Mon arrière-arrière grand mère Jeanne Morille, enceinte, perd son mari, et épouse son beau-frère : Nantes 1852

5 000 actes notariés sur le blog d’Odile Halbert, chercheuse réputée mal commode !
Mal commode parce que exigeante comme la chimiste qu’elle fut : preuves, rien que preuves, et tout voir et vérifier.

Il y a tant de pièges que j’ai il y a plus de 10 ans déjà écrit des pages de GENEAFOLIE sur mon site.

Je vais vous emmener, au fil du mois qui vient, découvrir comment j’en suis arrivée à autant de méfiance, car cela a commencé dès le début de mes recherches.

  • Cela a commencé avec le plus oublié de mes grand pères : mon arrière-arrière grand père Guillouard
  • Comme toutes les personnes âgées, née avant la seconde guerre mondiale, j’ai connu l’époque de haute fréquentation des cimetières.
    La génération précédente, celle qui était née juste avant la première guerre mondiale avait même connu plus qu’une haute fréquentation. Ainsi, l’une de mes tantes me racontait que c’était tous les dimanches après les vêpres, et dès le jeune âge. Adulte, elle ne les fréquentait plus du tout. Je la comprends.

    Moi, ce ne fut que toutes les Toussaints, mais alors un pélerinage complet comprenant plusieurs cimetières. Enfant, mes parents nous menaient chaque année sur toutes les tombes. Et j’ai une chance innouïe, il y en avait pléthore à Nantes.

    Vous pensez que j’avais beaucoup de chance ! car vous, vous avez ramé pour trouver des cimetières et des tombes pour identifier vos grands parents etc…

    Eh bien détrompez-vous !

    Mon premier piège le voici, avec la tombe de mon arrière grand-père Guillouard, tombe fréquéntée mais qui va s’avérer le plus oublié des grands parents, voici pourquoi et comment.

    Sur cette tombe, maman, née Guillouard, expliquait gentiement : Voici mon arrière grand père Jacques Guillouard, et la tante Blanche.
    Je passe sur les détails, car il y en avait de très fleuris, comme la tante Blanche si radin qu’elle se lavait les pieds dans sa soupière !

    Certes, à l’époque de mon enfance, je croyais tout ce que disait maman, comme tous les enfants sans doute, et comme elle avait déjà tant raconté, je ne posais pas de questions sur les autres noms que vous voyez sur la vue ci-dessus
    Noms que je devais découvrir lorsque j’entrepris les vérifications à l’état civil.
    Enfin, à l’état civil de l’époque, sans photocopie, sans consultation sur place, bref, le temps préhistorique de la recherche !!!

    Et là ! OUILLE !!! Rien ne se passe comme prévu.

    Je vous mets d’abord les actes, avec les moyens modernes puisqu’ils sont désormais en ligne :



    Le mariage du grand père de ma maman en 1871, le donne fils de François.

    Ce qui se vérifie avec l’acte de naissance :

    Toujours fils de François et même fils posthume de François.

    Dont voici l’inhumation peu avant la naissance de son fils :


    Et voici le remariage de sa veuve avec le frère de son défunt mari, et cette fois j’ai Jacques Guillouard, lequel n’eut pas d’enfants, et François Guillouard, fils posthume unique de François, fut traité comme son fils, au point d’oublier le vrai père.
    Comme on peut le voir sur l’acte de remariage avec son beau-frère Jacques, il n’y a eu aucune dispense demandée, et le code civil de 1852 autorisait donc pleinement le mariage entre beau frère et belle soeur.

    Lorsque je fis cette découverte, j’en parlais à ma maman, que je voyais tous les dimanches. Mais, jamais elle ne m’a crue, et elle m’en a même voulu, car selon elle, c’était bien Jacques le père de son grand père et je me trompais (selon elle).

    Et ma maman est décédée des années plus tard, sans m’avoir crue un seul instant.

    Voici donc l’une de mes premières sources d’erreur, certes dans ce cas exceptionnel, peu important sur le fonds, puisque les 2 frères avaient les mêmes parents, mais tout de même, illustrant comment dès le début j’ai appris à me méfier de tout dans mes recherches, car immédiatement après je fis encore moult expériences d’erreurs et tant et si bien que je suis devenue ce que je suis, une chercheuse exigeante qui passe pour une mal commode, mais fière de son exigence.
    La suite au prochain numéro
    Odile

    Odile Halbert – Lorsque vous mettez mes travaux sur un autre site ou base de données, vous enrichissez leurs propriétaires en leur donnant toujours plus de valeur marchande dans mon dos

    9 réponses sur “Mon arrière-arrière grand mère Jeanne Morille, enceinte, perd son mari, et épouse son beau-frère : Nantes 1852

    1. Bonjour Madame,

      Bravo pour la somme de travail que vous avez réalisée, un vrai travail d’historienne que vous êtes certainement.
      J’aurais voulu avoir de votre part un renseignement pour m’aider à résoudre une énigme familiale, cela est il possible ?

      Merci pour ce blog et bravo
      Cordialement

    2. Chère madame,
      merci beaucoup pour ces retranscriptions. J’admire votre travail, car je me suis essayé a la paléographie, et je dois avouer que ce n’est pas trivial… A ce titre, je cherche a déchiffrer un acte de 1576 concernant un de mes ancêtres, mais la tache est complexe… J’aimerai savoir si vous pouviez m’aider grâce a votre expertise. Mon adresse e-mail étant incluse, n’hésitez pas a me contacter si vous pensez avoir un peu de temps a m’accorder.

      Cordialement,

      un « collègue » scientifique (physicien).

    3. Madame,

      En essayant de retrouver mes ascendants Leroy à Vertou, ( je suis en 1635) je cherche les frères et soeurs d’André Leroy et autres Leroy à la Barbinière; je tombe sur les Bureau très souvent, mariés à des Leroy ou parrains ou marraines, une Julienne Leroy mariée à Laurent Mestiveau de Mottechaix, propriété dont je cherche aussi l’histoire la plus ancienne… C’est par ce Mestiveau ( Charles) dont vous faites mention dans vos listes que je fais connaissance avec votre travail étonnant.
      J’habite Nantes, j’irai encore à Vertou à la recherche de ce pressoir et sa maison acquis par André au 17ème. Bien sûr j’aurai aimé vous rencontrer,
      mais je pense que c’est sans espoir, vu vos contraintes et vos activités,
      croyez , Madame à mes salutations les plus cordiales
      J.Orieux

    4. Bonjour à tous
      je m’aperçois qu’avant hier j’ai répondu un peu attivement à José Fornells dans Dispense de consanguinité et degrés prohibés, au fil du temps, et des diverses nations…
      Car si j’ai bien compris sa demande concernait un mariage entre beau-frère et belle-soeur et non entre frère et soeur.
      Je me suis depuis souvenue du mariage de mon arrière grand père, dont je vous avais parlé ci-dessus, lequel mariage est SANS DISPENSE, et pour cause, le code civil a été modifié et l’article 162 ne concerne plus que les frère et soeur.
      J’ai sous les yeux le code civil actuel, dans une version qui note toutes les mofications, et je suggère donc à José Fornells d’étudier ces modifications et leurs attendus, car parfois l’explication des modifications des textes de loi est très parlante.
      Et je l’autorise à citer l’exemple de mon arrière grand mère ci-dessus, qui épousa successivement les 2 frères
      Odile

      1. Je vous remercie de votre réponse, je vais essayer de trouver tout cela… J’avoue m’être un peu perdu et ne pas retrouver les modifs du code Napoléon… Vous n’avez pas de lien direct?
        Le mariage dissous de Gos – Jammes est une longue histoire : Jean s’est remarié avec sa belle-sœur Cécile, en l’an 12, un mois avant la promulgation du code Napoléon dont l’article 2 énonce sa non rétroactivité… Mais voilà, dans le jugement le mariage est daté… de l’an 13! Probablement suite à une dénonciation avec une copie falsifiée de l’acte, sur fond de discordes municipales, c’est le maire ayant célébré le mariage que l’on a voulu atteindre et c’est une famille misérable qui en a été la victime…!
        L’Eglise demandait aussi une dispense papale pour se remarier avec beau-frère ou belle sœur : J’ai l’exemple d’un tel mariage, début des années 1930, raconté par ma grand mère. La date du remariage de Bertin, veuf de Marie, avec sa belle sœur Juliette était fixée…et la dispense papale n’arrivait pas!
        Alors le mariage civil et la noce ont eu lieu à la date prévue et le mariage religieux plus tard… C’était pourtant de grands catholiques… mais « Arro qué tout érro prresté ! » = maintenant que tout était prêt….! » (occitan phonétique avec l’accent local…)
        Des cas de personnes nées de relations frère-sœur j’en connais au moins deux par ici…. Mais jamais de mariage!!!

        Si je dois utiliser des données de votre site, je ne le ferai qu’avec votre accord et en citant mes sources, c’est la règle impérative pour nos publications archéologiques et historiques (Société Archéologique et Historique des Hauts Cantons de l’Hérault)

    5. Bonjour
      Je viens de vous mettre dans l’article ci-dessus l’acte de remariage de Jeanne Morille avec son beau-frère, et ce, sans dispense.
      Donc l’article 162 du code civil était déjà modifié avant cette date.
      Pour avoir les jurisprudences et les modifications de cet article, allez donc à la fac de droit la plus proche de chez vous, et/ou à leur bibliothèque universitaire, là vous aurez le code civil annoté de ses modifications et jurisprudences, sinon, achetez le chez DALLOZ, mais il coûte 45 euros.
      De mon côté je vais étudier les évolutions éventuelles du droit canon.
      Odile

    6. par hasard j’apprends que vous ete spécialisée engénéalogie
      nous avons eu la meme tante commune odette FAGAULT et avons partagé les fastes de BELMONT
      bref je suis jean Yves retiré à VANNES mais nostalgique de ses années d’éétudiant ayant encore en memoire le refrain ‘àparis comme à NANTES pour 32 francs 50 mais à la cigale; on …trouve

      1. Bonjour Jean-Yves
        Tu peux me tutoyer, je me souviens bien de toi, tes soeurs, tes parents, et j’ai tout plein de choses pour toi, donc je dirais je suis ravie d’avoir contact avec toi pour les partager.
        J’ai en effet fait l’histoire des Fagault, l’histoire de Belmont etc… mais non publiés à ce jour.
        J’ai uniquement publié la première voiture des FAGAULT dans une page que je dédiais aux premières voitures du département.
        Sur ces 2 photos, je trouve même que tes grands parents ressemblent beaucoup à l’oncle Yves
        Bien à toi
        Odile

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