation d’Olivier Demorton, chanoine, 1711

Le 13 juillet dernier, je vous signalais qu’à Clisson j’observais beaucoup en faveur des pauvres, et je suppose que la paroisse de la Madeleine du Temple avait en partie conservé l’esprit Templier :
L’immense solidarité des habitants de la paroisse de la Madeleine du Temple : Clisson

Poursuivant mes retranscriptions sur Clisson, j’observe sur d’autres paroisses des marques de cet esprit de pauvreté.
Ainsi, un chanoine a expressément souhaité ne pas être inhumé en l’église mais au cimetière et ceci est une très grande marque d’esprit de pauvreté alors qu’un chanoine est tout sauf pauvre, et peut être considéré comme socialement aisé.

Voici donc la volonté de ce chanoine et son inhumation avec les pauvres dans le cimetière de la paroisse Saint Jacques :

Le 26 décembre 1711 inhumé vénérable et discret missire missire Olivier Demorton prêtre et chanoine de Clisson, sépulture faite dans le cimetière de cette paroisse suivant l’intention du décédé

Respect maître de Morton ! Reposez en paix !
Par vos volontés vous témoignez combien vous avez compris que l’inhumation en l’église était à votre époque un signe de classe sociale aisée !

A Clisson il y avait tissier, marchand tissier, serger, et même tireur d’étaim

Tous ces métiers sont dans le tissu.

La différence entre tissier et marchand tissier est celle entre ouvrier tissant de ses mains, et vivant plus que modestement, tandis que le marchand passe dans la région d’ouvrier tissier en ouvrier tissier et revend ensuite soit à Nantes soit sur les marchés et foires dont celles de Clisson, très courues, et ce, encore de nos jours !!! OUI, OUI, Clisson n’a sans doute plus tous ces tissiers mais un très très grand marché le vendredi matin, qui est d’une dimension bien supérieure à ceux qui existent encore à Nantes.

 

Le serger est le tireur d’étaim travaillent la laine, tandis que le tissier travaille le lin, chanvre puis coton.

le sarger a fait l’objet d’un billet sur mon blog

le tireur d’étaim a fait l’objet d’un billet sur mon blog, et si vous cherchez ce métier sur Google vous constaterez qu’il répond avec ma page. Ce métier mérite d’être souligné, car il est généralement écrit fautivement « tireur d’étain » alors qu’il faut lire « étaim », et qu’on est bien d’un beau tissu de laine, dont la racine est la même qu’étamine.

Donc, avec ce tireur d’étaim, qui vivait sur la paroisse Saint Jacques, plus artisanal que Notre Dame, on a un tissu plus noble et recherché, qui partait sans doute fort vite même sur Clisson puiqu’à Notre Dame vivaient beaucoup de bourgois et officiers du roi, et même un avocat au parlement de Rennes etc… Il devait donc y avoir beaucoup de différences de vêtements dans les rues de Clisson. Certes aussi à Nantes, mais Nantes est beaucoup plus étendue, alors qu’on a vite fait le tour de Clisson à pieds.

Ah ! j’oubliais, le tireur d’étaim était Louis Foulonneau en 1695

 

 

 

On trochonnait à Clisson en 1691

Lorsque j’ai découvert mon ascendance TROCHON, je suis tombée sur une mine généalogique bien étudiée car autrefois. Au dire des Mayennais, il y avait tellement de TROCHON BCBG à Château-Gontier et environs, que tout le beau monde TROCHONNAIT.
Donc, j’avais découvert que je trochonnais moi aussi.

Cette généalogie a fait l’objet d’une publication familiale sérieuse que je n’ai jamais recopiée, car il est totalement inutile de copier les autres. En 1682, Mme de la Théardière, Messieurs G. d’Ambrières et R. Villerey, ont publié sous forme de recueil destiné à la famille, donc limité, leur immense travail. Ce travail concerne l’Anjou puisqu’autrefois Château-Gontier était en Anjou.

J’ajoute que je descends des TROCHON précisément par mes BOREAU :

14-René Trochon x Anne Le Blastier
13-Michel Trochon x /1600 Renée Gilles
12-Renée Trochon x 1619 Louis Bourdais
11-Marguerite Bourdais x 1645 Jean Boreau
10-Renée Boreau x Champteussé 19 juillet 1672 Jacques Fourmond
9-Jean Fromond x2 Lion-d’Angers 16 novembre 1705 Madeleine Delahaye
8-Magdeleine Fromond x Grez-Neuville 1er juin 1733 Pierre Vergnault
7-Madeleine Vernault x Brain/Long. 23 décembre 1757 Mathurin Guillot
6-Jean Guillot x Chazé-sur-Argos 3 mars 1794 Aimée Guillot
5-Esprit-Victor Guillot x Noëllet 18 avril 1842 Joséphine Jallot
4-Aimée Guillot x Segré 22 novembre 1881 Charles Audineau
3-Aimée Audineau x 1907 Edouard Guillouard
2-Thérèse Guillouard x 1937 Georges Halbert
1-moi

A Clisson, nous avons vu des LENFANT, une ALLANEAU (voyez mon blog précécent). Or, en 1690, LANCELOT, le veuf Allaneau, qui était général d’Armes à Clisson, y décède. Est-ce un appel d’air pour les Angevins ? Car voici qu’un TROCHON vit à Clisson, et s’y marie :

Clisson Saint Jacques, le 30 janvier 1691 mariage : « Pierre fils de maistre André Trochon et honorable femme Françoise Brunel, avec Renée Gartiau veufve de Julien Bizet, fille de Michel et Michelle Oger, tous de cette paroisse toutefois ledit Trochon est né de la paroisse d’Azé fauxbourg de Chasteaugontier »

 

Mais ce TROCHON ne vient pas pour un office pour autre travail comme general d’armes, mais il est marchand sarger, donc c’est un lien entre Château-Gontier pays de la toile comme Laval, et les marchands tixiers de Clisson. Ils sont manifestement en lien d’affaires.

C’est fou de voir ainsi au fil de mes retranscriptions à Clisson, que je suis restée en fait en Anjou !!! Alors, j’adresse à mes lecteurs Angevins et Mayennais, un immense salut, car je ne les abandonne pas, la preuve, les voici à Clisson !!!

Et merci d’avance aux MAYENNAIS de relier ce TROCHON qui n’a pas de présence sur ROGLO, mais TROCHONNE tout à fait car Azé c’est tout comme Château-Gontier, et s’il se retrouve à Clisson, c’est qu’il n’est pas l’aîné, et qu’il a beaucoup de frères, donc doit trouver un poste ailleurs.

Mathurine Arnaud inhumée dans le cimetière : Clisson Saint Jacques 1688

Je me souviens des enterrements de 1ère et 2ème classe à l’église dans ma jeunesse (je suis née en 1938), et ceux qui avaient plus payé avaient droit entre autres à de belles tentures noires accrochées aux murs à l’intérieur de l’église.
Vous vous souvenez de ces tentures noires n’est-ce pas ?

et vous fredonnez  avec Georges Brassens :

Mais où sont les funéraill’s d’antan ?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères… 

 

Mais avant la Révolution et jusqu’à une date que j’ignore, il y avait l’inhumation souhaitable au plus près de Dieu donc dans l’église, ou le cimetière auprès de l’église jusqu’à ce qu’on l’interdise pour des raisons d’hygiène.

Je suis actuellement en train de retranscire exhaustivement les plus anciens registres de Clisson et j’y rencontre quelques inhumations pour le moins curieuses, car on aurait pu penser, du moins c’est ce que je pensais, que ceux qui étaient inhumés dans l’église avaient payé alors que les autres, inhumés au cimetière, avaient moins payé, donc étaient moins aisés voire pas aisés du tout.

Alors pourquoi par exemple Mathurine Arnaud est elle inhumée le 7 décembre 1688 au cimetière et pas dans l’église. Elle vient tout juste de donner le jour le 30 novembre précédent à « Jacques fils de Jacques Leauté et Mathurine Arnaud parrain h. homme Jacques Leauté marchand de draps marraine h. femme Renée Martineau femme de Me Jean Leauté notaire royal et procureur »

J’avoue que dans mes exercives de retranscription lentement, je suis parfois très surprise et même je ne comprends pas. Ainsi, Mathurine Arnaud ne méritait pas cela !!!

Hélène Alaneau : Angevine sous les ordres de Louis puis Claude de Bretagne, aliàs d’Avaugour

Ces jours-ci je vous mettais, entre autres, Louis de Bretagne seigneur de Clisson mais aussi comte de Vertus (en Champagne) et Goello (en Bretagne) premier baron de Bretagne seigneur d’Avaugour Clisson Monfaucon Chantossé (En Anjou, aujourd’hui écrit Champtocé sur Loire) et Ingrande (frontière Anjou Bretagne)
Et je vous mettais quelques actes notariés qui illustraient que ce seigneur se déplaçait d’une terre à l’autre non sans déplacer les postes de quelques sujets ici ou là.
Donc, dépouillant par retranscription exhaustive, les plus anciens registres paroissiaux de Clisson, que les Guerres de Vendée ont hélas beaucoup fait disparaître, je retrouve des Angevins.
Et vous reconnaîtrez, si vous êtes fidèle à mon site et mon blog, que je connais un peu les Angevins…
Donc il y a à Clisson des LENFANT, mais je ne peux faire le lien, si ce n’est que je peux affirmer que c’est la même famille.
Et ce jour, et cette fois je fais le lien, c’est une de mes collatérales, je vous présente donc Hélène Allaneau, que je viens d’inhumer en l’église saint Jacques de Clisson. Et vous pouvez consulter sur mon site l’immense travail ALLANEAU que j’avais autrefois fait.

Elle suit son mari muté par le seigneur de Clisson, d’Angers à un posté à Champtocé, un autre à Ingrandes, et en 1680 ils vivent à Clisson paroisse Saint Jacques. Voyez les actes ci-dessous de son mariage, ses enfants, qui attestent tous ces déplacements !!!
C’est un peu comme de nos jours lorque vous êtes muté par votre entreprise multinationale à travers toutes ses filiales !!!

Hélène ALLANEAU °Angers Trinité ca 1638 †Clisson Saint Jacques 24 avril 1680 « inhumée en l’église honneste femme Helene Alaneau épouse de Me Pierre Lancelot général d’armes 42 ans » Fille de Nicolas 5e ALASNEAU & de Renée ERNAULT x Angers St Nicolas 1.4.1659 Pierre LANCELOT Commis au grenier à sel d’Ingrandes
1-Pierre LANCELOT °Angers St Nicolas 9.11.1658 (sic)
2-Hélène LANCELOT °Angers St Aignan 11.8.1662 x Champtocé 15.2.1691 Jacques GAULTIER Fils de Thomas et de Madeleine Cimier


C’est le meilleur endroit pour jouir du point de vue sur le château, vue du cimetière de la Trinité. Si vous allez à Clisson, n’oubliez pas de vous rendre de l’autre côté de la Sèvre, et remonter la rue de l’église de la Trinité au cimetière pour retournez vous !!!
Vous n’oublierez jamais !!!

Louis de Longbuisson, prêtre, doyen de l’église collégiale Notre Dame de Clisson, est aussi aumônier de Champtocé sur Loire, 1647

Aux Archives Nationales on trouve :

Procuration par Louis de LONGBUISSON prêtre, doyen de l’Eglise Collégiale N.D de Clisson diocèse de Nantes et Aumônier de CHAMPTOCÉ demeurant à Clisson pour résigner sad. aumônerie (28 juin 1647)
Minutes et répertoires du notaire Jean DUPUYS, 24 septembre 1616 – 3 septembre 1648 (étude XXXIV) Cote : MC/ET/XXXIV/99

La famille de Bretagne avait bien l’habitude de faire participer ses sujets de Clisson à Champtocé et inversement. Mais j’ignore si Louis de Longbuisson est Angevin.