Bail à louage d’un ouvroir de couturier, Angers 1526

un ouvroir est alors un atelier, et vous allez voir que le prix de la location est infime, ce qui me fait penser qu’il ne devait pas être autre chose qu’un bâtiment de bois non isolé. Je suppose qu’on y faisait travailler des ouvriers ! En quelque sorte, une pré-industrie ?
En tout cas, il est réservé aux couturiers jurés, comme nous le découvrons.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 16 janvier 1525 (avant Pâques donc le 16janvier 1526 n.s.) en notre cour royale à Angers (Nicolas Huot notaire Angers) personnellement establiz Jehan Gallart maistre cousturier en ceste ville d’Angers d’une part,
et Marceau Herpin cousturier paroisse de Saint Jehan Baptiste dudit Angers d’autre part
soubzmectans etc confessent avoir aujourd’huy fait les marchés pactions et conventions tels et en la manière qui s’ensuit c’est à savoir que ledit Gallart a baillé et baille du jourd’huy jusque sà 2 ans après ensuivans et suivans l’une l’autre sans intervalle de temps son ouvrouer de maistre cousturier en ceste ville d’Angers tout ainsi que ledit Gallart avoit de coustume le tenir par cy davant comme maistre cousturier en ceste dite ville et ce du consentement des 4 maistres cousturiers jurés en ceste dite ville ainsi que ledit Gallart nous a dit et déclaré pour iceluy ouvrouer de maistre cousturier en ceste dite ville tenir et exploiter par ledit Marceau ledit temps de deux ans sans y faire aulcun abus
et est fait ce présent marché et convention pour en rendre et payer paroisse rledit Marceau par chacune desdites deux années la somme de 60 sols tz payables à deux termes en l’an aux festes de St Jehan Baptiste et Noel par moitié le premier paiement commençant à la feste de St Jehan Baptiste prochainement venant
auxquelles choses dessus dites tenir etc et iceluy ouvrouer garantir etc et aux dommages l’un de l’autre etc obligent lesdites parties l’une vers l’autre etc et les biens et choses dudit Marceau Herpin à prendre vendre etc renonçant etc foy jugement et condemnation etc
présents ad ce Jehan Angoulvant maistre cousturier à Angers et Nicolas Dallier clerc demourans à Angers tesmoings
fait et donné à Angers les jour et an susdits

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog. Tout commentaire ou copie >partielle de cet article sur autre blog ou forum ou site va à l’encontre du droit d’auteur.

La semaine dernière nous avons vu à la télé une émisson sur la Sears Tower aliàs Willis Tower à Chicago, qui fut jusqu’en 2004, avec ses 442 m, la plus haute tour du monde. L’un des employés de maintenance du sommet de la tour racontait avoir le privilège de côtoyer des faucons.
Je partage avec lui ce privilège, non pas du haut des 110 étages de la Sears Tower, mais bien de mon appartement, situé au 7ème et dernier étage d’une mini-tour.
Et je voulais vous donner des nouvelles de mes plus célèbres voisins, dont je vous ai parlé dans un précédent billet.

Ils vont bien. Chaque jour ils descendent chasser sur les îles de Loire remontent avant la mi-journée, parfois me laissent le soin de leur servir de garde-manger, laissant leur repas du soir traîner au soleil de midi à la tombée de la nuit dans l’un de mes pots de fleur, ayant eu auparavant soigneusement pris soin d’en avaler la tête. Je dois même préciser que les sourisseaux qui traînent dans mes pots de fleur sont toujours sans tête. Mes voisins à plume ont oublié un seul d’entre eux en 19 ans ! et le lendemain, constatant leur oubli, je me souviens avoir pris mes gants de jardinage pour prendre la bête et la mettre à la poubelle !
Oui, vous avez bien lu, je fais toujours garde-manger pour faucons, et Dieu merci, ils vont bien.
Le soir, à la tombée de la nuit, l’un d’eux vient subrepticement reprendre le festin, et j’ai pour habitude de laisser le champ libre aux heures des faucons, car ils ont leurs habitudes et j’ai adapté les miennes. Entre-temps, j’ai tout loisir de travailler à mon blog pour vous. Et même de jardiner tranquillement.

Alors, monsieur l’employé de Sears Tower, si vous fondez une association mondiale des colocataires de faucons, je suis partante, car nous devons être très nombreux dans le monde.
Il est vrai que ma tour, si petite soit-elle, voisine avec un immense terrain de chasse pour faucons, les îles de Loire sur plusieurs km.

2 réponses sur “Bail à louage d’un ouvroir de couturier, Angers 1526

  1. Pour ma part, les faucons pèlerins, je les rencontrés dans mes lectures, ce matin : je lis les déferlantes et la narratrice qui s’occupe du comptage des migrateurs à la pointe du Cotentin, en parle … Cela me fait sourire de les retrouver sur votre terrasse !

      Réponse d’Odile :
      en fait, pas tout à fait sur ma terrasse, qui est en contre-bas du toît en terrasse de la tour, à environ 2,5 m plus haut, et je ne fais que les voir passer juste au dessus de ma tête.
  2. vous avez de la chance…moi qui habite au 10e étage je ne vois que des pigeons…très nombreux il y a 10 ans, ils venaient pondre dans mes pots de fleurs. Il faut dire que je suis la seule de l’immeuble à cultiver un verger,potager ,jardin d’ornement, sur mon balcon de 10m2. Et ces fameux pigeons devaient apprécier l’endroit. depuis le service espaces verts de la ville les a éradiqués (écologiquement) Et je ne m’en plains pas!

      Réponse d’Odile :
      les faucons vivent sur la terrasse de l’immeuble, ma terrasse est en contre-bas à environ 2,50 m dessous, et sur leur trajectoire vers les Îles de Loire, leur terrain de chasse. Ils ne vivent pas avec moi, mais en rentrant de la chasse, chaque jour, ils déposent sur un de mes pots de fleur, qui est sur la rambarde, leur sourisseau du jour, pour le menu du soir. Ils viennent rechercher ce butin à la tombée de la nuit, entre chien et loup. Ils se posent sur la rambarde métallique, et regardent craintivement alentour s’il n’y a personne, avant d’attraper rapidement leur festin et s’envoler 2,5 m plus haut avec le sourisseau dans le bec.
      Odile
      PS : je dis « terrasse » en ce qui concerne mon appartement. Au dernier étage de la tour, nous ne sommes pas construits comme les autres étages, mon appartement est en retrait, et en longueur, sur 12 m de long, et ma terrasse fait 12 m x 2,5 m, et moi aussi je cultive des arbres en pot, de toutes sortes : pommier, cerisier, noisettier, acaccia, chênes, érable, sycomore, tilleul, platane (une allée dans une jardinière), orme, cognassier du Japon, chèvrefeuille de Chine, sorbiers des oiseleurs (plusieurs, dont forêt miniature), viorne (c’est sur cette dernière qu’actuellement les sourisseaux sont déposés, hier le sourisseau était énorme), et surtout rosiers et j’ai des roses tout l’été chaque semaine ! Ah, j’oubliais de préciser que tous mes arbres font royalement 15 à 30 cm de haut, à l’exception de mon gingko qui est plus grand car un symbole de vie au Japon. Et ma glycine, qui est en parasol dans un pot aussi plus grand que les autres. Elle est encore en fleurs. Mes cerises sont en partie formées, et mes pommes aussi.
      Les autres oiseaux que je vois souvent sont des grives, des mésanges, et des pigeons bagués voyageurs. Ma tour étant le seul point haut à l’est de l’agglomération, elle leur sert de point de repos, parfois.

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