Donation Savary veuve Bellanger, 1645

Montreuil-sur-Maine est près du Lion-d’Angers. C’est là que naît, le 29 septembre 1613, Mathurin Bellanger, fils de Pierre et Julienne Savary.

  • J’ai déjà vu fin 16e siècle, un Crannier né au Lion-d’Angers, parti faire ses études à Paris, mais j’avoue que parti de Montreuil-sur-Maine, je suis encore plus ahurie ! Car Mathurin Bellanger est apothicaire ordinaire du roi, demeurant à Paris, en 1645.
  • Si je m’intéresse à ce Mathurin Bellanger c’est qu’il n’aura pas d’enfants, pas plus que sa soeur, et que mes propres ancêtres se retrouveront par la suite dans une invraisemblable succession collatérale, dans laquelle les frais de déplacement et de litiges engloutiront la part d’héritage. J’ai déjà un énorme dossier d’acte notariés sur eux et je tente de continuer.
  • L’acte qui suit est un accord entre mère et ses 2 enfants. La mère, veuve, s’est retirée à Angers chez sa fille, et fait donation de ses biens de son vivant, mais aussitôt on la découvre jouissant sa vie durant de ses biens. En somme elle devient usufruitière.

  • Mathurin Bellanger obtient les vignes à Montreuil, et le droit d’y séjourner, ce qui signifie qu’il aime le vin d’Anjou qui lui manque à Paris, et s’en réserve donc, et qu’il viendra y passer des vacances. En général, ceux qui étaient monté (à Paris, ou autre grande ville) aimaient venir quelques temps dans leurs terres natales se reposer. En fait, ce sont des précurseurs des vacances que nous connaissons.
  • La signature de Mathurin Bellanger atteste le besoin de paraître, qui était sans doute indispensable dans les grandes villes, et encore plus à Paris, car il signe « des Géraudières Bellanger », ce qui ressemble fort à la manière de s’exprimer de Toisonnier : d’abord le nom de la terre.
  • Enfin, il se fait appeler « noble homme », ce qui ne signifie là encore que le paraître, rien de plus…
  • Je n’ai rien trouvé sur les apothicaire du roi. Diderot est muet. Je suppose tout de même que cela atteste un certain mérite.
  • L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5
  • Voici la retranscription exacte de l’acte : Le 11 décembre 1645 après midy, par devant nous Nicolas Leconte notaire royal et gardenotte à Angers, furent présents honorable femme Julienne Savary veufve de deffunct Pierre Bellanger vivant sieur de la Benestière demeurant en cette ville paroisse Saint Maurice d’une part, et noble homme Mathurin Bellanger sieur des Giraudières apothicaire ordinaire du Roy demeurant à Paris estant de présent en cette ville logé paroisse Saint Denis, et honorables personnes Me Jean Aubert et Perrine Bellanger sa femme de luy authorizée par devant nous quand à ce, demeurant en cette ville paroisse de Saint Maurice d’autre,

    lesquelz respectivement soubzmis ont accordé ce que s’ensuit à scavoir que ladite Savary s’est volontairement démise et se démet de la propriété de tous et chascuns ses biens tant de ses propres que acquetz et concquetz mesme de ses meubles en faveur et entre les mains desdits sieur des Giraudières et Aubert et sa femme ses enfants eux les diviser et en faire partage … avec les biens dudit deffunt Pierre Bellanger leur père suivant et au désir de la coustume de ce pays d’Anjou, à la charge expresse néantmoings qu’elle jouira sa vie durant tant des biens par elle délaissez que ce deux demeurez de la succession dudit deffunt son mary de les entretenir en bonne et suffisante réparation de menues réparations seulement ainsi que pouraient estre tenus fermiers et usufruitiers et non des grosses réparations, à quoi seront tenus les demissionnaires qui feront aussi par elle acquitez des cens rentes et debvoirs seigneuriaux et féodaux et fontiers si aucuns sont deubz soit en deniers ou grains ou autre,

    en faveur de laquelle démission est convenu que ledit sieur des Giraudières jouira des à présent des vignes situées au clos des Gaudinières et Grand Clos de la Chesnaye en la paroisse de Montreuil-sur-Maine, de la pièce de pré située au pré appelé le pré des quartiers sur la rivière d’Oudon dite paroisse de Montreuil, à la charge aussi dudit Mathurin Bellanger de bien et duement faire faire et fassonner lesdites vignes de leurs fassons ordinaires suivant la coustume du pays, et y faire faire les provings comme un bon père de famille et payera les debvoirs tant de ladite vigne que dudit pré, et de relaisser à ladite Savary chacun an au temps des vendanges une busse de vin au pressouer du lieu de la Benestière au cas qu’elle en receuille esdites vignes, fournissant par elle de tonneau à le mettre, et auquel pressouer iceluy sieur des Giraudières pourra faire presser la vendange qu’il receuillera esdites vignes, et en cas que iceluy sieur des Giraudières veuille faire quelque séjour audit lieu de la Bénestière ou autres lieux de ladite démission, il ne pourra estre empescher ny d’y faire bastir et améliorer quand bon luy semblera, demeure tenu ledit sieur des Giraudières de faire partage tant desdits biens délaissez que de ladite succession dudit deffunt Bellanger leur père, dans le jour et feste de Toussaint prochaine, aussi accordé que ladite Savary pourra disposer desdits biens par elle délaissez jusqu’à la somme de 60 livres à une fois payées etc…

    fait audit Angers maison desdits Aubert et femme en présence de noble homme Me François Babin et Mathieu Rousseau avocats au siège présidial de cette ville, et René Verdon praticien demeurant audit lieu tesmoings : lesdites Savary et Perrine Bellanger ont dit ne savoir signer.

    Cette image est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Je la mets ici à titre d’outil d’identification des signatures, car autrefois on ne changeait pas de signature.
    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet (blog, forum ou site, car alors vous supprimez des clics sur mon travail en faisant cliquer sur l’autre support, et pour être référencé sur Internet il faut des clics sur ma création) seul le lien ci-dessous est autorisé car il ne courcircuite pas mes clics.

    8 réponses sur “Donation Savary veuve Bellanger, 1645

    1. Bonjour Madame Halbert,

      Dans la « Revue d’histoire de la pharmacie » on peut trouver des articles de Maurice Bouvet intitulés « Les apothicaires royaux » mentionnant effectivement Mathurin Bellanger (et son fils Charles), aide apothicaire du roi. Des extraits sont disponibles en ligne sur le site http://www.persee.fr.

      Bien cordialement,
      Philippe Bouvet

        Note d’Odile :

      Merci

      Il semble que le fils Charles soit décédé avant son père.
      Et ce SP

    2. D’après ces mêmes articles écrits par Maurice Bouvet il est indiqué que « en 1672, la survivance de sa charge (charge d’aide apothicaire du roi de Mathurin Bellanger) est accordée à son fils Charles » [1]. Maurice Bouvet indique également que la « survivance, dit Littré, est la faculté de succéder à un homme dans son emploi, dans sa charge après sa mort » [2], on serait tenté d’en déduire que Mathurin est mort avant son fils Charles qui lui a succédé dans sa charge.

      Cependant une autre source [3] indique que Antoine Damarron obtient la survivance de Mathurin Bellanger en 1680. Entre temps, Charles est peut-être décédé avant son père.

      [1] http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1930_num_18_68_9868

      [2] http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0995-838x_1928_num_16_58_10519

      [3] La maison médicale du roi – le pouvoir royal et les professions de santé XVIe-XVIIIe siècles par Alexandre Lunel, p85

        Note d’Odile

      Selon le Dictionnaire de l’Académie française, 1st Edition (1694)

      Survivance. s. f. Droit, faculté de succeder à un homme dans sa charge aprés sa mort. Il est President, le Roy luy a accordé & donné la survivance pour son fils. il a esté receu en survivance. lettres, brevet de survivance.

      Donc, le terme s’applique à la charge ou office, et non à l’individu.

      Par ailleurs nous avons désormais la date précise du décès de Mathurin Bellanger à Cérelles, et il est décédé après son fils.
      Odile

      PS : concernant cette succession de Mathurin Bellanger, il vient prochainement sur mon blog un acte très exceptionnel, que je dois relire avant publication, mais hier j’était occupée au métier de grand-mère par intérim et n’en ai pas eu le loisir.

    3. Voici comment je comprends l’artice de Maurice Bouvet, « Les Apothicaires du roi », in Revue d’histoire de la pharmacie, Année 1930, Volume 18, Numéro 68, pp. 76-83 – sur le site http://www.persee.fr

    4. la charge d’aide apothicaire de Mathurin Bellanger
    5. Mathurin Bellanger sieur des Giraudières est aide apothicaire du roi, qui est une charge de suppléant.
      Cette charge apparaît dans plusieurs actes notariés, et a également été étudiée en 1930 par Maurice Bouvet qui précise : « Nous avons déjà signalé l’augmentation du nombre des aides apothicaires à partir de 1648 : jusqu’à cette date le service est assuré par Mathurin Bellanger et par Jean Guyon. Après cette date il est assuré par quartier comme pour les premiers apothicaires.
      Quartier de Janvier :
      • Mathurin Bellanger – En 1672, la survivance de sa charge est accordée à son fils Charles
      • Géraudière – Il est donné comme aide apothicaire dans l’Etat de la France pour 1674
      • Damaron – Nous avons étudié cet apothicaire dans nos publications sur le personnel médical de la Bastille. Il est cité comme aide apothicaire dans l’Etat de la France pour 1682. »

      De l’étude de Maurice Bouvet, il résulte que :
      • Mathurin Bellanger était déjà aide apothicaire avant 1648, ce qui le donnerait né vers 1620 ou avant
      • il travaillait à Paris 6 mois de l’année avant 1648 puis seulement 3 mois de l’année après 1648 à savoir le 1er trimestre : janvier, février, mars
      • il peut céder de son vivant la charge à son fils Charles en 1672, et celui-ci est dénommé « Geraudière » dans l’étude de 1930 précitée, qui est le nom de sa terre.
      • la même charge était passée à Damaron avant 1682 ou en 1682, ce qui signifie que Charles Bellanger, fils de Mathurin, est décédé entre 1672 et 1682

    6. Sur la définition de survivance on trouve [1] : « Privilège que, sous l’Ancien Régime, le roi accordait, moyennant finance, au titulaire d’une charge non vénale et intransmissible, de pouvoir lui désigner d’avance comme successeur son ascendant ou une personne de son choix ». Cela conforte l’idée selon laquelle Mathurin Bellanger ne serait pas décédé lorsque son fils Charles est désigné successeur dans sa charge.

      Mathurin Bellanger est aide apothicaire du roi déjà en 1643 [2].

      Sur son année de naissance vous avez indiqué dans ce présent article que Mathurin Bellanger naît le 29 septembre 1613.

      [1] http://www.cnrtl.fr/definition/survivance

      [2] http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1930_num_18_67_9859

    7. Vous avez tous les éléments pendant plus de 30 pages dans mon fichier BELLANGER
      Mais je présente mes travaux et je les commente selon ce que donne chaque source.
      Afin de ne pas faire comme le fait Geneanet et autres bases, n’importe quel meli melo, dans lequel on ne peut plus savoir d’où on tire une donnée précise.
      Vois donc, et seulement cette source, ce que donne le registre paroissial de Montreuil sur maine :

      Pierre BELLANGER x Montreuil-sur-Maine 22.8.1607 (sans filiation) Julienne SAVARY
      1-Julienne BELLANGER °Montreuil-sur-Maine 27.8.1611 Filleule de Julien Guilleu & de Julienne Symon [qui a épousé ca 1593 Jean Bouvet]
      2-Mathurin BELLANGER °Montreuil-sur-Maine 29 septembre 1613 « Filleul de Mathurin Corbin et de Jehanne Bouvet femme de Marin Chesneau » [C’est lui qui est dit « Sr des Giraudières », décédé sans hoirs, et dont hérite sa sœur Perrine, qui elle-même décédera sans hoir].
      3-Jeanne BELLANGER °Montreuil-sur-Maine 12.5.1618 Filleule de Jehan Bouvet & de Jehanne Chesné
      4-Perrine BELLANGER °Montreuil-sur-Maine 2.8.1623 †Cérelles (Tourraine) Filleule de Nicolle Grandière femme de Pierre Bouvet Dt à la Benestiere à Montreuil-sur-Maine & de Jehan Belouin dt au Lyon-d’Angers x AUBERT SP Dont c’est la succession collatéralle

    8. Bonjour,

      concernant Antoine Damaron, il est lié à la famille de Beaulieu autres apothicaires du roi. En effet en 1687 à St Germain en Laye, Jean de Beaulieu est témoin au mariage d’Antoine. Par ailleurs… je me permets d’annoncer un des résultats de la consultation sommaire de l’IAD de Jean François de Beaulieu, fils de Jean et gendre de Philibert Boudin, autre apothiciare du roi.
      La femme de Jean de Beaulieu est Marie Damaron…

      A suivre.

    9. E.1599.(Carton.)-1 pièce,papier.
      1677.-BEAULIEU (de)
      -Requête de Jean de Beaulieu, »apothicaire vétéran du corps de Sa Majesté »,et de Marie Damarron,sa femme,afin d’obtenir l’interdiction de Pierre de Beaulieu,leur fils.
      (Série E.Titres de famille.AD du Maine et Loire.C.Port.

        Note d’Odile :

      Cette mesure visait à protéger les biens aussi bien d’un enfant handicapé mental que d’un enfant dépensier.
      Odile

    10. Il faut que je demande ce document à Angers. Avec un peu de chance il y a des témoins de la famille.

        Note d’Odile :

      !!!!
      Je pense que vous n’avez pas tout à fait remarqué ce que fait mon blog, à savoir la retranscription intégrale d’actes.
      Je suis une excellente paléographe.
      Et je me sens très atteinte dans ma dignité que vous puissiez même penser que j’ai manqué des lignes à ma retranscription.
      Sachez que j’ai l’habitude du travail parfait.
      Odile
      PS Par contre, si vous vous intéressez à cette famille, il ne vous ai pas venu à l’idée d’apporter ce que vous savez à nous qui nous nous intéressons à cette famille.
      L’échange serait il à sens unique ?

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